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La légende des sexes
Avez-vous jamais vu le serpent que l'on chasse ? De droite à gauche, errant, affolé, tête basse, en avant, en arrière, il va sans savoir où. il s'élance ; il recule, il cherche ; il veut un trou, un asile où cacher sa fureur écumante. Il cherche : il ne voit rien, et son angoisse augmente. Mais lorsqu'il aperçoit l'abri qu'il a rêvé, il entre et ne sort plus - Adam avait trouvé !
Un cri, puis des soupirs : l'homme a compris la femme. Les deux corps enlacés semblaient n'avoir qu'une âme. Ils se serraient, ils se tordaient, ils bondissaient. Les chairs en feu frottaient les chairs, s'électrisaient.
Les veines se gonflaient. Les langues acérées cherchaient une morsure entre les dents serrées, des nerfs tendus et fous, des muscles contractés, des élans furieux, des bonds de volupté... Plus fort ! Plus vite ! Enfin, c'est la suprême étreinte, le frison convulsif....
Eve alanguie, éteinte, se pâme en un soupir et fléchit sur ses reins ! Ses yeux cherchent le ciel ; son coeur bat sous ses seins. Son beau corps souple, frêle, et blanc comme la neige, s'arrondit, s'abandonne au bras qui la protège.
Adam, heureux et las, se couche à son côté. Puis tous deux, lourds, le sein doucement agité comme s'ils écoutaient de tendres harmonies, rêvent, dans la langueur des voluptés finies.
Mais Eve : "Dieu, vois-tu, ne fait rien sans raison, Dieu fait bien ce qu'il fait... Viens là ! Recommençons.... "
Edmond Haraucourt |
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Platon disait, à l'heure ou le couchant pâlit Dieu du ciel, montrez-moi Vénus sortant de l'onde ! moi je dis, le coeur plein d'une ardeur plus profonde Madame, montrez-moi Vénus entrant au lit !
Victor Hugo |
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