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Poésie du 14-05-2008                                      

Poésie cochonne

D'une pimbêche Fornicator

Agnès, vous faites la sucrée
A l'aspect d'un membre dressé :
On croirait, à votre air pincé,
Que votre entrecuisse est sacrée...

Mais je sais bien qu'on vous séduit
Dès qu'on vous offre le déduit ;
Au seul bruit de cette aventure

Vous n'avez plus un poil de sec,
Et si vous pincez le bec
C'est pour mieux ouvrir la nature.

 

Nous avons essayé des petits coins bizarres.
La table du salon, le placard à balais,
Assis ou bien debout, coincé dans un bazar,
A Paris, en Poitou, au fond du Bordelais.

Nous avons innové des périodes baroques.
Le matin ou le soir, à minuit, à midi,
Au dîner, au souper, au goûter, five o'clock,
Hebdomadairement, le lundi, le mardi.

Mais le meilleur endroit, croyez nos suggestions,
L'instant le plus fameux, le moment délicieux
Pour plonger dans un livre avec délectation,
C'est vautré dans son lit, heureux et silencieux.

Louis Perceau G.M.-L. petits poèmes pour rire

 

Poésie du 07-04-2008                                      

Poesie Cochonne

Un peu, beaucoup, si peu....

     

La différence entre les hommes et les cochons ? Les cochons ne se transforment pas en hommes quand ils ont bu  

                                            

A vous
    

Vous les minus, les culs serrés,
les rien du tout, les sans amour.
Vous les cœurs gris, les importuns,
les hors-la-joie, les boute-haine.
Vous les ringards, les jalouseux,
les trop-envieux, les saute-peine.
Vous les frileux, les goupilleurs,
les maraudeurs, les filandreux.
Vous les classieux, les yeux baissés,
les lâche-tout, les oublieux.
Vous les crétins, les solitaires,
les zignorants, les pinailleurs.
Vous les gueuliers, les hypocrites,
 les patachons, les racontars.
Vous les tordus, les pisse-en-biais,
les chie-au-lit, les zinsultants,
les baiseurs à froid et les autres,
je vous le dis……                    

 

 

   

ils auront beau tirer
je resterai debout

face à leur désarroi
devant tous leurs mensonges
je resterai debout

ils pourront s’escrimer
essayer de m’atteindre
envoyer leurs soldats
je resterai debout

ils tenteront de m’écraser
de m’interdire leur palais
de me réduire à la boucler
de m’expédier aux galères

MAIS

Merci pour tout je resterai debout !

Extraits de Mots Dits - G.M.L. (éditions Dominique Gueniot)

 

Poésie du 15-02-2008                                      

Poésie Cochonne

 

    

En bas dans son boudoir près du potager, l'Impératrice de Blandings venait de se réveiller, toute fraîche, d'une petite sieste. Elle regarda autour d'elle, heureuse de retrouver son vieil environnement familier.

... il semblait y avoir des substances comestibles dans l'écuelle près d'elle. Elle se leva et l'inspecta. En effet, c'était des choses tout à fait mangeables. Il était un peu tard mais on peut toujours se permettre un petit en-cas. Whiffle avait d'ailleurs déclaré, dans son imposant livre, que si un cochon veut atteindre une forme habituelle de mi-saison, il doit consommer quotidiennement au moins cinquante sept mille huit cents calories et, ce que Whiffle disait hier, l'Impératrice de Blandings le pensait aujourd'hui. Elle baissa sa noble tête et sy' attaqua.     

P.G. Wodehouse
les cochons ont des ailes       

                                                                                                                                              

Merci à Claude et Yves pour ce charmant ouvrage

 

Poésie du 15-01-2008                                      

Poesie Cochonne

à méditer
        

Il vaut mieux être Socrate insatisfait
qu'un porc satisfait ; il vaut mieux être
Socrate insatisfait  qu'un imbécile satisfait.
Et si l'imbécile ou le porc sont d'un avis
différent, c'est qu'ils ne connaissent
qu'un côté de la question : le leur.
L'autre partie, pour faire la comparaison,
connaît les deux côtés.

              
John Stuart Mill oeuvre de Seb the Vilin

 

Poésie du 20-11-2007                                      

Poesie cochonne

Le petit cochon
    si le petit cochon venait à me manger
resterait de ma vie un kaléidoscope
un machin tout rempli de mots à angoisser
quelques clichés jaunis aux bords indéfinis
des boîtes à malice en foutoir absolu
où vous auriez du mal à trouver vos petits
porcinets ou poussins là n'est pas la question
   

                   

                                                

si le petit cochon venait à me manger
resterait de ce temps à jamais disparu
des chapeaux rigolos écrasés de soleil
mes souliers à danser mon appareil photo
des piles de bouquins classés petit bonheur
un tiroir à secrets au ressort fatigué
que vous auriez du mal à ouvrir pour savoir
                              
Extrait de "Ma vie en roses" Voleuse d'images n°2 G.M.-L.

 

Poésie du 16-10-2007                                      

Poesie cochonne

Femme et chatte
      Elle jouait avec sa chatte,
    Et c'était merveille de voir
    La main blanche et la blanche patte
    S'ébattre dans l'ombre du soir.

    Elle cachait - la scélérate ! -
    Sous ses mitaines de fil noir
    Ses meurtriers ongles d'agate,
    Coupants et clairs comme un rasoir.

    L'autre aussi faisait la sucrée
    Et rentrait sa griffe acérée,
    Mais le diable n'y perdait rien...

    Et dans le boudoir où, sonore,
    Tintait son rire aérien
    Brillaient quatre points de phosphore.
   
Paul Verlaine

 

Poésie du 12-07-2007                                      

Poésie Cochonne

 

La patrie d'un cochon se trouve partout,                       où il y a du gland .

                                                     François Fénelon

 

La légende des sexes

                                                                                                               

Avez-vous jamais vu le serpent que l'on chasse ?
De droite à gauche, errant, affolé, tête basse,
en avant, en arrière, il va sans savoir où.
il s'élance ; il recule, il cherche ; il veut un trou,
un asile où cacher sa fureur écumante.
Il cherche : il ne voit rien, et son angoisse augmente.
Mais lorsqu'il aperçoit l'abri qu'il a rêvé,
il entre et ne sort plus - Adam avait trouvé !

Un cri, puis des soupirs : l'homme a compris la femme.
Les deux corps enlacés semblaient n'avoir qu'une âme.
Ils se serraient, ils se tordaient, ils bondissaient.
Les chairs en feu frottaient les chairs, s'électrisaient.

Les veines se gonflaient. Les langues acérées
cherchaient une morsure entre les dents serrées,
des nerfs tendus et fous, des muscles contractés,
des élans furieux, des bonds de volupté...
Plus fort ! Plus vite ! Enfin, c'est la suprême étreinte,
le frison convulsif....

Eve alanguie, éteinte, se pâme en un soupir
             et fléchit sur ses reins !
Ses yeux cherchent le ciel ; son coeur bat sous ses seins.
Son beau corps souple, frêle, et blanc comme la neige,
s'arrondit, s'abandonne au bras qui la protège.

Adam, heureux et las, se couche à son côté.
Puis tous deux, lourds, le sein doucement agité
comme s'ils écoutaient de tendres harmonies,
rêvent, dans la langueur des voluptés finies.

Mais Eve : "Dieu, vois-tu, ne fait rien sans raison,
Dieu fait bien ce qu'il fait... Viens là ! Recommençons.... "

Edmond Haraucourt

    

 

          Platon disait, à l'heure ou le couchant pâlit
Dieu du ciel, montrez-moi Vénus sortant de l'onde !
moi je dis, le coeur plein d'une ardeur plus profonde
Madame, montrez-moi Vénus entrant au lit !

Victor Hugo

 

Poésie du 12-06-2007                                      

Poésie Cochonne

Point trop n'en faut
  Comment Gil, tu écris ? Sais-tu compter aussi ?
Tu t'étais bien gardée, tout au long de ta vie,
De nous faire entrevoir que tu avais ce don.
Nous on se fiait bien sûr à tes sottes façons,
Mais voilà qu'à présent, il te vient de l'esprit.
Permets-nous ma chérie d'en être fort surpris.
Pourtant depuis le temps que nous te fréquentons
Nous aurions dû savoir, deviner,  et bien non !
Tu camouflais ton jeu sous ton air abruti,
Petite cachottière,  vilaine pervertie.
Tu pourras désormais parler dans les salons,
Te mêler à la foule et aux conversations.
On te regardera, étonné, ébahi,
Epaté, stupéfait par ton soudain génie.
Il ne te manque plus qu'un bon coup de piston
Pour que ton nom, enfin, soit inscrit au fronton.
Et si un jour venu, un idiot te publie,
Envoie-nous s'il te plaît, un exemplaire gratuit !

Extrait de Petits Poèmes pour Rire - GML

 

Poésie du 13-04-2007                                      

Poésie cochonne

Pas de mots pour ces charmants gorets....
       
ne sont-ils pas mignons ?

 

Poésie du 07-02-2007                                      

poesie un peu hard

Epigramme
    

Un Florentin auprès de sa maîtresse,
Un certain jour, par goût de changement,
Pour attaquer la forteresse,
S'apprêtait à poser le mineur par devant.
La donzelle surprise, arrête court mon homme ;
Quoi ! (dit-elle) par là ! mon cher, y pensez-vous ?
Ah ! (reprit-il) rassurez-vous ;
Plus d'un chemin conduit à Rome.

  Laus de Boissy - 1787                                               

  

poesie à mettre entre toutes les mains

Grosgnongnon le Cochon
 

Grosgnongnon le cochon
rouspète en toute saison
Pour un oui, pour un non

Au printemps quand il fait doux
il dit qu'il se sent tout mou.
En été quand il fait chaud
et qu'il se met en maillot
il se trouve un peu trop gros
Lorsque s'approche l'automne,
Grosgnongnon baille et frissonne.

Et quans arrive l'hiver
Grosgnongnon est en colère :
il n'aime pas son bonnet
qui lui tombe sur le nez !

C'est ainsi toute l'année,
ce qu'il aime, c'est rouspéter.

 

   
Claude Clément

 

 

Poésie du 07-01-2007                                      

poesie cochonne

       

Comptines gentillettes

    Barbier, barbier, rasez un porc :
Combien de poils pour une perruque ?
Vingt-quatre, Monsieur le Duc
Allez, allez, mouche-toi encore
  Tom, Tom vola un cochon,
Et au pas de course se sauva !
On mangea le cochon,
Puis on battit petit Tom...
Qui, en pleurs, quitta la maison
   

Carrément érotique

Lou ma rose
    Lou tu es ma rose
Ton derrière merveilleux n'est-ce pas la plus belle rose
Tes seins tes seins chéris ne sont-ce pas des roses
Et les roses ne sont-ce pas de jolis petits Lous
Que l'on fouette comme la brise
Fustige les fesses des roses dans le jardin
Abandonné
Lou ma rose ou plutôt mes roses
Tu m'as envoyé des feuilles de rose
Ô petite déesse
Tu crées les roses
Et tu fais les feuilles de roses
Roses
Petites femmes à poil qui se baladent
Gentillement 
   Elles se baladent en robe de satin
Sur des escarpolettes
Elles chantent le plus beau parfum le plus fort le plus doux
Lou ma rose ô ma perfection je t'aime
Et c'est avec joie que je risque de me  piquer
En faveur de ta beauté
Je t'aime je t'adore je mordille tes feuilles de rose
Rose reine des fleurs Lou reine des femmes
Je te porte au bout de mes doigts ô Lou ô rose
Au bout de mes doigts en te faisant menotte
Jusqu'à ce que tu t'évanouisses
Comme s'évanouit le parfum
Des roses
Je t'embrasse ô Lou et je t'adore
  
Guillaume Apollinaire

                         

Chez les porcs-épics, le viol est inconnu

Grégory Clark

   

 

 

                   

 

 

Poésie du 13-12-2006                                      

poesie cochonne

Boudin : signe de gaîté dans les maisons. Indispensable la nuit de Noël

Gustave Flaubert

Dieu vous conserve la santé
comme l'eau dans un panier percé
Que Dieu vous donne
diarrhée mortelle
jusqu'à l'autre Noël
Les trois Rois se sont arrêtés
devant la porte de mal-peignés
Si vous n'voulez rien nous donner
à votre porte nous allons pisser !
Comptines populaires chantées par les enfants, déguisés et jouant de la musique, en frappant aux portes pour demander, bonbons, gâteaux, douceurs, sous.

 

 

Poésie du 06-11-2006                                      

Poésie voyeuse ?

Voleuse d'images Ma Vie en roses
   

Ne cherchez pas, ne cherchez pas, vous ne me connaissez pas. Nul ne me connaît. Nul ne me démasque. Je suis sans visage et sans nom. Sans passé, sans futur. Pas d'identité, pas d'empreintes. Pas d'adresse non plus. Je suis là, ici, nulle part.

Ange déchu ?
Ariane perdue ?
Dieu diabolique ?
Sordide sorcière ?

Je me mêle de ce qui ne me regarde pas. J'aime vous observer. Je crois même que, parfois, je vous incite à l'irréparable afin de jouir de votre jouissance. Poussé dans vos retranchements, vous vous exécutez sans tarder. Avec délectation, même. Alors je vous savoure. Je me régale de vos fautes, de vos bas instincts. Je m'introduis dans votre intimité, sans vergogne....

       
Préface de l'ouvrage G.M.-L.

Poésie moqueuse ?

Cochon de temps
                                                                              Chienne de vie,
Cochon de temps
Temps suspendu
Pendu tout court
Court et bien haut
Hautement mal
... j'ai pas dit mâle
j'ai dit cochon.
                                                                                          
                                             

 

Poésie du 10-10-2006                                      

d'une pimbêche
                    

Agnès vous faites la sucrée
A l'aspect d'un membre dressé :
On croirait à votre air pincé,
Que votre entrecuisse est sacrée...

Mais je sais bien qu'on vous séduit
Dès qu'on vous offre le déduit
Au seul bruit de cette aventure

Vous n'avez plus un poil de sec,
Et si vous pincez le bec
C'est pour mieux ouvrir la nature

                                                            

                           
Louis Perceau (1920)

 

Poésie du 11-09-2006                                      

poèsies coquines

(où il est question plus de lapin que de cochon)

trois petits lapins fête galante
   

En revenant de Saint-Martin
j'ai rencontré trois p'tits lapins
un qui pue, un qui pète,
un qui joue de la clarinette.
J'en mets un dans mon chapeau
il me dit qu'il fait trop chaud.
J'en mets un dans mon mouchoir
il me dit qu'il fait trop noir.
J'en mets un dans ma culotte
Il me mange ma petite carotte

    

Rêveur, Scapin
Gratte un lapin
Sous sa capote.

Colombina
Que l'on pina !
Do, mi... tapote

L'oeil du lapin
Qui tôt, tapin,
Est en ribote..

                                                              

   
anonyme (1931) Arthur Rimbaud (1871)

                                                                                        

 

Poésie du 25-07-2006                                      

une bien jolie poésie

Les baisers
                                                  

Nos baisers par centaines, milliers,
par millions tant qu'ils furent,
jamais je n'ai su les compter :
mes fruits, mes poignards, mes oeillets !
Je peux dormir et rêver sur ta bouche,
chanter et mourir sur ta bouche,
encore et encore ;
ta bouche, rade profonde
où je passe la nuit après le long voyage,
où j'arrive sans jamais la fatigue d'arriver...
Nos baisers sont des luttes
lourdes, longues, déchirantes,
où participent le sang, la voix, la mémoire.
Oh, je suis jalouse de l'eau que tu bois,
des paroles que tu prononces,
de ton souffle bleu....
Je suis jalouse de cette injuste distance
entre nos bouches.
                                                                                                                       

 

                                        
Auguste Rodin - Le baiser Nina Cassian - poète roumain

la mort des cochons un peu plus érotique
  

 

Nous reniflerons dans les pissotières
Nous gougnotterons loin des lavabos
Et nous lécherons les eaux ménagères
Au risque d'avoir des procès-verbaux

Foulant à l'envi les pudeurs dernières
Nous pomperons les vieillards les moins beaux
Et fourrant nos nez au sein des derrières
Nous humerons la candeur des bobos

Un soir plein de foutre et de cosmétique
Nous irons dans un lupanar antique
Tirer quelques coups longs et soucieux

Et la maquerelle, entrouvrant les portes,
Viendra balayer - ange chassieux -
Les spermes éteints et les règles mortes 

     
Paul Verlaine (1871)

 

Poésie du 30-05-2006                                      

une jolie poésie,
pas cochonne pour deux sous

          

femme flottante
entre deux eaux
entre deux maux
où j'ai tout faux

femme flottante
entre deux mondes
entre deux rondes
qui vagabondent

femme flottante
entre deux jeux
entre deux feux
où j'ai trop peu

 

 

           

femme flottante
entre deux trêves
entre deux rêves
qui me soulèvent

femme flottante
entre deux lits
entre deux vies
où je m'ennuie

femme flottante
entre deux haines
entre deux scènes
qui me font peine

 

 

           
G.M.-L.

une autre, carrément érotique

             

 

Epithalame

Tes mains introduiront mon beau membre asinin
Dans le sacré bordel ouvert entre tes cuisses
Et je veux l'avouer, en dépit d'Avinain,
Que me fait ton amour pourvu que tu jouisses ?

Ma bouche à tes seins blancs comme des petits suisses
Fera l'honneur abject des suçons sans venin
De ma mentule mâle en ton con féminin
Le sperme tombera comme l'or des sluices.

Ô ma tendre putain ! tes fesses ont vaincu
De tous les fruits pulpeux le savoureux mystère,
L'humble rotondité sans sexe de la terre,

La lune chaque nuit, si vaine de son cul,
Et de tes yeux jaillit, même quand tu les voiles,
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.

Guillaume Apollinaire

                                                                                                                                                 

  

 

 

Poésie du 10-04-2006                                      

pas du tout cochonne
(seulement nostalgique)

Chronos
    

Car le temps patiemment griffera ton visage
Tu auras beau hurler tu auras beau pleurer
Tu auras beau guetter tu auras beau tricher
Il sera sans pitié tu paraîtras ton âge

Le regard du miroir jamais ne dissimule
Ne crois pas tes amies ne crois pas leurs douceurs
Qui gomment tes sillons pour oublier les leurs
Le reflet renvoyé sonne ton crépuscule

Les crèmes les onguents ne font rien à l'affaire
Chronos avec dédain piétine tes appas
Tu avances c'est sûr vers un noble trépas
Les heures en s'envolant te rendent suicidaire

                                                     

         
Le vent dans mon crâne

 

Poésie du 05-03-2006                                      

Juste un peu érotique

   

Neuf maîtres se sont mis à façonner la motte :
le premier a été le maître charpentier,
qui de sa hache lui appliquant un coup,
a fait une profonde entaille.
Le loup est venu, qui lui laisse la faim,
et c'est pour cela qu'elle est goulue de viande ;
l'ours lui a mis dessus tout son poil,
et c'est pour cela qu'on l'appelle la marmotte.
Le crabe lui a donné ses pinces, le chien ses dents,
la morue et le hareng son odeur,
la sardine du sel, par tous les vents.
La limace y a construit plus d'une cellule
et a laissé là tous ses fourniments,
c'est ce qui la rend toujours gluante.

 

Parce que j'ai toujours peur que cette fois
soit la dernière, je ne suis jamais content,
je voudrais que toute femme fût à moi.

Perchè ho sempere paura che la sia,
l'ultime volta, no son mai contento,
vorrave ch'ogni donna fusse mia. 

      

 

Ces poèmes sont extraits d'un ouvrage superbe intitulé "Sonnets érotiques" de Giorgio Baffo, illustré par Hugo Pratt, paru aux éditions Vertige Graphic en 1998. Je vous le recommande. Giorgio Baffo est né à Venise le 11 août 1694, dernier descendant d'une famille qui, au cours des siècle, a activement participé à la vie politique  de la république, il a toujours refusé que ses écrits soient publiés de son vivant. Le premier recueil de ses poésies a vu le jour à Londres en 1771.

                         

Anecdote des pâtés faits de la chair humaine. Toutes les charcutières sont jolies;

                                          Gustave Flaubert

   

 

 

                   

 

Poésie du 22-01-2006                                      

poésie cochonne (gentille)

boutade poétique due au talent du cuisinier lyrique Rouyer

      

Entre Pâques et Pentecôte,
que de jambons l'on mangera !
Aussi chacun, en aimable hôte,
sur ces mets, son mot contera.

Citons la réponse naïve
faite par un gourmand abbé,
à qui disait un gai convive :
- "si dans la religion juive
vous viviez ; pour vous prohibé
ce jambon gras à chair exquise !
-"Oui, pour en manger bel et bien,
si j'étais enfant de Moïse,
je me ferais vite chrétien !"

Bonne risposte à l'Esculape
grondant le bel esprit Beautru,
qui fait de ses draps une nappe
sur laquelle est un jambon cru :
-"quelle qu'en soit la provenance,
cuit ou non cuit, mon ordonnance
vous défend, malade piteux,
ce jambon, mauvais pour la goutte !
-"pour elle, oui, docteur, oui, sans doute ;
mais qu'il est bon pour le goûteux !"

 

 

 

 

                                                         

    
la truie possède douze mamelles

 

Poésie du 03-12-2005                                      

poésie cochonne
                                                                           
Ô si peu

Mon imperméable, imperturbablement, perturbe !

Il fait jaser.

Cette espèce de ciré ne laisse personne indifférent.

Vous surtout.

Je l’ai remarqué.

Matière synthétique, anthracite,

translucide, fantasmagorique,

avec un grand col comme je les affectionne,

avec des godets qui dansent à chaque pas,

qui fredonnent, froufroutent et vous mettent en              émoi.

 

Depuis qu’il s’est introduit dans ma garde-robe,

j’entends le pire comme le meilleur.

Et les copains ?

Ah ! les copains.

Ils bavent,

ils rêvent,

ils m’imaginent,

un jour de pluie venteuse,

nue sous la transparence.

 

Ils projettent sur mon imper

dans mon imper ?

Sous mon imper ?

des fantasmes de toutes sortes.

Et quand je le porte, je vois bien

votre œil s’allumer,

votre fantaisie, débridée soudain,

galoper,

s’emballer.

Vous aussi, vous partez en cavale,

Vous vous vautrez dans mon imper.

Pervers !

 

Even Gil

   

 

Que cherches-tu sous la mousse,
petit Chaperon rouge ?
Ta galette est égarée,
ton petit pot de beurre
s'est dépetitpotdebeurrerisé ?
Et la mère-grand attend....

Qu'elle attende, mère-grand,
qu'elle attende !
Elle attendra longtemps
le grand loup noir si méchant.
Car il est là, sous la mousse.
Chaperon rouge l'a trouvé.
Elle le tient
dans son petit poing serré.
Je crois bien
qu'elle va se le garder.

 

 

Extrait de "je t'aime"  (éditions Hors Collection)
Barbe-Cavanna

 

 

 

 

 

                                                                    

 

 

Poésie du 26-10-2005                                      

 
Poésie Cochonne
                           

Je te mange sans faim,

sans frein,

sans feinte,

sans fin,

humant à la dérobée les senteurs de ton corps déployé sous mes yeux

pour un festoiement festif.

Tu fleures délicieux,

délictueux,

délicat,

et je me délecte, mise en appétit par ce fumet savoureux.

Alors d’un regard gourmand,

gourmet,

goulu,

je te dévore de la prunelle,

te goûte des paupières.

Puis je croque à l’envi le lobe de ton oreille

qui m’invite à virevolter vivement sur ton visage.

Je savoure,

savamment,

sans rien laisser paraître,

ta lèvre inférieure qui se laisse distraire un peu désabusée,

avant que me de m’offrir ta langue langoureuse

qui lentement s’enroule à mes langueurs languides.                                              

      

 

  

 

 

                      

Mais moi, j’ai faim de toi,

et je veux t’engloutir,

boire à ta source vive tous les sucs de l’amour,  

me saouler, m’enivrer, m’aviner, de ta liqueur divine.

Et puis rouler parterre,

grappiller,

picorer,

grignoter,

les doigts de tes deux mains,

et de tes pieds aussi,

tes épaules, tes flancs,

et le bout de tes seins,

ton cou, ton cul, ton sexe,

et derrière tes genoux.

Je veux tout consommer, tout flairer, tout sentir,

sempiternellement,

tous les sens en émoi. 

Ô oui, j’ai faim de toi,

sans frein, 
sans feinte
sans fin
                                                                      

    
Even Gil

 

 

Poésie du 02-11-2004                                      

 

les bourgeois, c'est comme les cochons
plus ça devient vieux, plus ça devient con

                                          Jacques Brel

 

Poésie Cochonne (gentille)

le Cochon

Le cochon habite une petite cabane et ne fait rien de la journée. On le nourrit à ne rien faire et cependant, il grogne sans arrêt. Il est sale et renfrogné et pourtant on le tolère à cause du lard. Il devient tellement gros que c'est une honte.
Les gens des villes, au lieu de dire "cochon" comme tout le monde, préfèrent l'appeler "porc". D'ailleurs un saucisson pur cochon, ça n'existe pas.
Il existe deux autres sortes de cochon qui n'ont rien à voir avec le vrai. C'est tout d'abord le cochon d'Inde et quelquefois, mais plus rarement, le cochon qui s'en dédit. Le cochon qui sommeille est le contraire de la Belle au bois dormant, d'abord parce que c'est un homme et qu'il se réveille à la moindre occasion.

Bernard Dimey - Nogent (Haute-Marne)

 

Tirelire

Mon petit cochon bleu
A le ventre bien creux
Car on y met jamais
Le moindre sou percé.
J’attends des jours entiers
Qu’un inconnu y glisse
Une piécette lisse,
Un billet de cent francs,
Un rendez-vous galant,
Une place au ciné,
Un signe d’amitié.

G.M.-L. 

 

Poésie Cochonne (un peu plus hard)

Sonnet du trou du cul

Obscur et froncé comme un oeillet violet
il respire, humblement, tapi parmi la mousse,
humide encor d'amour qui suit la pente douce
des fesses blanches jusqu'au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
ont pleuré, sous l'autant cruel qui les repousse,
à travers de petits cailloux de marne rousse,
pour s'en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s'accouple souvent à la ventouse
mon âme, du coït matériel jalouse,
en fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée et la flûte câline
c'est le tube où descend la céleste praline
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos.

Arthur Rimbaud et Paul Verlaine

 

 

 

 

 

 

 

Poésie du 27-10-2004                                      

 

Poésie cochonne

 

 

    

Tirelire

Mon petit cochon bleu
A le ventre bien creux
Car on y met jamais
Le moindre sou percé.
J’attends des jours entiers
Qu’un inconnu y glisse
Une piécette lisse,
Un billet de cent francs,
Un rendez-vous galant,
Une place au ciné,
Un signe d’amitié.

G.M.-L. 

Nina

Elle furetait sans cesse, retournait les semis.
Le jardinier furieux n’était pas son ami,
et souvent elle couinait, sous son coup de bâton.
Mais c’était plus fort qu’elle, la terre sentait si bon !
Elle était son ami et, en suivant ses pas,
dans sa poche elle cherchait un bout de chocolat.
De ses petits yeux bleus, elle regardait partout ;
Avec le chien, joyeux, ils couraient comme des fous.
Des oreilles à la queue elle était toute rose,
elle aurait bien aimé être une jolie chose
qu’on garde avec amour, sans crainte d’abandon..
mais Truie elle était née et finirait jambon !!!

Michelle Joly – Breuvannes-en-Bassigny (52)

        

Le Cochon

Le vieux cochon dit aux porcelets,
les forêts abritent truffes et faines,
alors suivez-moi, vous tous les porcelets,
courons-y à perdre haleine !
Le charbonnier, assis dans l'ombre,
le menton posé sur la poitrine,
vit arriver le gros cochon et les porcelets
tout essoufflés                                                                   
il surveilla, dessous un grand rameau vert,
le cochons qui en grognant
reniflaient et fouillaient
dans le sol bruyamment
et lorsque, rassasiés, ils partirent, la nuit
continuant son chemin étoilé,
il fixa, le visage dans les mains,
sa médiocre flambée.

Walter de la Mare

 

Si je parle toujours de sexe, c'est que je trouve impudique de parler d'amour.

                                                        Woody Allen