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Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux 

                                                   Erik Satie

 

Comment oublier Avignon ? Cet article je vous l'ai déjà servi, il y a.... quelques temps. Mais dès que juillet revient, immanquablement, les souvenirs affluent.  Avignon, son tourbillon de festivaliers. Avignon, la douceur de ses soirées. Avignon, soleil. Avignon, plaisir. Alors, tant pis si vous trouvez que ceci est du réchauffé, je ne peux résister au plaisir de vous entraîner, encore une fois dans le grouillement de mes souvenirs. 

 

 

IL Y A LE IN, IL Y A LE OFF, ET IL Y A LA RUE

Le cœur d’Avignon pour un peu plus de trois semaines bat au rythme d’un Festival qui a largement dépassé les frontières de l’hexagone, et draine au fil des années un public cosmopolite et polyglotte. 

 Il n’est plus besoin de présenter un Festival qui, depuis 1947, sous l’impulsion de Jean Vilar, a acquis une dimension internationale. Si à l’origine les sept représentations programmées ont rassemblé 4.818 spectateurs, aujourd’hui ce sont près de 150.000 spectateurs décomptés dans tous les lieux imaginables, petites salles improvisées, cour d’honneur, jardins, cloîtres, bistrots, théâtre de poche, plateau spacieux, espace limité, chapiteaux,  tout est propice à s’installer pour ce temps dédié au spectacle vivant. S’y ajoutent plusieurs milliers de badauds qui se pressent, se bousculent, flânent, s’activent. Places et rues, ruelles et cours, accueillent  elles aussi, la fête, la couleur, la musique, et le promeneur, passant bon public, se laisse emporter dans un tourbillon de festivités.

 Si pour cette saison 2004, le In propose une quarantaine de spectacles  auxquels s’ajoutent lectures, rencontres, réunions, expositions, concerts qui se déclinent en français, en allemand, en espagnol, en flamand, en italien, en persan, véritable tour de Babel avec comme dénominateur commun l’univers artistique au langage universel ; symbole d’ouverture tout aussi prestigieux, le Off  fait la part belle à cinq cent trente neuf compagnies et six cent soixante-sept divertissements, dont une soixantaine venant des quatre coins du monde : de l’Algérie au Japon, en passant par la Belgique et la Russie. Mais populaire avant tout, la rue s’offre en spectacle.

 Le monde entier est un théâtre

On pourrait paraphraser Shakespeare, et constater seulement qu’Avignon en juillet est un immense praticable, posé sous la lumière de projecteurs gigantesques, sur lequel tour à tour viennent se produire les artistes de toute la planète. Dès le matin, la parade s’ébranle, et tel un serpentin coloré et bruyant, elle prend possession de l’espace. Les terrasses de café s’emplissent, les murets, les escaliers, sont pris d’assaut. Chacun se dispose au mieux pour bénéficier d’une animation gratuite. Animation publicitaire, sorte de jingle géant, où des milliers de prospectus sont distribués dans la gaîté et toujours avec le sourire des tracteurs.

 Chacun essaie d’accrocher l’auditoire, de l’entraîner, de le séduire. Et il se laisse séduire, l’auditoire, il se laisse entraîner tout au long de la journée, jusqu’au bout de la nuit. Il accompagne, il escorte, il applaudit, il chante, il s’esclaffe, il répond, il s’enthousiasme. Ici, c’est un jongleur qui le prend à partie et le fait virevolter à son coup de sifflet ; là deux acrobates ou deux fildeféristes s’envolent au dessus de la foule ; là encore, on joue la comédie forçant le trait, couvrant le bruit du mistral qui s’engouffre sur la place. Et, se succèdent, infatigables, imperturbables, des musiques indiennes, irlandaises, surréalistes, gouailleuses, jazzy, des chants et des clameurs pour le plaisir des grands et des petits.

  

 

Pour faire un bon festivalier

Il faut avoir bon pied, bon œil, un certain sens de l’orientation et une organisation à toute épreuve. Car pour s’y retrouver, dans ce dédale de rues, charmantes au demeurant, dans cette succession de places ombragées ou ensoleillées, pour rejoindre tous ces théâtres éphémères dissimulés au quatre coins de la ville, à l’abri des remparts ou hors les murs, pour faire son choix dans cette étalage d’affiches qui battent dans le vent, accrochées au moindre poteau, à la plus petite enseigne, aux balcons, aux murs, aux grilles, il lui faut tout de même de la discipline et de la patience. 

Le festivalier aura donc à cœur de privilégier la bonne chaussure à la jolie chaussure, le vêtement léger à la tenue seyante. Il ne manquera pas également d’avoir à portée de la main, lunettes, crème solaire, eau, chapeau, les programmes généraux, les revues de presse, les numéros de téléphone utiles, de grands sacs dans lesquels entasser les tracts par centaines et la carte « Public-adhérent » qu’il n’aura pas oublié d’acheter au bureau d’accueil, dès le premier jour. Carte qui lui donne droit à une réduction de 30 % sur les spectacles.  Fort de tout cela, il n’aura plus qu’à se laisser entraîner vers cette animation exceptionnelle.

     

 

 

 

 

 

 

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