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Jean Mistler

          

 

Les coups de foudre de Bernard Clouet

 

Si Bernard Clouet se définit un peu comme un « touche à tout », littérature, théâtre, écriture….  il a cependant deux grandes passions qui ont marqué sa vie : l’astronomie et la peinture. Deux passions dévorantes qui encore aujourd’hui ponctuent son quotidien.

Pour ce Parisien, tombé par hasard en Haute-Marne en 1986 avec son épouse Marguerite elle-même sculptrice, c’est d’abord la découverte à 18 ans, de Flammarion – un Haut-Marnais célèbre– alors qu’il visite l’observatoire d’une société savante. Coup de foudre immédiat qui le conduit bien vite à aliéner tous ses loisirs pour se consacrer à l’infinie. Observation du ciel durant la nuit, travail à la SNCF le jour. Très vite il devient guide pour la Société Astronomique de France, puis secrétaire de celle-ci et enfin, secrétaire général.  A l’époque, il peint déjà, plutôt classique avec cependant de l’audace dans les couleurs.

Quand l'infiniment petit rejoint  l'infiniment grand

Son inclination pour l’astronomie prend peu à peu une place importante dans sa vie. Il abandonne la peinture pour se vouer à cette attraction, encouragé en cela par sa marraine Madame Camille Flammarion. Ce sont alors des nuits entières à pointer au cercle les instruments, à contempler les étoiles doubles, à s’émerveiller de leurs coloris. Arcturus est orange, le Soleil est jaune, les étoiles vieillissantes deviennent rouges et toutes les couleurs du spectre enluminent le ciel. Certains soirs d’été, on peut même les voir à l’œil nu.

Et une nuit, au cours de laquelle « il se trompe de chemin », il tombe sur une étoile inconnue. Vérification, re-vérification, cette étoile ne figure dans aucun catalogue, même l’observatoire de Copenhague ne l’a pas répertoriée. Désormais, cet astre anonyme porte le nom de Bernard Clouet. Dans le même temps, c’est aussi pour l’observateur enflammé, des écrits, des conférences, comme également la création de la Société Astronomique des cheminots où il anime des camps d’astronomie pour adolescents difficiles. Bernard Clouet est d’ailleurs officier des palmes académiques pour services rendus à l’Education nationale.

Retour aux sources

Puis en 1986, prenant sa retraite, il acquiert une maison à Osne-le-Val où il ne pratique plus l’observation. Il vend son matériel et….  retourne aux sources ; il décide de s’inscrire aux Beaux Arts à Reims, section peinture. Il y fait la connaissance de Michaël Souvignet, un professeur quelque peu atypique qui l’incite à sortir des sentiers battus. Peinture à l’acrylique, lyrique, gestuelle, car il se considère comme un « peintre du mouvement »,  couleurs qui éclatent ou qui se concentrent. Les planètes deviennent alors source d’inspiration plutôt que description, peinture non figurative, non cubique, car dans la nature rien n’est statique, rien n’est géométrique, tout se transforme, « plutôt susciter des impressions et laisser aux spectateurs sa part de rêve, son interprétation »

De nombreuses expositions émaillent ce parcourt, aussi bien à Paris qu’à Saint-Dizier ; à Rambouillet qu’à Châlons-en-Champagne ; au Château du grand Jardin de Joinville qu’à Lugano ; à Francfort qu’à Montigny-le-Roi. Et puis aussi, des conférences sur la peinture ou sur l’astronomie, mais également de l’écriture, de la poésie déclamée à la belle saison dans les jardins de Thonnance-lès-Moulins (par exemple). Car ce peintre du mouvement est également un homme qui a la bougeotte  et tant que la planète « circonvoluera », gageons que Bernard Clouet ne posera pas ses pinceaux.

                                         
article paru dans Ligne Directe - numéro mai/juin 2009

A noter que 2009 est l'année mondiale de l'Astronomie, puisqu'on fête le 400è anniversaire de la première utilisation de la lunette de Galilée ; ainsi que le 40ème anniversaire du premier pas de l'homme sur la lune. Il y a partout en France de nombreuses manifestations, observations, conférences, expositions. A retrouver sur www.astronomy2009.fr

 

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