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Actualité du 03-05-2010                                      

Actualité
                   

L'actualité n'est souvent qu'un cauchemar manquant d'imagination.

Gérard Klein

  

L’actualité du jour – ou du moins de ce début de mois de Mai – m’a conduit comme je vous l’ai dit vers l’Est. J’avais envie depuis très longtemps de visiter la ville de Dresde ; voir comment cette cité détruite presque à 100 % lors du bombardement anglais des 14 et 15 février 1945, avait su renaître de ses cendres. Comment depuis la réunification, la capitale de la Saxe était devenue, avec ses 500 000 habitants, l’une des métropoles la plus dynamique d’Allemagne, tant sur le plan culturel, que sur le plan économique et touristique.

La Florence de l’Elbe

 

D’abord village de pêcheurs, c’est ainsi que s’est appelée l’ancienne résidence des princes électeurs et rois de Saxe, lorsque au XVIII siècle furent bâtis les principaux édifices baroques. Sculptures, objets d’art, porcelaines, bijoux, pierres précieuses, collections uniques en Europe sont rassemblés par les souverains qui se succèdent alors. S’y retrouvent également de nombreux musiciens, architectes, peintres, venus d’Italie ou d’Autriche. Ces trésors artistiques seront mis à l’abri durant la seconde guerre mondiale.

         
   

 

Le Zwinger, l’un des ensembles baroques témoin de cette époque glorieuse entièrement reconstruit entre 1945 et 1963, abrite cinq musées, sous le regard amusé des angelots, nymphes de pierre qui dansent au long de la terrasse ; comme également l’Opéra Semper, reconstruit à l’identique, l’extérieur entre 1952 et 1956, l’intérieur entre 1977 et 1985. Que dire également de cette église Notre-Dame (la Frauenkirche), ancien édifice religieux protestant, complètement détruite lors du bombardement, rebâtie à partir de 1994, avec les pierres d’origine récupérées dans les ruines, répertoriées, numérotées, numérisées et remises en place d’après les photographies d’époque. Matériaux anciens, matériaux neufs mêlés donnant à l’ensemble une couleur extraordinaire. Travail de fourmis, chef d’œuvre emblématique.

         
         

Et puis encore, et puis encore….

         
         
         

Terrasse de Brühl, panoramique, avec vue sur l’Elbe au soir descendant ; rues piétonnes animées ; curieux mélange d’anciens et de très moderne ; et de l’autre côté du fleuve promenade bucolique sous les fruitiers en fleurs, escaliers en estrade où la jeunesse rassemblée piquenique ; esplanade ombragée où il fait bon s’arrêter pour un déjeuner typique. Et partout, partout, des constructions, des aménagements, comme s’il fallait rattraper le temps perdu.

Mais le temps perdu se rattrape-t-il ? Peut-être oui, peut être..... Mais, je n'ai pas pu ramener (pour cause de 1er mai) ces marrantes salière et poivrière têtes de cochon en porcelaine.

     
                                  
   ... à suivre  

… Et ça continue encore, et encore, c’est que le début…

         
       .... de mon périple au pays des Soviets. Passer l’Oder, ne pas manquer la Venise de Pologne, Wrolclaw (Breslau, allemande jusqu’à la fin de la dernière guerre) ville médiévale et ses cent douze ponts, sa douzaine d’îles, sa joie de vivre.  
         

Effervescence sur le Rynek, avec un méga concert de rock. Place au Sel encombrée de guitaristes gothiques, chevelus, exotiques ; style baroque autour, baroque  dessus, baroque partout ; marché aux fleurs jusqu’à point d’heure ; et de la bière coulant jusqu’à l’aube, sans que la pluie dérange qui que ce soit.

Et puis encore, ne pas oublier la rue des Anciennes Boucheries et ses cochons de bronze, ses boutiques d’artistes (fermées, dommage) ; chercher les quinze gnomes qui se nichent aux quatre coins de la ville ; se laisser emporter par un bateau à aube et découvrir, lovés, disséminés, les charmes bucoliques d’un 1er mai champêtre ; ou bien se laisser charmer par une sérénade manouche.

     
                          
     

Et puis encore sur la route du retour (encombrée cependant), traverser l’Allemagne ; faire halte Porte de Brandebourg, pour un instant seulement et juste pour le fun.

 

Actualité du 29-03-2010                                      

Actualité

                   

 

L'actualité, c'est ce qui, ce matin, semble être quelque chose et, ce soir, ne sera plus rien.

Jean Mistler

  

Les frères Goncourt, écrivains bicéphales

         
            

 

  Edmond, né à Nancy le 22 mai 1822, mort à Champrosey le 17 juillet 1896, et Jules, né à Paris le 17 décembre 1830, mort à Auteuil le 20 juin 1870, « jumeaux en tout et par tous les bouts »,  eurent cette particularité d’écrire non pas à quatre mains, mais dans une sorte de mélange-fusion, l’un dictant, l’autre tenant la plume ; l’un prenant des notes, l’autre les exploitant.

Jean-Antoine Huot, né en 1753, ancien bailli du comté de Clefmont, avocat au Parlement, député de la Constituante, magistrat à Bourbonne, puis à Neufchâteau  et grand-père paternel d’Edmond et Jules, se porte acquéreur en 1786 d’une terre située sur le territoire de Goncourt, entre Bourmont et Neufchâteau, sur le bailliage de Lamarche.  Cette propriété permet à  Jean-Antoine Huot d’obtenir le titre de seigneur de Goncourt, offrant ainsi à ses descendants de perpétuer le nom d’un village de Haute-Marne frontalier des Vosges, dans lequel les deux écrivains ne mirent jamais les pieds.

 

 

       

Si les romans, pièces de théâtre, essais des deux frères ont connu, à leur sortie, des bonheurs divers, avec pour certains des milliers d’exemplaires vendus, ils sont aujourd’hui passés de  mode. Par contre le journal commencé le 2 décembre 1851, jour du coup d’état de Napoléon III, reste une mine de renseignements sur la vie littéraire et artistique de ce siècle, « le journal est notre confession de chaque soir : la confession de deux vies inséparées dans le plaisir, le labeur, la peine… » écrit Edmond dans la préface de l’édition de 1887. Les premières publications se feront en extraits avec seulement « les vérités agréables », le journal dans son entier ne sera publié qu’en 1956. Descriptions imagées, caricatures, écriture réaliste de deux bourgeois de Paris à la dent dure et au regard acéré sur une société en décomposition.

« Eh mon Dieu ! Tout homme de lettres est à vendre. C’est simplement une question de prix et de la manière de lui offrir la pièce. S’il ne veut pas d’argent, on l’achète avec du bruit, un morceau de gloire et de ruban. Il ne faut pas non plus lui demander des choses trop énormes comme de scier la tête d’un homme avec un barreau de chaise : quelques uns refuseraient » Edmond et Jules de Goncourt, « Journal », 8 avril 1860

« la composition, la fabulation, l’écriture d’un roman, belle affaire ! Le plus dur, le plus pénible, c’est le métier d’agent de police de mouchard qu’il faut faire(…) pour ramasser la vérité vraie »  Edmond et Jules de Goncourt, « Journal », 3 décembre 1871

Quelques brefs passages dudit journal font référence à la Haute-Marne, où les deux frères séjournent quelquefois à Breuvannes. Mais dans l’ensemble la description de ce territoire de « bouseux » n’est guère flatteuse.

         
     

« Puis Breuvannes, la maison d’été de notre grand-père et de notre père, aujourd’hui fabrique de limes et de tire-bouchons. La lime et la machine crient et grincent où chantaient nos cris d’enfants. Le mirabellier, tout plein de guêpes et qui fournissait à tant de tartes, a fait place à un atelier. Les lucarnes des greniers, d’où mon père canonnait à coups de pommes les polissons du village, n’ont plus de jeu et dans la chambre à four où le maître à danser du village m’apprenait des entrechats je ne sais plus ce qui se fait. » Edmond et Jules de Goncourt, « Journal », 22 juillet 1857

« Il faut attendre la voiture jusqu’à trois heures. Nous attendons sur un petit banc de bois, d’où l’on voit la place, la grande place de Chaumont et l’hôtel de ville, du front duquel l’heure tombe avec un bruit de glas. Ce sont des grosses servantes, qui traversent la place, crevantes de sang et de santé, apoplectiques, les joues presque bleues de sang, avec une gorge qui semble donner en avant deux coups de poing au casaquin. Puis il passe lentement un, deux, trois, quatre, cinq individus. On compterait les passants sur ses doigts. Puis un chien qui fait, comme un homme, le tour de la place ; puis un autre…Puis voilà une femme en chapeau. Il y a là, au milieu de la place, une petite voiture-boutique de mercerie, où personne n’achète. A deux heures, la marchande ferme et s’en va bien contente…Il y a quelque chose de plus mort que la mort, c’est le mouvement d’une place d’une ville de province. » Edmond et Jules de Goncourt, « Journal », 13 avril 1860

Et Sommerécourt, grâce auquel le grand-père obtient que le canton de Bourmont soit rattaché à la Haute-Marne lors du découpage de la France en départements

« d’abord Sommerécourt, le château de notre grand-père, avec son rideau de peupliers et son ruisseau à écrevisses. Rabaut-Saint-Etienne voulut bien, sur le plan manuscrit que nous avons vu, signer et approuver le désir de notre grand-père de retirer Sommerécourt des Vosges et d’en faire comme une gourde au bout de la Haute-Marne où il avait ses propriétés. » Edmond et Jules de Goncourt, « Journal », 22 juillet 1857

 

 
   Etang de Morimond      

L’abbaye de Morimond apparaît également dans leur roman « Renée Mauperin »

« sa mère morte, à l’étroit dans cette petite ville où rien ne le retenait plus, M. Mauperin, auquel le séjour de Paris était interdit, vendait la maison de Bourmont, les petits terrages qu’il avait dans le pays, à l’exception d’une ferme à Villacourt, et allait vivre avec sa jeune femme dans une grand propriété qu’il avait achetée au fond du Bassigny, Morimond. Il eut là les restes de la grande abbaye, un morceau de terre digne du nom que lui avait donné les moines : Mort-au-monde, un coin de nature agreste et magnifique finissant à un étang de cent arpents et à une forêt de chênes qui n’avait plus d’âge, des prés serrés dans des canaux de pierres de taille où l’eau vive coulait sous des berceaux d’arbres, une végétation de désert abandonnée à elle-même depuis la Révolution, des sources dans des ombres, des fleurs sauvages, des sentiers de bêtes, des ruines de jardin sur des ruines de bâtiments. Ça et là des pierres survivaient. Il restait la porte, des bancs où l’on donnait la soupe aux mendiants ; ici, l’abside d’une chapelle sans toit, là, les sept étages de murs à la Montreuil. Le pavillon de l’entrée, bâti au commencement du siècle dernier, était seul encore debout, encore debout entier, presque intact : ce fut là que M. Mauperin s’établit. » Edmond et Jules de Goncourt, « Renée Mauperin », 1864

La vente en 1868 de la ferme des Basses-Gouttes, héritée de leur grand-mère paternelle, leur permet d’acheter la maison d’Auteuil où Jules, atteint de la syphilis, vit ses derniers instants laissant un Edmond veuf et inconsolable qui pense un temps abandonner l’écriture. Mais c’est dans cette maison qu’il organise les fameux salons littéraires où se côtoient les beaux esprits de l’époque. 

C’est cependant avec âpreté qu’ils défendent leur particule lorsqu’ils apprennent qu’un homme de la région de Vitry-le-François vient d’obtenir le droit d’utiliser le nom de Goncourt après son patronyme, et dans cette lettre du 22 avril 1860 ils font état de leurs titres

« Monseigneur,  Nous apprenons seulement aujourd’hui que par un décret impérial rendu le 7 janvier 1860 et promulgué le 1° février 1860, M. Jacobé Ambroise, propriétaire et maire, né le 17 brumaire an VII, à Vitry-le-François (Marne), demeurant à Matignicourt, arrondissement de Vitry-le-François, et M. Jacobé Louis, propriétaire, né le 18 juillet 1830 à Goncourt, demeurant à Matignicourt, sont autorisés à ajouter à leur nom patronymique celui de de Goncourt et à s’appeler à l’avenir Jacobé de Goncourt. Nous nous empressons de réclamer auprès de votre Excellence contre l’attribution, à des personnes inconnues de nous et étrangères à notre famille, d’un nom qui est le nôtre, d’un nom que notre grand-père a acquis, d’un nom que notre père nous a transmis, d’un nom sous lequel nous nous sommes fait connaître. Il nous suffira de peu de mots, Monseigneur, pour établir nos droits à porter, à garder et à défendre le nom de Goncourt.

« Notre grand-père ayant acquis la terre et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, après avoir reconnu et avoué avoir tenu en fief, foi et hommage de Louis XVI, roi de France et de  Navarre, duc de Lorraine et de Bar, ladite terre et seigneurie de Goncourt, fut seigneur de Goncourt et s’appela Huot de Goncourt. Son nom figure comme MONITEUR comme député de Bassigny-en-Barrois à l’Assemblée Nationale de 1789.

« Le fils de Jean-Antoine Huot de Goncourt, Marc-Pierre Huot de Goncourt, ne faillit pas à l’héritage d’un nom honoré par trente ans de fonctions législatives, judiciaires et administratives. Entré au service à l’âge de seize ans, en 1803, il était à l’âge de vingt-six ans chef d’escadrons et officier de la Légion d’Honneur. Ce fut notre père.

« Ce nom de Goncourt, que nous revendiquons auprès de vous, Monseigneur, ce nom, porté sur l’acte de naissance de notre père aussi bien que sur nos deux actes de naissance, nous appartient donc au même titre que notre patrimoine. Il nous  appartient encore personnellement, si on peut dire, à titre de propriété littéraire. Il est le nom dont nous avons signé quelques livres, dont quelques-uns, ont eu l’honneur de plusieurs éditions et de traductions à l’étranger.

« Confiants dans la justice de Votre Excellence, confiants dans la loi récente qui a voulu sauvegarder, comme le plus cher patrimoine de la famille, l’héritage te la propriété exclusive d’un nom honorable et légitimement possédé, nous avons la ferme assurance, Monseigneur, que vous prendrez en considération des droits, dont nous tenons tous les titres à votre disposition, et que vous donnerez votre appui à une revendication, que nous devons poursuivre comme un devoir…. Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt

Rentiers amateurs d’art, d’histoire et de littérature, ayant vécu en dilettante,  les frères Goncourt tirent leur célébrité de la création d’une Académie et d’un prix décerné depuis 1903 à un ouvrage publié dans l’année par un jeune auteur. Il n’en reste pas moins que « les Goncourt ont vécu les yeux fixés sur la vivante tapisserie du monde contemporain » comme le souligne Robert Kopp dans la préface du Journal paru en trois volumes chez Robert Laffont dans la collection Bouquins.

     
                                                              
   Gil Melison-Lepage - à retrouver dans le livre édité par l'Association des Ecrivains de Haute-Marne aux Editions Gueniot (52 écrivains haut-marnais)  

Sources : Bonnes plumes au pays de Goncourt édité chez Albin Michel par l’association Goncourt, Histoire et Patrimoine ; Journal dans la collection Bouquins chez Robert-Laffont ; Magazine Littéraire n°269 de septembre 1989.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actualité du 28-02-2010                                      

Actualités

    Belle-forêt-sur-Marne  
                                            
     

J’habite une ville qui, déjà au XVIè siècle, faisait dire aux observateurs qu’elle n’a aucun style et qu’elle est fort laide. Or, cette ville c’est chez moi et, en dépit de mon désir jamais satisfait de la quitter un jour, j’y suis (j’ajouterais presque … et j’y reste !) C’est là que j’y ai mes amis ; c’est là que j’ai construit ma vie ; sans doute, est-ce là aussi que je la terminerai (si toutefois, le petit cochon ne me mange pas)

Mais je ne suis pas aveugle, j’ai même un tas de clichés qui hélas donne raison aux ambassadeurs étrangers du XVIè siècle. Pire même, on dirait que depuis le siège de 1544 chaque décideur, au fil du temps n’a fait qu’accentuer ce manque de style. On a construit anarchiquement ; on a détruit en dépit du bon sens ; on a mélangé des modèles incertains et le résultat donne un ensemble curieux à la limite du supportable. Comme si, jamais – Ô grand jamais - aucun urbaniste un peu talentueux ne s’était penché sur l’harmonie de ma ville.

A la suite de ces transformations désordonnées, aujourd’hui, voyez-vous, je ne reconnais plus ma ville, je ne reconnais plus mon quartier (il en reste si peu de choses). Tout a été rasé. On y a construit de bizarres immeubles en cercle qui n’ont jamais été terminés (ceux là par contre avaient été dessinés par un urbaniste talentueux) ; des HLM améliorées  font grise mine à la place des marronniers ; les jardinets aux parfums de printemps ont disparu ; de bizarres constructions importées d’une station de ski étalent leurs toits rouges…. Reste, plantée au milieu de la cacophonie d’un rond-point, mon église qui peu à peu s’écroule. Ô elle est très jolie le soir venu, avec ses vitraux éclairés, mais elle semble si abandonnée.

Les remparts sont tombés ; les lavoirs se sont écroulés ; il ne reste rien de notre passé.

             
                     
             

Et puis il y a cette ville neuve qu’on a fait pousser au milieu de nulle part – un peu comme une ville au champ, ou plutôt au bois - et qu’aujourd’hui on abat petit à petit, car ces grandes barres d’immeubles ne font plus l’unanimité. Il y a aussi, depuis ces dernières années, des édifices fort laids qui poussent comme des champignons à la place de bâtisses anciennes, à l’instar de la piscine qui aurait fait un si joli espace dédié aux expositions ou ce truc abominable et bétonné qui remplace le centre culturel de la Noue.

Bientôt, paraît-il, nous aurons une lagune au centre ville, un machin partant du canal qui traverse la ville et dont l’utilité me paraît, à ce jour, complètement utopique. Nous ne sommes pas à Venise ? Ni à Bruges ? Alors pourquoi cette idée saugrenue qui va coûter beaucoup d’argent ? En attendant la réalisation de cette aberration,  de nouveau, d’immenses espaces sont voués aux démolisseurs et j’ai peine à voir ma ville, mon quartier, défiguré, hideux, sans cesse en chamboulement.

     
                                                
     

 

 

 

Actualité du 01-02-2010                                      

Actualité

Alfred Loisy, l’excommunié (1857 – 1940)
     
             
     

Né le 28 février 1857 à Ambrières, dans une famille de paysans champenois, Alfred Loisy aurait dû consacrer son existence au travail des champs. Cependant sa très vive intelligente conduisent ses parents à l’engager dans la vie religieuse. Il est ordonné prêtre à 22 ans, devient curé de campagne durant deux années. Puis il passe une licence de théologie à l’institut catholique de Paris. Il devient alors, à 28 ans, répétiteur d’hébreu et de langues orientales, puis maître de conférence, et enfin professeur d’Ecriture sainte et d’exégèse. En 1889, il choisit de se pencher sur l’étude scientifique de la bible.

Promis à un brillant avenir, rien donc ne le prédisposait à devenir un jour l’objet de tant de polémiques. Sauf qu’Alfred Loisy, s’il ne remet pas en cause les dogmes fondamentaux de l’enseignement catholique, refuse de les prendre au pied de la lettre. Se basant sur la réalité historique, il n’en retient que les faits et affirme que Jésus-Christ est un homme de son temps et de son pays. Il écrit  par exemple : « aucun article du symbole catholique, si ce n’est que Jésus-Christ avait été crucifié sous Ponce Pilate. » Alfred Loisy

Ses réflexions sur l’expression religieuse le mènent à la publication, en 1902, d’un ouvrage intitulé « l’Evangile et l’Eglise ». Puis comme s’il persistait et signait, il publie ensuite  « Autour d’un petit livre » sorte de complément du livre précédent dans lequel, sous forme de lettre à… il motive sa réflexion. Ces deux ouvrages lui valent d’être mis à l’index par un décret du SaintOffice et il se voit dépossédé de sa chaire, puis privé d’enseignement. Destitué, il devient aumônier d’un pensionnat de jeunes filles à Neuilly. Il donne également des cours à l’école pratique des Hautes-Etudes.

« c’est en effet au point de vue de l’histoire que l’on a voulu se mettre dans cette étude. On ne s’est nullement proposé d’écrire l’apologie du catholicisme et du dogme traditionnel. Si l’on avait eu cette intention, le présent travail serait très défectueux et incomplet, notamment en ce qui regarde la divinité du Christ et l’autorité de l’Eglise. On n’entend pas démontrer ici ni la vérité de l’Evangile ni celle du christianisme catholique, mais on essaie seulement d’analyser et de définir le rapport qui les unit dans l’histoire. Le lecteur de bonne foi ne s’y trompera pas. » L’Evangile et l’Eglise - Alfred Loisy (1902)

Est-ce à dire qu’en 1902 le Vatican n’était pas un lecteur de bonne foi ?

« il est certain, par exemple que Jésus n’avait pas réglé d’avance la constitution de l’Eglise comme celle d’un gouvernement établi sur la terre et destiné à s’y perpétuer pendant une longue série de siècles. Mais il y a quelque chose de bien plus étranger encore à sa pensée et à son enseignement authentique, c’est l’idée d’une société invisible, formée à perpétuité par ceux qui auraient foi dans leur cœur en la bonté de Dieu.

On a vu que l’Evangile de Jésus avait déjà un rudiment d’organisation sociale et que le Royaume aussi devait avoir forme de société. Jésus a annoncé le Royaume, et c’est l’Eglise qui est venue. Elle est venue en élargissant la forme de l’Evangile, qui était impossible à garder telle quelle, dès que le ministère de Jésus eut été clos par la passion.

Il n’est aucune institution sur la terre ni dans l’histoire des hommes dont on ne puisse contester la légitimité et la valeur, si l’on pose en principe que rien n’a droit d’être que dans son état originel. Ce principe est contraire à la loi de la vie, laquelle est un mouvement et un effort continuel d’adaptation à des conditions perpétuellement valables et nouvelles. Le christianisme n’a pas échappé à cette loi, et il ne faut pas le blâmer de s’y être soumis. Il ne pouvait pas faire autrement. L’Evangile et l’Eglise – Alfred Loisy  (1902)

« pour commencer, Monseigneur, je déclare franchement que je ne comprends pas votre position exégétique. Je ne vois pas comment un critique catholique pourrait être moins libre qu’un critique protestant et qu’un incrédule dans l’examen des questions d’authenticité ou dans le commentaire historique de l’Ecriture. Notre foi ne détermine pas l’attribution des écrits ni le sens primitif des textes bibliques. Ce qu’elle règle directement est l’instruction religieuse qu’il convient d’extraire de l’Ecriture, en s’aidant des lumières qui y apporte l’expérience séculaire et actuelle de la tradition. Mais l’origine des écrits, si on l’a considère comme une question d’histoire, ce qu’elle est en réalité, n’est pas plus claire ni autrement garantie pour nous que pour les non catholiques. » Autour d’un petit livre - lettre à un évêque – Alfred Loisy (1903)

Ayant refusé les idées de l’Encyclique « Pascendi gregis » publiée en 1907, il est excommunié par le pape le 7 mars 1908 « frappé de toutes les peines encourues par ceux qui sont excommuniés publiquement ». Il se retrouve donc sans ministère, mais cependant, grâce au soutien de Mgr Mignot, archevêque d’Albi, il est élu au Collège de France en 1909 où il enseignera l’Histoire des religions jusqu’en 1933.

Il ne cessera d’écrire et sa bibliographie, dont on trouve quelques ouvrages à la Librairie Philoscience, en témoigne. Retiré à Ceffonds, il meurt dans l’indifférence générale le 1er juin 1940. Sa tombe se trouve dans le petit cimetière d’Ambrières.

Gil et Olivier Melison - à retrouver dans le livre édité par l'Association des Ecrivains de Haute-Marne aux Editions Gueniot (52 écrivains haut-marnais)

 

 

 

 

                                                                 

 

 

 

 

Actualité du 30-12-2009                                      

Actualité

     
                                                                     
   Dessin d'Alix 7 ans 10 mois  

Actualité du 1er janvier 2010

Il y a quelques temps, je vous ai entretenus d’un film, Millénium, que j’avais vu en compagnie de ma bande de copines de Châlons-en-Champagne. Vous vous souvenez ? Je n’avais pas lu le livre. Trop médiatisé. Trop de pub autour m’avait éloignée de cette lecture. Le film, haletant, bien ficelé, m’a donné envie de découvrir l’ouvrage. Aussi ai-je acquis la trilogie écrite par l’écrivain suédois Stieg Larsson. Mais il a fallu que les bouquins reviennent à la maison pour que je m’y plonge (et oui, mes volumes circulent. Ils vont et viennent chez l’un, chez l’autre. Je ne suis pas égoïste en matière de lecture, comme également avec mes DVD : j’aime à les partager)

Comme je suis en plein dans ma période « claquemurage » (période d’hiver où j’ai tellement de mal à sortir, à communiquer) c’est en à peine quinze jours, ou plutôt quinze soirées (nuits ?) que j’ai dévoré l’ensemble. La plongée dans le premier tome « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » est difficile : cette immense famille suédoise, pleine de frères, de cousins, cousines, de noms aux consonances étrangères, ce monde de l’industrie, ce passé historique qui ne nous est pas familier, sont à priori, rébarbatifs. Puis on se laisse prendre par l’atmosphère, par ce passé lourd qui, bribe après bribe, vient à la surface. L’histoire est particulièrement bien menée, bien documentée (on sent le travail d'un journaliste), les détails foisonnants, les personnages attachants. On a envie de se laisser séduire par Super Bromkvist l’anti héros  incorruptible ; on aimerait faire copain/copain avec la rebelle Lisbeth Salander ; on déteste  d’emblée Maître Bjurman tuteur sadique, alors qu’on trouve sympathique Holger Palmgren, premier tuteur de la punckette déjantée.

Puis avec le second volume, « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette »,  on en apprend un peu plus sur l’étrange  Lisbeth. Les pièces du puzzle s’emboîtent les unes dans les autres et les chemins, à priori divergents, de Mikaël et de la « Fifi Brindacier » hackeuse géniale devenue « la psychopathe dérangée mentalement » la plus recherchée de la région, s’entrecroisent à nouveau.  Un projet de livre sur le commerce du sexe entraîne les personnages dans une tourmente violente et meurtrière.  Le troisième volume, « La Reine dans le palais des courants d’air » est la suite de l’histoire qui, même si elle semble rocambolesque, tient la route. On y découvre le pourquoi de la mise en tutelle de Lisbeth. L’histoire d’espionnage qui a engendré tout ça est ENORME. Mais les méchants sont punis, les gentils trouvent un épilogue enviable – mais sont-ils si gentils qu’ils paraissent ?- Ce n’est pas un véritable Happy End, mais ça y ressemble fort.

         
         
         

On se prend à attendre avec impatience la sortie cinématographique des deux derniers volumes.

 

 

Actualité du 30-11-2009                                      

Actualité

                   

 

L'actualité, c'est ce qui, ce matin, semble être quelque chose et, ce soir, ne sera plus rien.

Jean Mistler

       Mozart à toutes les sauces  
       

 

Dernièrement, j’ai acquis un CD intitulé « Jazzgang Amadeus Mozart » dans lequel Claude Bolling et son sextet s’en donne à chœur joie avec les « tubes » du divin Mozart. Un vrai régal, même si l’œuvre en question date d’octobre 1965 (bien sûr, bien sûr, ça ne date pas d’hier) Cela m’a donné envie de revoir mes classiques – et des moins classiques, comme cette interprétation d’une marche turque désopilante par Boris Vian (ça non plus, ça ne date pas d’hier) Juste pour rappel, comme ça….

 

 

 
         

Johannes Chrysostomus Wolfgang Gottlieb (qui aime Dieu, la forme latinisée d’Amadeus n’apparaîtra que plus tard) est né à Salzbourg en 1756, Il est le, septième et dernier enfant d’une fratrie dont cinq sont morts en bas âge. Léopold, le père, compositeur consciencieux, très bon violoniste qui a mis au point une méthode d’apprentissage pour cet instrument, et  excellent pédagogue, découvre avec étonnement le génie de cet enfant charmant, charmeur, docile, tendre, surdoué qui, dès l’âge de trois ans, s’installe au clavecin. Dès lors, il sera à la fois son maître, son impresario, son accompagnateur. Les cours d’Europe, Vienne, Paris, Rome, Londres, Bruxelles… s’arrachent le phénomène dont la première composition, un menuet, date de 1761 – il a tout juste cinq ans.

Cependant si la « tournée européenne » de la famille Mozart et les prestations de l’enfant prodige, ainsi que la gestion rigoureuse d’un père pointilleux, permettent durant toutes ces années de vivre confortablement, les soucis financiers seront constants dans l’existence adulte d’Amadeus, au grand dam de son manageur qui le couvre de conseils, de recommandations et d’ordres impératifs. Prodigue, obligeant pour les malheureux, désintéressé, avec une sensibilité à fleur de peau, Wolfgang vit au-dessus de ses moyens et les marchands de musique, comme les directeurs de théâtre abusent de sa complaisance. Travailleur acharné, il écrit vite, souvent la nuit, cultive tous les genres, donne des leçons de musique, court le cachet en tant que pianiste, et doit sans arrêt avoir recours à d’humiliantes requêtes pour subsister. Il s’est marié, sans le consentement de Léopold farouchement opposé à cette union, le 4 août 1782 avec Constance Weber, une femme-enfant qui n’a pas plus que lui le sens des affaires.

Quand Prague s’enflamme

Les « Noces de Figaro » sont créées à Vienne le 1er mai 1786. Cet opéra fait parti des trois grands opéras italiens du compositeur. Le livret de Lorenzo Da Ponte s’inspire de la pièce de Beaumarchais « Le mariage de Figaro », pièce qualifiée à l’époque de révolutionnaire. L’accueil est mitigé, Mozart dérange, il ne s’inscrit pas dans les banalités du moment. Les Viennois ne comprennent pas cette musique trop légère, trop vif-argent, trop subtile, trop difficile, « trop pleine de notes » comme s’en est plaint l’empereur lors de la première de « L’enlèvement au sérail ». Ses détracteurs, jaloux, sont nombreux. Pourtant quand cette œuvre est jouée à Prague, la ville s’enflamme, les Praguois fredonnent des airs de Figaro dans la rue et le 20 janvier 1787, lorsque le Maître dirige lui-même l’orchestre, c’est un véritable délire.
     
                                                                                 
     

 Afin de remercier ses hôtes, Mozart écrit une symphonie intitulée « Symphonie de Prague » et, sur demande pressante du directeur du théâtre Nostitz, il promet un nouvel opéra. Le « Don Giovanni » est créé et dirigé par un Mozart triomphant, le 29 octobre 1787. On prétend que l’ouverture a été composée in extremis, dans la voiture qui conduisait Mozart vers Prague. Les Viennois vexés de n’avoir pas eu la primauté de cette œuvre la bouderont jusqu’en mai 1788 ; elle sera même sifflée lors de la première représentation dans cette ville pourtant si chère au musicien. Mais, comme le souligne Mozart qui apprécie d’être adulé, choyé « mes Praguois me comprennent »  C’est également à Prague, lors de son dernier séjour en 1791, qu’il compose – en dix-huit jours – un opéra, « La clémence de Titus », commandé pour le couronnement de Léopold II

Comme un requiem

Mais la situation financière du couple Mozart ne fait que se détériorer. Criblés de dettes, ils déménagent sans cesse pour échapper à leurs créanciers. Wolfgang travaille jour et nuit, usant par la même une santé déjà chancelante. Infections diverses, fièvre typhoïde avec coma, rhumatismes, variole, abcès dentaires, attaques virales, depuis son enfance la maladie ne l’a pas épargné, mais en 1791, pressé de toute part quoique fatigué, il travaille d’arrache pied.  Ce sera « La flûte enchantée » qui sera donnée le 30 septembre, le « Concerto pour clarinette », la « Petite cantate maçonnique » et une commande mystérieuse, dont il prétend que ce sera sa dernière œuvre, le « Requiem en ré mineur », que lui a payé d’avance un client inconnu. On a dit de cette dernière œuvre qu’elle est « un bricolage inachevé et mal ficelé» et elle a donné lieu à de nombreuses légendes, dont celle d’un empoisonnement commandité par Salieri, son éternel rival.

Mozart s’éteint à Vienne, le 5 décembre 1791 à 0 h 55 ; il n’a que 35 ans. Faute d’argent, l’enterrement est sans apparat. Une messe est dite à la cathédrale Saint-Etienne. Le cercueil est déposé dans la fosse commune du cimetière Saint-Max – on ne peut donc se recueillir sur la tombe de Wolfgang Amadeus Mozart - et les Viennois ne s’émeuvent guère du décès du compositeur. Cependant Prague se lamente et pleure. Une messe de requiem est célébrée le 14 décembre 1791, en l’église Saint-Nicolas de Malá Strana, en présence de musiciens praguois et d’une foule considérable débordant largement à l’extérieur. Au fil des siècles l’affection portée par les Praguois à cet incroyable touche-à-tout  ne s’est jamais démentie.

     
                                  
     

 

 

Actualité du 04-11-2009                                      

Actualité

                   

 

L'actualité, c'est ce qui, ce matin, semble être quelque chose et, ce soir, ne sera plus rien.

Jean Mistler

          

Comme un village musée

     
                            
     

 Ecot-la-Combe, l’un des plus petits villages de Haute-Marne fort de 35 habitants, a été durant un siècle un des hauts lieux de l’industrie métallurgique. Il est aujourd’hui un coin magique, une sorte de Paradis fait de charme et de romantisme où pas à pas le promeneur découvre un patrimoine émouvant.

Si l’on ignore exactement à quelle date ce village fut construit, gageons que sa naissance fut la conséquence d’un coup de foudre de son fondateur, car tout se conjugue pour faire de cette vallée arrosée par la Sueurre, un endroit idyllique. Mais également un cadre parfait pour y installer une activité métallurgique, comme le furent bien des points en Haute-Marne grâce à la concentration du bois, de l’eau et du minerai à proximité. Probablement au Xème siècle, on y construit une maison forte où se succèdent, durant plusieurs décennies, la famille des Girard, puis celle des De Nogent. En ces temps troublés des XIVème et XVème siècles qui agitent la Champagne, la Bourgogne, la Lorraine, cette maison forte est démolie. Par la suite les Anglais occupent Ecot.

Les occupants boutés hors du royaume, le cours normal du temps reprend au rythme des saisons et du travail. Le fief d’Ecot est même élevé en baronnie, puis en marquisat ; Jean de Vergy, les familles De Mailly, d’Hostel d’Ecot, De Bollogne et De Foudras s’y installent tour à tour. On trouve trace d’une industrie métallurgique dès 1586 et, en 1750, l’abbé Roussel répertorie 182 communiants, dont de nombreux bûcherons. En 1796, les Michel, maîtres de forge célèbres qui, sous l’empire, comptaient parmi les dix sidérurgistes les plus riches de France, acquièrent le domaine devenu bien national. Année après année, ils procèdent à de nombreux aménagements.

   Promenade au fil du temps  
                                             
     

Bien sûr les éléments épars ne parlent pas d’eux mêmes, les vestiges pourtant à l’identiques restent discrets sur leur splendeur passée, mais si vous avez la chance de croiser Michel Chaffe, vous ferez à n’en pas douter une vraie promenade dans l’Histoire. Il n’a pas son pareil pour vous commenter la chronique du temps jadis avec forces détails ; mais également pour vous mener par les sentiers à la découverte d’un patrimoine haut en couleurs. Ecot-la-Combe, où il exerça son premier poste d’instituteur, devient grâce à sa verve un véritable musée à ciel ouvert.

Les Michel, puis leurs descendants les De Beurges modernisent l’ensemble. Un long mur de pierres sèches enchâsse un parc d’agrément à l’anglaise planté dans la vallée au milieu du XIXème siècle. Un grand pont digue, large promenade, retient désormais l’étang, lumineux plan d’eau artificiel étalé dans un écrin de verdure et, à portée de vue, un îlot romantique sur lequel un pavillon d’Amour se dresse dans l’entrelacs des branches. Quant à l’église de style néogothique, plusieurs fois détruites et reconstruites, dominant le village elle est dédiée à la nativité de la Vierge.

A voir aussi, même si le château n’est visible que de l’extérieur, une tour du XVème siècle, la Porterie du XVIIème, le Pigeonnier remis en état, la Glacière qui va bientôt retrouver une toiture et, sur la route qui mène à Clinchamp, les Trois Fontaines à l’eau si pure qu’il serait dommage de s’en priver. Et puis encore, les restes de la Batterie, de la Guingette, de la Fenderie. Et encore l’alignement des maisons d’ouvrier réhabilitées il y a peu et qui donne vie au village. Comme donne vie également, une scierie et une ferme en activité. Ainsi que, chaque année pour les journées du patrimoine, une animation théâtre avec le Lycée Oudinot, une exposition de photos que le malicieux Michel Chaffe offre aux regards des curieux.

       La maison du Chasseur  
          Trop âgé pour participer activement aux chasses le marquis de Bollogne fait construire au sommet de l’un des coteaux, une maison carrée à étage, en pierres creuses, d’où il peut observer, grâce à un système téléphonique sophistiqué qu’il fait installer sur la Belle Table, au delà de la vallée au sommet de l’autre coteau. Entre les deux, un long couloir déboisé laisse le champ libre à la vue. Ainsi, confortablement assis entre deux cheminées ronronnantes, devant une fenêtre, il suit toutes les péripéties de la journée. Le soir venu, le rassemblement des chasseurs se tient devant ce pavillon. Et sans doute que les journées de battue, s’achèvent sur des agapes fraternelles partagées au rez-de-chaussée de cette Maison du Chasseur où se trouve une très belle salle.   
         

 

Actualité du 29-05-2009                                      

Actualité

                   

 

L'actualité, c'est ce qui, ce matin, semble être quelque chose et, ce soir, ne sera plus rien.

Jean Mistler

          
Chronique subjective

Depuis quelque temps, à l’écoute de certains propos tenus par mes congénères, je bondis intérieurement. Ces propos sur l’objectivité m’emplissent d’interrogation. L’objectivité point zéro est-elle possible ?

Il existe, bien sûr, de nombreux domaines dans lesquels l’objectivité – ou la subjectivité puisque l’un ne va pas sans l’autre - joue un rôle primordial, car il y a autant de niveaux d’objectivité qu’il y a de comportements méthodiques : l’objectivité scientifique, l’objectivité de la justice qu’on nomme souvent impartialité et indépendance, l’objectivité religieuse,  etc… Toutefois je m’attacherai seulement à l’Histoire et aux médias.

Mais avant, mettons les choses au point, l’objectivité absolue n’existe pas ou, si vous préférez, l’objectivité totale est un mythe. Ou du moins, comme l’écrit Pierre Bachy « l’objectivité est un idéal, certes inaccessible, mais vers lequel nous devons tendre avec ténacité ». Nous sommes, tous, quel que soit notre degré d’honnêteté, victime ou tributaire de notre éducation, de notre culture, de notre milieu ambiant, du contexte de l’époque. Aussi réagissons-nous devant l’événementiel en fonction de tous ces facteurs. Crier haro sur le chroniqueur me paraît aléatoire.

La vérité historique est un horizon toujours fuyant 

    

Pourtant l’historien essaie, souvent en toute bonne foi, de procéder avec rigueur à l’examen des sources mises à sa portée. Il cherche, il gratte, il fouille, il compare, il étudie. Mais, les sources sont-elles toujours fiables ? N’y a-t-il pas, à chaque période, manipulation de l’opinion ? Les archives ont-elles toujours valeur de parfaite vérité ? Les souvenirs des participants à un événement ne sont-ils pas flous, entachés par l’émotion, partiels ? Peut-on, les prendre pour argent comptant ? Ou les rejetés ? Sommes-nous, nous-mêmes, suffisamment objectifs pour faire abstraction de notre ressenti ? Napoléon I° ne prétendait-il pas que « l’Histoire est une suite de mensonges sur lesquels les hommes se sont mis d’accord » ?

Car, selon la personnalité de l’auteur, selon ses croyances, selon ses idéologies, selon également la fameuse raison d’Etat, l’éclairage donné aux événements n’aura pas le même reflet. Pour preuve ? Les manuels d’Histoire distribués aux écoliers, selon les époques, tiennent compte de tel événement plutôt que de tel autre. Pourquoi ? Le passé s’écrit-il au présent, au jour le jour selon  la politique de l’instant ? L’objectivité du rédacteur d’hier n’a-t-elle pas même valeur que celle du rédacteur d’aujourd’hui ?

  

Quant aux médias, il faut bien reconnaître que nous sommes aujourd’hui plus dans un journalisme de spéculation et de spectacle que dans un journalisme d’information. Autrefois, le chroniqueur trempait sa plume dans la subjectivité, il  donnait son point de vue sur l’actualité, il tranchait, polémiquait, avait le courage de ses opinions. Mais autrefois l’audimat n’existait pas. Et désormais, malheureusement, la carrière des journalistes est intimement liée à l’audience, au chiffre d’affaires réalisé, à la concurrence effrénée. Alors on ne prend plus position, on reste politiquement correct, on fait parler le citoyen qui devient mémorialiste. Ainsi on ne se mouille plus. Bien sûr, il reste encore – mais pour combien de temps ? - quelques  journaux d’opinion sur le marché de l’information ; journaux dans lesquels il faut prendre les affirmations avec des pincettes puisqu’elles sont orientées. Aucune objectivité dans ces propos, mais au moins la couleur est donnée. Au fond, ne sommes-nous pas, plutôt, demandeur d’une subjectivité de réflexion ?

Et puis « comment faire le tri entre ce qui est de l’information brute, ce qui relève de l’émotion, ce qui relève de la peur, ce qui relève de la propagande » Cette phrase est tirée d’une interview donnée au Monde par Sylvie Kauffmann, journaliste qui opère aux Etats-Unis. Elle ajoute même un peu plus loin « trop d’objectivité nuit ». En effet, tout va très vite aujourd’hui, et si le journaliste, consciencieusement, joue la carte de l’objectivité absolue, prend le temps de couper, de recouper ses informations, quand enfin celles-ci sont jetées en pâture aux lecteurs – aux téléspectateurs – l’événement n’est plus d’actualité.

Cependant, n’avons-nous pas les médias que nous méritons ? Ne sommes-nous pas les premiers consommateurs d’une presse à scandales, de reality-show de plus en plus torrides, d’interviewes bidonnées ou de photos montage ? N’avons-nous pas poussé les griffonneurs de babillard, à fouiller les poubelles, à nous donner des scoops à frémir, toujours plus trash ? Qu’importe que ce soit objectif, qu’importe la vérité.

Mais il nous reste la possibilité de trier nous-même et de tenter d’établir une vérité, notre vérité. En effet, même si tout le monde n’a pas accès au Net, ou aux chaînes câblées, la plupart d’entre nous peut ouvrir une fenêtre sur le monde entier. Tous les journaux sont disponibles sur Internet. A nous donc d’effectuer les recoupements nécessaires et de nous forger une opinion objective… enfin, la plus objective possible.

article paru dans le supplément magazine du JHM - dimanche 15 mars 2009

 

 

Actualité du 01-05-2009                                      

Actualité

                   

 

L'actualité, c'est ce qui, ce matin, semble être quelque chose et, ce soir, ne sera plus rien.

Jean Mistler

          
Gérard Larguier, un chroniqueur anachronique

Entre ombre et couleur, entre épaisseur et mouvement, entre hier et demain, entre mémoire et oublie, les compositions, décompositions, recompositions, de Gérard Larguier offrent mille visages, froissés, déchirés, défroissés, sublimation de l’éphémère de l’existence.

Car depuis 1963 et cette première exposition à Bruxelles, à aujourd’hui avec cette fresque gigantesque inaugurée en juin 2008 dans les locaux de l’Andra - voire même à demain puisqu’il fourmille de projets - l’artiste n’a cessé d’étonner, de créer, d’explorer des chemins divers qui l’ont conduit du pointillisme au collage. Qu’il s’introduise dans le milieu très fermé du sport ou qu’il trottiner en jardins, qu’il s’aventure dans le rêve freudien ou qu’il s’empare de l’actualité chaude, le parcours est sans défaut, luxuriant, brillant, jubilatoire. Un authentique hymne à la joie.

Collages d'actualité

C’est à travers l’événementiel, sa première source d’inspiration, et la photographie dont il exploite toutes les nuances que ce chroniqueur anachronique met en valeur en déchirant, collant, fusionnant bribes de magazines, copeaux d’informations, lambeaux d’images en un véritable mur à paroles qui interpelle, murmure, explose et renvoie à notre quotidien. Que ce soit avec une revue de presse picturale du Mondial 1998 vécue au jour le jour et transcrite sur la toile en fragments assemblés ; que ce soit avec la tempête de 1999 jetée aux quatre vents de l’inspiration ; que ce soit avec ses chefs-d’œuvre revisités ou ses portraits d’une chronique du XXème siècle toujours en mouvement, la symbiose est parfaite entre la création de l’artiste et la création de celui qui regarde, « l’artiste n’est là que pour donner la clef » dit Gérard Larguier. Souvenirs, souvenances, fragrances, émotions s’entremêlent, s’entrechoquent, nous choquent, nous font rêver. C’est sans doute pour ces raisons, que chacun y trouve son univers, son morceau de territoire, sa vérité.

                        

Parcours d’un enfant du siècle

Né en 1938, c’est après avoir été élève du célèbre affichiste Paul Colin, que Gérard Larguier entre à l’Académie Julian en 1960. En 1979, il s’installe au Bateau Lavoir – lieu artistique mythique dont il sera président de 1981 à 1984– et dans le même temps, Michèle son épouse et lui même tombent amoureux d’un coin joli de Lorraine. Ce sera donc, durant quarante ans, entre les deux mon cœur balance avec des allers et venues de la Capitale au Grand Est et du Grand Est, où désormais ils séjournent, à la Capitale où ils conservent ce pied à terre légendaire. Une œuvre abondante ponctue ce parcours et de multiples expositions posées dans le monde entier émaillent une vie harmonieuse.

Suite à une commande de la Direction des parcs et jardins de la ville de Paris sur le thème des jardins il occupe une Serre à la porte d’Auteuil. Cette exposition le renvoie au salon du jardin à Longchamp, puis au Château du Grand Jardin à Joinville avec « Après la tempête, le printemps » qui mêle forêt assassinée et endroits bucoliques de Haute-Marne. Puis encore, en résidence à Neufchâteau en 2005, où il crée un labyrinthe de 400 mètres sur le thème « Les portraits dans la ville » dans lequel s’entremêlent passé et présent de la cité. L’exposition s’y tiendra du 3 juillet au 30 septembre. Puis encore, puis encore… mais il faudrait un livre pour rassembler tous ces souvenirs, toutes ces actions, toutes ces aventures, tant la destinée de Gérard Larguier est riche d’expériences et de plaisirs partagés.

Les pérégrinations de Gérard Larguier artiste plasticien
       

Depuis 1963, année de sa première exposition personnelle qui s’est tenue à Bruxelles, les œuvres globe-trotter, si variées et d’actualité, ont parcouru le monde en tous sens. D’abord l’Europe, Genève, Bâle, Messine, Munich, Lyon ou Zurich, Madrid et Barcelone. Ensuite Tokio, Osaka, comme également Singapour, Hong-Kong ou New-York. Mais aussi la bibliothèque nationale de Florence, le Casino de Bourbonne-les-Bains, le centre culturel Jacques-Brel à Thionville, le Conseil Général de Bar-le-Duc, le Château du Grand Jardin à Joinville, ou le Château Stanislas à Commercy où s’est tenue en 2005 une exposition intitulée « Gérard Larguier, parcours 1965-2005 », sorte de rétrospective d’une vie consacrée à l’art. Le voyageur qui s’arrête à la gare TGV Meuse peut même admirer la fresque intitulée « Guerre et Paix » qui s’y trouve installée depuis juin 2008.

 
article paru dans Ligne Directe - décembre 2008

 

 

Actualité du 29-03-2009                                      

Actualité

 

Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux 

                                                   Erik Satie

CHRONIQUE BUCOLIQUE

 

Anna de Noailles prétendait voyager en faisant trois fois le tour de son jardin. Aujourd’hui, notre société excursionniste veut voir si l’herbe est plus verte ailleurs, aller plus loin qu’au bout du jardin et, par voie de conséquence, visite allégrement les parcs, les vergers, les potagers, les roseraies, les orangeries, les squares, les pâturages d’ici et du reste du monde. Ainsi du Boboli de Florence à l’Alhambra de Grenade, en passant par le Château du Grand Jardin de Joinville ou le Sissinghurst Castle du Kent, sans oublier le Taj Mahal en Indes, ce sont plusieurs dizaines de millions de visiteurs qui arpentent chaque année, allées, arboretums, sentiers, sous-bois, rocailles, parterres, éboulis, fabriques, étendues vertigineuses de sable ou amoncellements de pierres. Et les botanistes, paysagistes, horticulteurs, jardiniers s’efforcent de rendre plus éclatants, plus étonnants les espaces qu’ils ont à bichonner. 

 

Mais qu’est-ce qui pousse ainsi  le globe-trotter vers la nature ? Cette transhumance répond-t-elle à une aspiration profonde ? 

 

Doit-on voir dans cette frénésie de verdure, dans cette forme d’art qui amplifie son audience chaque année – 10 % par an - un besoin viscéral ? Comme si, au fur et à mesure que s’élargit le paysage urbain, au fur et à mesure que la pollution envahit villes et campagnes, il fallait retrouver de saines racines. Les jardins deviennent havre de paix, cadre choisi pour fixer les instants joyeux. Et, des perspectives architecturées de Versailles ou d’Aranjuez, aux jardins potagers, alignés ou exubérants, dans lesquels sont joints souvent l’utile et l’agréable, c’est le même bonheur, le même enchantement, la même curiosité sans cesse renouvelée.

 

Fête de l’éphémère en perpétuelle mutation le jardin s’inscrit pourtant dans l’Histoire, où néanmoins nul n’a besoin de posséder une vaste culture pour en saisir les nuances. C’est peut-être ce détail qui entraîne les curieux à rechercher le Paradis – ce parc réservé aux bienheureux. Chacun à sa façon y trouve son Olympe. Celui-ci y puise la sérénité, celui-là y apprend le langage des fleurs et des saisons, celui-là encore se laisse enivrer par des parfums subtils. Mais tous y prennent conscience des couleurs de la nature, mouvante, ondoyante, qui paraissent si simples et pourtant épousent parfaitement les méandres de la vie intérieure.

                                    
Jardin du Boboli (Florence)

Doit-on voir dans cette recherche de l’Eden une immersion dans le mystère des origines ? Les jardins sont en effet liés aux contes, aux légendes, aux mythes qu’ils soient païens ou religieux et dans lesquels moult jardins secrets offrent du rêve. Le jardin n’est-il pas enraciné dans les profondeurs énigmatiques de la terre et tourné vers le cosmos tout aussi énigmatique ? N’est-il pas tributaire, à la fois, du soleil, de la lune, des marées, sur lesquels l’homme n’a pas de pouvoir ?  Peut-on voir à travers l’ordonnancement ou le foisonnement des pelouses, des massifs, des statues, des fontaines, des frondaisons, la main d’un dieu humain ? A défaut d’élever une tour de Babel qui prendrait d’assaut le ciel, le concepteur d’espaces verts n’a-t-il pas trouvé le moyen d’égaler le Créateur ? Et les promeneurs qui flânent en ces jardins n’éprouvent-ils pas le sentiment d’être partie intégrante de l’Univers ?

 

Cependant, le phénomène ne date pas d’hier puisque déjà en 1537 Gilles de Trèves entreprend, entre Champagne et Lorraine, la construction de sa « demeure des champs » ouverte sur l’espace ; qu’en 1580 Michel de Montaigne commente ses impressions de jardins ; que les frères Goncourt – qui toutefois détestaient la campagne – rendent compte dans leur journal des promenades champêtres qu’ils effectuent autour de Paris. Que dire des nombreux peintres, photographes, vitraillistes,  écrivains, poètes, journalistes qui, au fil des siècles, se prennent d’affection pour les arbres, la flore, la faune, les déjeuners sur l’herbe, les sous-bois enneigés ou les pommiers en fleurs. Y a-t-il dans cette exploration, une sorte de recherche du temps perdu ? La vie humaine s’accélère tandis que la vie végétale prend son temps, saison après saison. Retour aux sources dans une galaxie qui semble tourner de plus en plus vite, de plus en plus mal. Retour aux éléments essentiels : la terre, l’eau, l’air.

 

Chronique parue dans le JHM du 13 septembre 2008

 

Actualité du 14-05-2008                                      

Actualité

J'avais décidé de vous parler de jardins en cette saison où le soleil, enfin, montre le bout de ses rayons... Je voulais vous emmener dans l'un de ces charmants carrés fleuris qui se cachent dans mon département. J'en ai tout plein en réserve, avec les photos adequat. Oui, mais voilà il m'est arrivé une bien curieuse histoire. Oh ! rien d'extraordinaire, ma vie provinciale et laborieuse n'a rien d'extraordinaire. Alors un fait curieux dans ma vie, nait de peu de chose en vérité. Je vous raconte ?

Les travers du docteur Porc

J'ai eu un long week-end, non pas de fiançailles mais de travail. Un énorme texte à mettre en forme, avec recherches multiples ; un article à écrire sur un sujet que je ne maîtrise pas du tout ; ce site à remettre en état ; de l'administratif ennuyeux à finaliser ; ma terrasse-balcon-jardin à rendre acceptable ; à permuter les vêtements hiver/été (occupation absolument obligatoire pour une Cochonne/Miranda élégante ;-))) et - ô bonheur - des courses, des préparatifs, des décorations pour un dimanche en famille....

Le dimanche en famille s'est magnifiquement déroulé et lundi de Pentecôte est arrivé. J'avais encore pas mal de tâches programmées (vous pensez que devant l'ampleur de mon emploi du temps, je n'avais pas tout terminé) J'ai bossé toute la matinée sur les dossiers les plus ardus et vers midi et demi, comme récompense, je me suis installée, mi ombre, mi-soleil, dans ma chaise longue, avec une tasse de thé et un livre acquis le samedi précédent. Je l'avais acheté, juste parce que le titre était alléchant, drôle et cochonnement interpellant.

Quel plaisir, quelle découverte. Thanh-Van Tran-Nhut, jeune auteure vietnamienne, nous plonge avec talent dans une enquête menée de main de maître par le Docteur Porc, emminent médecin, nommé responsable du tribunal durant l'absence du mandarin Tân.  Nous sommes immergés dans le Vietnam du XVIIème siècle, avec ses croyances, ses coutumes, ses personnages haut en couleur. Les faits historiques n'y sont peut être pas tout à fait exacts, mais que de truculence, que de parfums, que de paysages. Je n'ai lâché ce petit moment de pure jouissance qu'à dix huit heures, à l'issue d'une histoire bien ficelée. Je vous la recommande.

Bien sûr j'avais laissé en plan pas mal de pensum. Que j'ai dû terminer en catastrophe plus tard.

 

Par contre je ne vous recommande pas un autre ouvrage que je n'ai pas réussi à terminer, tant son contenu est affligeant. Il s'agit de "L'effroyable imposture" de Thierry Meyssan paru aux éditions Carnot. Ne l'achetez sous aucun prétexte... De toute façon, vous ne le trouverez pas en librairie, il est épuisé. Je l'ai acquis d'occasion, sur chapitre.com car un ami me l'avait recommandé. Va falloir qu'on en cause tous les deux !

Et puis encore, pour rire un peu

     Asulis, société suisse spécialisée dans le commerce électronique, propose d'offrir un abonnement de papier toilette, avec livraison à domicile pour la personne de votre choix. " Un cadeau plein d'humour pour un anniversaire, un mariage, une pendaison de crémaillère. Le bon moyen pour rappeler qu'avec une pointe d'humour, les années qui passent sont plus agréables" Le nombre de rouleaux par mois er par personne est de six. Le site est assez ludique, animé par une mascotte SuperPQ, super héros "toujours présent en cas de besoin" - www.w-c.ch  
Et encore : la publicité Naf Naf, à découvrir dans les magazines et sur leur site. Un joli petit cochon, s'y ébat. extrait du "Le grand livre du petit coin de Sabine Bourgey et Sophie Horay (édition Horay)

 

 

Actualité du 07-04-2008                                      

Actualité

Ce mois écoulé, j’ai réalisé des trucs extraordinaires ! Des actions qui m’ont épatée.

Comme vous le savez, je ne suis pas adepte du petit écran – alors que j’adore le grand. Il est donc rare que je m’accroche à celui-ci. Et bien, figurez-vous qu’il m’est arrivé une chose bizarre : j’ai passé seize heures d’affilées devant ma télé ! ça vous épate aussi, n’est-ce pas ? Je vous raconte.

   

Non seulement je n’aime pas le petit écran, mais en plus je ne suis pas portée sur les séries, feuilletons et autres fariboles qui empêchent la vie sociale de se dérouler normalement. Rien qu’à l’idée de devoir écourter une soirée entre amis, un bon repas, une joute oratoire, pour ne pas rater le « prochain épisode », je me sens des démangeaisons aux neurones. Seulement voilà, j’ai l’impression parfois d’être une attardée mentale quand la conversation roule sur les héros de ces séries cultes. Je ne peux tout de même pas avouer que je n’ai pas regardé un seul feuilleton depuis les « Rois Maudits » - non, non, pas ceux de Josée Dayan aux décors synthétiques, mais ceux de Claude Barma sortis en….. je préfère oublier la date. Aussi, afin de ne pas mourir idiote et de pouvoir entrer dans les conversations crétines, ai-je acquis durant les dernières fêtes, le coffret de la saison deux de « Desperate Housewives ». Mon petit fils m’a dit « si tu ne regardes pas la saison un, tu vas rien comprendre » J’ai donc acheté la saison un et…

Un dimanche solitaire, alors qu’au dehors la pluie s’acharnait sur mes carreaux, que le ciel était particulièrement insolent, j’ai mis le premier CD dans mon lecteur. Seize heures après, la nuit était tombée, il pleuvait toujours et j’étais complètement ankylosée par l'immobilité d'une journée d'écran. Cependant, j'ai passé un agréable moment. Humour, histoires invraisemblables, amours, amitiés, jalousie, suspens, personnages attachants, le tout assez bien ficelé, bien mis en images, que demander de plus ?  Evidemment, ce n'est pas Shakespeare....

 

Evidemment, depuis, j’ai aussi visionné la saison deux. Mais en petits morceaux, épisode après épisode. Plus rationnellement. J'ai pris le temps. Et vous savez quoi ? J’attends impatiemment la sortie de la saison trois.

   Et puis encore, un autre truc extraordinaire : je n’aime pas les mathématiques. Je suis hermétique à la géométrie. Des boutons me poussent sur le visage lorsqu’on essaie de me parler physique, chimie, géologie et tutti quanti. Je ne comprends pas grand-chose ni à l’océanographie, ni au magnétisme terrestre. Alors je me demande pourquoi j’ai acheté un ouvrage au titre évocateur « Les arpenteurs du monde » dont la quatrième de couverture suggérait bien le contenu ? A moins que ce livre ne se soit trouvé par hasard dans ma bibliothèque. Le plus extraordinaire, c’est qu’un soir – ni solitaire, ni pluvieux, ni particulièrement déprimé – j’ai plongé à l’intérieur. Et figurez-vous que le contenu m'a accrochée, retenue, subjuguée. Histoires incroyables. Celle racontée par Daniel Kehlmann, jeune auteur allemand, qui retrace les aventures rocambolesques d’Alexander von Humboldt (1769-1859) célèbre naturaliste et explorateur prussien, créateur de l’écologie, précurseur de l’océanographie et de la climatologie. Ainsi que celles non moins farfelues, même si le personnage est plus indépendant, de Carl Friedrich Gauss (1777-1855), enfant surdoué surnommé le Prince des Mathématiciens, découvreur de la méthode des moindres carrés, auteur d’un traité d’arithmétique, et qui termina sa vie à Göttingem, comme professeur d’astronomie, après avoir étudié le magnétisme terrestre et être un as en la matière. Ils ont arpenté la planète. Dans tous les sens. Ils l'ont mesurée, répertoriée, et nous ont transmis leurs observations. D'abord histoires en parallèle ; puis histoire de leur rencontre tardive, mise en confrontation de leurs différences, de leurs accointances, cet ouvrage n’est pas un livre scientifique, non, pas du tout. Palpitant, plein de verve et de philosophie, magnifiquement écrit, il m’a tenu en haleine durant ses 299 pages. Je vous le recommande.  Et comme en plus, il est sorti chez Actes Sud, c’est un véritable plaisir que de le feuilleter.        
      

 

 

Actualité du 15-03-2008                                      

Actualités

Ça fait bien longtemps que je ne vous ai entretenu sur mes plaisirs solitaires de découvertes littéraires ou expositionnelles…. Pourtant, pourtant, pourtant, j’ai lu durant ces derniers mois. J’ai lu et j’ai arpenté les boulevards, les jardins, les expo. J’ai photographié à tout va (j’ai même cassé l’objectif de mon appareil photo !) J’ai enregistré aussi bien que possible. J’ai répertorié au mieux. Je vous livre quelques aperçus de mes délirances, mes coups de coeur :

D’abord quelques ouvrages, sérieux, moins sérieux, pas sérieux du tout

Trois bouquins qui offrent un vrai régal pour les yeux. Deux promenades en jardins, dans des endroits merveilleux, féériques, étranges, lumineux, symboliques ; sur les textes ciselés d'un sécateur poétique par des jardiniiers du verbe ; et une balade absolument délicieuse commise par Pierre Rival. Séquences nostalgies, photos, recettes, tout est bon dans "Au pied de cochon"

                                      

Deux autres livres, très différents. L’un m’a emmenée dans  un monde à part – vers l’au-delà en quelque sorte – intéressant, fascinant. Un ouvrage que je relirai sûrement, tant est dense le sujet ; et l’autre au bord de cet océan si cher à mon cœur. Les baïnes de l’Aquitaine, voyez-vous, ont bercé mon enfance et parfois, il m’arrive, après tant d’années, d’y retourner la nuit m’y baigner en rêve. L’histoire que raconte Eric Holder n’est pas vraiment captivante, gentillette dirons-nous, mais j’ai senti l’air salé sur mes lèvres, assise dans ce train qui m’emmenait vers Paris pour un week-end de promenades familiales. Une gourmandise d'autrefois avant un dimanche d'aujourd'hui. 

Et puis, bien sûr, ces « Pépites de café » dont je vous ai entretenues dans mon édito et dont je ne peux m’empêcher de vous en livrer, encore, une ou deux, juste pour le plaisir 

Il n’y a pas de dictateur végétarien !

On peut toujours rêver d’un monde meilleur, ça ne coûte rien, ni en hommes, ni en matériel

 

Actualité du 15-02-2008                                      

Actualité

La visite de la fanfare
Film d'Eran Kolirin - avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai...

Si ce film passe dans une salle près de chez vous, n'hésitez pas, courez le voir. Tout en finesse, en subtilité et en humour, il nous conte les mésaventures d'une fanfare Egyptienne égarée dans un petit village Israélien, paumé entre nulle part et n'importe où. Histoire d'amour en pointillés, histoire humaine en filigrane, le décor est somptueux, aérien, suant d'ennui et d'attente. Mais que d'humanisme, que de bonheur au cours de cette rencontre improbable, comme si soudain une musique pudique et silencieuse donnait sa pleine mesure tonitruante. A voir, à voir, à voir...  ne serait-ce que pour la magnifique Ronit Elkabetz, restauratrice au grand coeur qui rêve la vie et donne son amour sans compter.

Et puis encore, visite d'un musée très particulier

Le fer dans tous ses états

Comme un grand navire de métal et de verre ancré au pied du parc de Montaigu le Musée de l’histoire du Fer, ouvert depuis 1966 à Jarville-la-Malgrange (54), offre aux visiteurs de faire connaissance avec le fer à travers les siècles et les continents, en passant par la Lorraine, où les gisements furent classés parmi les plus vastes du monde et exploités jusqu’en 1997. 

Mises en valeur chronologique à l’aide de maquettes, d’objets originaux, d’une documentation iconographique, les techniques de production de fer, de fonte, d’acier s’exposent et montrent l’évolution des moyens, depuis le minerai de fer extrait en 1500 avant Jésus-Christ jusqu’à la révolution industrielle et l’avènement de l’acier. Tout y est montré, démontré, dénombré sur quatre niveaux qui, du sous-sol où l’on retrouve la métallurgie primitive, mènent d’étage en étage par un escalier résonnant à chaque pas,  vers  l’apogée de l’acier dans ce XXè siècle ouvert sur les nouvelles technologies. 

De l’infiniment petit à l’extraordinairement grand

Sont rassemblés là, de l’infiniment petit à l’extraordinairement grand, des outils que ce soit ceux du forgeron de l’Antiquité ou ceux de Gustave Eiffel ; des armes, canon de 75 ou obus ; huilés, polis et en parfait état  des moteurs avec pistons, cardans, des engrenages, des poulies ; des roues impressionnantes prêtes à reprendre du service ; des ancres de marines ; des palans ; des treuils ; des vélocipèdes ; une voiture automobile Renault 1910 rutilante et même « la Boyotte », superbe petite locomotive à voie étroite, modèle 1880, qui était employée à l’intérieur de l’usine de Neuves-Maisons. 

                      

Puis un étage plus haut l’acier dans l’architecture à compter de l’exposition universelle de Londres en 1851. Et pour faire bonne mesure on y rencontre des peintres, dont François Bonhommé dit le Forgeron (1809-1881) qui consacra son art à l’industrie. On y retrouve les pieds de bancs de jardins, décor végétal sortant des fonderies Durenne du Val d’Osne. On y découvre des ingénieurs méconnus, des grands noms de l’industrie et même la ferronnerie de Jean Lamour et les grilles de la Place Stanislas. 

A l’extérieur du musée, sous les auvents une exposition de matériels et de machines témoignent de la sidérurgie du XIXè siècle, martinets, pont-roulant, cubilot, côtoient un tronçon d’escalier d’origine de la Tour Eiffel, construite avec des éléments fabriqués aux usines de Pompey.

Un mécène averti

Edouard Salin (1889-1970), ingénieur métallurgiste, né en Meuse appartient à ces familles de fondeurs qui ont fait la gloire des fonderies d’art du XIXè siècle. Archéologue réputé, membre de l’académie des inscriptions et des Belles Lettres, ses travaux et ses observations ont été déterminant dans la création du centre de recherches de l’histoire de la sidérurgie, édifié grâce à sa générosité sur le domaine de Montaigu, à deux pas du château habité par la famille Salin. Le château contenant des collections de mobiliers et les pièces archéologiques léguées par Edouard Salin, le parc qui l’entoure sur plusieurs hectares et qui vaut à lui seul le déplacement, le centre de recherches, ainsi que le musée appartiennent aujourd’hui à la communauté urbaine du Grand Nancy qui en assure la restauration,  l’entretien. L’ensemble s’inscrit dans les itinéraires du Patrimoine.

Le Musée de l’histoire du fer fait partie du centre de culture scientifique technique et industrielle du fer et de la métallurgie (CCSTIEM) qui comprend également le laboratoire d’archéologie des métaux – restauration des métaux archéologiques et recherches sur la métallurgie ancienne – et un centre de documentation accessible à tous, sur rendez-vous. Le Musée est ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 14 h à 17 h (18 h en été). Samedi, dimanche, jours fériés de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Tél. 03.83.15.27.70.

                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actualité du 15-01-2008                                      

Actualité

Je vous propose, aujourd'hui, un petit tour dans mon département. Un petit tour qui va nous emmener à la lisière des Vosges. Ligne bleue à l'horizon. Suivez moi, je vous sers de guide...

Eblouissant panorama
       
photo d'Yves Blanqui

A bâbord, à tribord de ce vaisseau citadelle dressé sur un escarpement rocheux, comme un océan qui offre le moutonnement de ces rouleaux successifs, le paysage haut marnais déploie  sa perspective de champs, de forêts, de coteaux. Au loin, colline après vallon, vagues vertes, vagues blondes, c’est toute la vallée de la Meuse, le Bassigny, le plateau de Langres, la ligne bleue des Vosges, et même par temps clair le massif du Mont-Blanc que le promeneur découvre à perte de vue.

Plus près, à portée du regard, d’anciens vergers courent au pied des murailles et leurs têtes chenues sont autant de taches colorées disséminées dans la végétation ambiante ; tandis que la pointe du clocher de l’église Saint-Thibault, figure de proue du navire, paraît percer le ciel de sa flèche rapportée. Un jardin mystérieux, à peine caché par une lourde grille, laisse entrevoir sa prairie touffue, d’antiques escaliers menant à un théâtre de verdure imaginaire, l’exubérance insolite d’un noyer qui met en joie la rigueur de cette construction du XIè siècle, remaniée Renaissance, qui servit de remparts frontaliers durant plusieurs centaines d’années.                                              

Se permettre cette escale en panorama est à la fois grandiose, impressionnant, émouvant. Le vent du large y est enivrant.

Mont Oriol (1887) - extrait
     

Quand ils parvinrent au sommet, la jeune femme poussa un cri d’étonnement devant l’immense horizon déployé soudain sous ses yeux. En face d’elle s’étendait une plaine infinie qui donnait aussitôt à l’âme la sensation d’un océan. Elle s’en allait, voilée par une vapeur légère, une vapeur bleue et douce, cette plaine, jusqu’à des monts très lointains, à peine aperçus, à cinquante ou soixante kilomètres, peut-être. Et sous la brume transparente, si fine, qui flottait sur cette vaste étendue de pays, on distinguait des villes, des villages, des bois, les grands carrés jaunes des moissons mûres, les grands carrés verts des herbages, des usines aux longues cheminées rouges et des clochers noirs et pointus bâtis avec les laves des anciens volcans. Guy de Maupassant

Probablement construit au Xè siècle en tant que château-fort frontalier, il devint au XIIIè un symbole d’indépendance face au comte de Champagne et à l’évêque de Langres. Perchée sur le point culminant d’un escarpement rocheux situé sur la rive gauche de la Meuse, la forteresse connut divers remaniements au fil des siècles, mais ne perdit rien de la somptuosité de son décor naturel. 

L’arasement de la plus longue courtine a permis d’aménager une terrasse qui s’épanouie sur la vallée et un panorama exceptionnel. Depuis quelques années les actuels propriétaires autorisent les visiteurs, les touristes à profiter ce cette vue imprenable, en laissant la grille de leur domaine ouverte. Chacun y trouve son eldorado visuel.

  
Clefmont - Haute-Marne

 

 

 

Actualité du 15-12-2007                                      

Actualités

Visitons l'Ermitage
     Je vous invite à ouvrir une fenêtre. A vous introduire dans mon album de souvenirs. A découvrir l'un des plus beaux musées du monde : l'Ermitage. Juste quelques images volées au temps, volées à l'histoire. Juste le parfum d'un passé pas si lointain. Juste une atmosphère particulière. Atmosphère ? J'ai écrit atmosphère... Il neigeait ce jour là sur Saint-Pétersbourg, ville magique, ville tremblante, rugissante, ville aux mille visages, ville rutilante. Au dehors, paysages féériques, au dedans, chaleur et trésors étalés. Magnifique.  

                      
Et pendant ce temps là, la Néva majestueuse, grandiose, charrie l'hiver naissant, tranquille.
                         

Un peu de littérature

Deux ouvrages à vous recommander, deux ouvrages lus avec bonheur, même si, à priori, ils sont très dissemblables. Mais j'ai des goûts livresques variés et même parfois bizarres (tiens, j'ai dit bizarre !) comme cette affection pour tout ce qui touche aux cochons ! Aujourd'hui, il ne s'agit pas de porc, mais de

L'élégance du hérisson : de Muriel Barbery, paru chez Gallimard. J'ai souvent réticence à acheter LE livre dont on parle (sûrement mon côté rebelle ;-)) C'est pourquoi, j'ai tant tardé avant d'acquérir celui-ci. Mais comme l'auteure est amie avec un de mes amis, auteur lui-même, et qu'il m'en parlait à chaque fois que nous nous rencontrions, j'ai succombé et... je n'ai pas regretté. Un peu de mal à y entrer - trop philosophique pour mes petits neurones - mais une fois dedans, quel régal. Ecriture à deux voix, à deux générations, à deux sensibilités. L'exercice est magistralement effectué.

Histoire de Lisey : de Stephen King paru chez Albin Michel. Je ne rate pas une des sorties de King (comme aussi Valdès ou Vargas : à chacun ses petites turpitudes qui peuvent paraître paradoxales avec ce que j'ai écrit plus haut). Chaque fois, je dévore l'énorme pavé en un week-end. Bien sûr, je n'ai pas failli à mes habitudes en ingurgitant les 566 pages de cet ouvrage. Prétexte fantastique autour de l'histoire de Babylove, épouse d'un écrivain célèbre décédé depuis peu, pour décortiquer les sources de la création. J'ai eu l'impression d'avoir, en plus d'une trame toujours pleine de suspens, une sorte d'autobiographie du talentueux écrivain du Maine. Que de progrès dans l'écriture depuis Carrie !

Un site à visiter

Grâce à l'un d'entre vous - et par l'intermédiaire de nos échanges - j'ai exploré un bien joli site que je vous recommande : www.thiphaine-l.com

Joyeux Noël
                                             

                                        

 

à l'année prochaine

 

Actualité du 20-11-2007                                      

Actualité

Plein de choses dans cette actualité. Plein de choses que je vous livre en vrac....
d'abord un p'tit coup de pouce je t'aime un peu, beaucoup
     

Quand les pétales de la mémoire s’envolent, quand le temps s’effeuille doucement, ne reste alors pour l’individu que des flash-backs dispersés. Avec le single « J’y étais pas », sorti en septembre 2007, Cédric Barré, Thierry Cadet et le collectif Les Marguerites initient un vrai mouvement de solidarité, au profit de l’Association France Alzheimer.

C’est parce qu’il venait de perdre sa grand-mère que Cédric Barré, jeune auteur compositeur interprète, Bragard d’adoption, a, pour exorciser le chagrin, écrit cette chanson et mis son titre à son dernier CD, « La Ronde », édité en 2006. C’est parce que le sujet le concernait de près – sa grand-mère venait de mourir, déboussolée, dépendante – que Thierry Cadet, auteur et interprète Parisien, à l’écoute de cette mélodie, a pris contact avec le premier. Ils s’étaient croisés à l’Olympia, lors du concours de la Rose d’Or. Ils cherchaient tous deux un moyen de mener une action concrète de sensibilisation auprès du public afin de faire sauter les tabous qui entourent cette maladie et rendre à l’humain sa dignité. Cette grande aventure en hommage à leur aïeule respective, Marguerite premier prénom de l’une, second prénom de l’autre, les a conduits à se dépasser. Car il a fallu convaincre, trouver des supports financiers, des relais, démontrer qu’en dépit du peu de moyen on peut offrir de la qualité. 

   
à retrouver sur www.lesmarguerites.net

Prenant chacun contact avec des artistes indépendants, des baladins de leurs amis, des gens de coeur, ils réunissent vingt-trois interprètes venant des quatre coins de France afin d’enregistrer, ensemble et bénévolement, un CD et de filmer dans la foulée un clip vidéo.  Le collectif « Les Marguerites » germe ainsi d’une volonté commune. L’Association France Alzheimer devient marraine du projet, son logo figure sur les documents, un site Internet – www.virginmega.fr – permet de télécharger  cette superbe chanson, pleine d’émotion. Les bénéfices seront reversés dans leur totalité à l’association. 

Comme les pétales de la fleur symbolique, les souvenirs des patients atteints de cette maladie  se dispersent. L’écriture du film reprend cette symbolique. En mars 2007, un petit appartement parisien a accueilli les participants pour les prises de vue du clip sous la direction de Fabien Remblier. Clip qui, en noir et blanc, offre des images tout en sobriété rendant le texte encore plus attachant. Mise en abîme d’un endroit qui, comme la mémoire, s’emboîte, se perd, défile, revient, s’éteint. Oublier l’avant. Fêtes familiales, photocopies à l’infinie, portraits qui se superposent,  moments de bonheur d’où l’autre se sent exclu ; « J’y étais pas, non, j’y étais pas. Ou alors je m’en souviens pas ». On ne sort pas intact à l’écoute de ce message d’amour transmis avec beaucoup de générosité. 

Les vœux

En cette année de campagne nationale contre ce fléau qui touche en France plus d’un million de personnes, Les Marguerites espèrent apporter leur contribution à une grande cause. Relayés par les stations de radio, quelques chaînes de télévision, par la presse écrite régionale, ne ménageant ni leur peine, ni leur temps, Cédric et Thierry, aimeraient enregistrer un album, mettre sur pied une série de concerts, même si, actuellement chacun des intervenants reprend le titre dans ses propres tournées. Le plus difficile étant de réunir les vingt-trois chanteurs pour une scène commune. Mais gageons que cette grande aventure ne va pas s’achever là et qu’ils sauront trouver les mots qu’il faut pour émouvoir le public et les décideurs.

Ensuite... une actualité qui nous vient de Suisse

 

Le magazine Terre & Nature - le magazine romand de la vie au vert - a sorti le 8 novembre dernier, un numéro spécial complètement consacré aux cochons. On y trouve, en autres dans la quarantaine de pages du mag, un conte inédit de Gilbert Salem "Gwok, le caïon noir" ; des cochons d'ici et d'ailleurs ; de nombreuses illustrations ; à manger et à se régaler avec des charcutailles et des porcheries appétissantes ; du s... port  et même une rubrique porcino-florale ; un article intéressant sur l'affection porcine de Jean-Claude Dreyfus..... etc.... etc.... et, votre servante en invitée de la semaine.

Grâce à ce magazine, j'ai appris que le 11 novembre, la plupart des cantons romans célébraient la Saint-Martin et faisaient ripaille en l'honneur du roi de la fête, sa majesté le cochon ! Sans doute pouvons-nous rapprocher ces fêtes Suisses de cette coutume Française qui, jusqu'au XIIè siècle, était une espèce de Carnaval avant le carême se prolongeant jusqu'äu 24 décembre. Ne prétendait-on pas à cette époque que  "à la Saint Martin, tue ton cochon fin, et invite ton voisin"  Donc fête d'ici, fête de là-bas, le porcinet est un vecteur de fêtes.

   
A retrouver sur www.terrenature.ch

Cochons par ci ; cochons par là ; cochons d'ici ; cochons d'ailleurs

  
  

et puis, il y a eu en cette période si riche d'activités diverses :

- l'expo cochonne de Vitry-le-François dans la  Marne ;
- la grande fête des cochons à Viéville dans la Haute-Marne ;
- la foire au cochon et le caïon d'Annecy en Haute-Savoie ;
- la dégustation d'un morceau fondant de porc à Saint-Pétersbourg.
 

  

et puis encore, et puis encore.....

Ça se passe au temps mythique, joyeux et paillard, où animal, végétal, et humain se côtoyaient sans anicroche – enfin presque. Comme dans la mythologie, la vraie, celle qui nous a été transmise à travers divers écrits, on retrouve dans ce film un invraisemblable monde, dans lequel un homme-cochon, honni et maltraité par ses contemporains, devient un Dieu par la reconnaissance de ces derniers. Concupiscence, ambition, soumission,  servilité, tous nos vices sont mis en exergue dans ce film de Jean-Jacques Annaud. C’est à la fois une fable drôle, une satire sur le pouvoir et ses dérives, la religion et ses outrances, le sexe et ses turpitudes. C’est original, plein de verve, l’image est – comme toujours avec JJA – magnifique et les acteurs sont absolument parfaits. Ils donnent tous l’impression de s’amuser en nous divertissant. José Garcia en cochon concupiscent grouinant et baisant , Vincent Cassel en Dieu Pan incandescent sautant sur tout ce qui bouge avec un sourire carnassier, et les autres  - Claude Brasseur, Bernard Haller, Rufus, Jean-Luc Bideau….- l’âme noire et l’œil avide. Un bon moment pour ceux qui savent prendre plaisir à l’anti-conformisme. 

Sa Majesté Minor
                                                                          


 

 

 

 

Actualité du 16-10-2007                                      

Actualité

Encore un tour dans ma jolie région d'eau, de forêt, de bocage... Les grues cendrées prennent le large, s'en vont vers le soleil, passent dans le ciel de Champagne. L'occasion pour moi de vous inviter à découvrir un endroit magique. Suivez-moi dans le bocage où le lac du Der étale ses paysages merveilleux.

Tout, tout, tout....
                        

Que vous soyez à voiles, que vous soyez à vapeur ; que vous soyez à pied ou à cheval, à bicyclette, en rollers, en pédalo ; que vous soyez randonneur, que vous soyez lézard de plage, que vous soyez disciple de Saint-Pierre, ou que vous vous laissiez emmener par un petit train aux oiseaux ; que vous soyez sportif ou contemplatif,  observateur à longue vue ou passant qui passe mains dans les poches ; que vous aimiez l’animation ou la tranquillité, le soleil ou l’ombre, cette promenade est pour vous. Avec ses soixante dix-sept kilomètres de berges, ses sentiers et ses pistes, ses forêts charmeuses, auxquels s’ajoutent les quatre milles huit cents hectares du plus grand plan d’eau artificiel d’Europe, on peut considérer que tout est mis en œuvre pour que vous y trouviez votre bonheur.

Aux limites de plusieurs départements, poumon de la Champagne Ardenne, l’endroit attire de plus en plus de vacanciers qui, en toutes saisons, y dénichent de nombreuses attractions. L’été, bien sûr, les plaisirs de l’eau sont omniprésents. A l’automne éclatant les balades prennent des allures de découvertes forestières. L’hiver installé prolonge ses attraits migrateurs jusqu’en mars, avec les images sublimes de l’incroyable chorégraphie des oiseaux qui s’entrecroisent au-dessus d’un paysage interstellaire. Ils descendent du nord par colonies entières et vont vers le soleil, pour s’en remonter dès les prémices de beaux jours, et le fond du lac, mis à nu chaque hiver, présente en cette saison là des ornements aux couleurs indéfinissables, dorés, gazelle, nacrés, grège, rubigineux, gorge-de-pigeon, blondoyant. Véritable arc-en-ciel magique qui, aux premiers frimas, offre sa palette chatoyante. Quant au printemps, il donne à ce miroir aquatique des allures océanes, qui grondent et claquent, moutonnent et s’étalent, se colorent d’émeraude sous le ciel de turquoise, ou d’or dans le soleil couchant.

La mouette rieuse
 

Quand les mouettes rieuses arrivent chez nous à la fin de l’été, les jeunes de l’année sont marqués de brun, l’extrémité de leur queue est barrée de noir, et les adultes ont perdu leur capuchon marron. Mais en toute saison et à tout âge, vous les distinguerez de loin de toute leur parenté, mouettes et goélands, à ce long triangle blanc en avant de l’aile. Car ne vous y trompez pas : quand vous irez au bord de la mer, c’est d’autres espèces que vous pourrez observer : la mouette rieuse niche en colonies dans les marais (surtout dans le nord de l’Europe) mais non pas sur les falaises bretonnes.

Oiseaux de Haute-Marne aux éditions Dominique Gueniot

Eclaron, Braucourt, Sainte-Livière, trois points stratégiques situés en Haute-Marne qui permettent, à la fois de crapahuter dans une forêt profonde, d’y ramasser champignons, fleurs de saison, merises et  noisettes quand celles-ci s’offrent aux promeneurs, comme de faire connaissance avec les plaisirs de la glisse. Ou encore simplement de s’installer pour la baignade, la bronzette, le farniente d’été ou de se mettre en poste quand la saison de la pêche est ouverte. Ou même d’admirer benoîtement le soleil couchant . Tout un programme que ces trois villages, unis dans l’administratif  puisqu’ils ne font qu’un, ne manquent pas de mettre en valeur depuis de nombreuses années.

A la découverte des villes et villages de Haute-Marne
  

En 1974, l’eau submerge des terres et des forêts situées sur les communes d’Eclaron et de Braucourt alors que les deux tiers du lac se trouvent dans la Marne voisine. Le plus grand réservoir d’Europe (350 millions de mètres cubes à son point le plus haut) qui a fait disparaître trois petits villages marnais (Nuisement-aux-Bois, Chantecoq, Champaubert-aux-Bois) et la plus grande partie des terres de Giffaumont, vient d’être terminé après des travaux qui ont duré dix ans. Ses digues, qui dépassent  parfois une hauteur de 20 mètres, sont faites d’argile prise sur place et compactée.

 

   
Martine Guyot-Jean Berton - éditions Dominique Gueniot
                                 
 

 

 

 

 

                                                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actualité du 19-09-2007                                      

Actualité

Mon actualité est fort riche, jardin, littérature, expositions.... je ne sais pas par quel bout commencer...

Littérature CV Roman
      

Avec ce troisième volet d’une trilogie débutée avec « Central » en 2000, Thierry Beinstingel renoue avec la littérature d’entreprise qu’il affectionne tant et dont il s’est fait le porte-parole talentueux. Regard acerbe et tendre, décortiquant la réalité en la saupoudrant de fiction, utilisant différents moyens narratifs, tour à tour Je ou un Autre - l’auteur, conseiller de carrières depuis 2003 dans un service de ressources humaines - met en scène l’existence d’une foule de personnages qui, à travers leur propre CV, sont les véritables conteurs de ces destins croisés. Par approches scénographiques brutes, par envolées poétiques, par touches discrètes comme il en a le secret, imposant ce rythme lent qu’il a, au fil des ouvrages, développé, Thierry Beinstingel fait pénétrer le lecteur dans ces vies laborieuses, parfois brisées, casées, souvent plus riches d’enseignement qu’il n’y paraît. Absurdité d’une société décomposée, recomposée, à la fois déshumanisée et pourtant bienheureuse. 

Mais comment construit-on les 350 pages d’un roman en partant de la brièveté de la page 21X29.7 d’un C.V. ordinaire ? Comme le concède l’auteur : « en écrivant 20 versions différentes au cours de deux années d’écriture. Architecturé autour des quatre rubriques d’un CV (expérience professionnelle, formation, loisirs, situation) qui se succèdent 13 fois, c’est un large roman baroque qui se veut une vision optimiste du monde du travail et, par extension de notre vie actuelle, quotidienne »  Quelques clins d’œil à la Haute-Marne, quelques jeux de mots émanant de ces deux lettres : CV (comme carton vide ou comme courrier en vain), invitent le lecteur, curieux-voyeur, à Continuer, Voguer… (rentrée littéraire Fayard – 350 pages, 20 €)

  
Article paru dans la Croix de la Haute-Marne du 7 septembre 07

En descendant dans mes jardins...
                                              
Parc Gilles de Trèves - Ville-sur-Sault (Meuse)

Le parc merveilleux de cette « demeure des champs » est situé juste à la frontière virtuelle entre la Meuse et la Haute-Marne. Deux départements voisins qui possèdent comme élément commun la Saulx. Elle court ici et s’en vient là. Elle est le lien, le prétexte au plaisir de découvrir un endroit fabuleux à cheval entre la Champagne et la Lorraine.

Utilisant les méandres de la rivière, Gilles de Trèves, humaniste de la Renaissance, lorsqu’il  organisa ce jardin, sut conserver l’aspect primitif de la nature tout en domestiquant celle-ci. Muré jusqu’alors dans un médiéval clos, le parc s’ouvre désormais au regard dans un flamboiement de couleurs et de parfums. Ce sera, dès cette époque, une fête permanente des sens, une réflexion métaphysique de la vision du monde, l’introduction d’essences nouvelles, la mise en espace harmonieuse d’un cadre prestigieux où le temps semble suspendu.

Au fil des siècles, les différents propriétaires auront à cœur de perpétuer la tradition, d’apporter à l’ensemble,  prudemment, des plantes originales pour laisser ouvertes la porte de la connaissance. Cet endroit merveilleux est à humer au printemps quand les seringats enivrent ; à respirer l’été quand les pivoines étalent leurs couleurs mirifiques ; à  soupirer l’automne quand éclatent les feux, les ocres et les roux.

               

La pivoine, ou Paeonia a reçu son nom de Peon, médecin des dieux grecs. Il aurait guéri la maladie d’Hadès, dieu des Enfers, avec des infusions de graines de pivoines.

La pivoine est l’une des fleurs préférées des Chinois et des Japonais qui excellent dans sa culture.

                                

C’est vers 1550 que Gilles de Trèves, un des personnages ecclésiastiques le plus important de la région et, depuis 1537, doyen de la collégiale Saint-Max de Bar-le-Duc, entreprend la construction de sa « demeure des champs » qu’il conçoit, comme le veut la mode de l’époque, à l’extérieur de la ville afin d’y trouver un peu de respiration. Il a pour imagier Ligier-Richier. 

Bâtie en pierre blonde de la Vallée de la Saulx, cette gentilhommière répond aux critères architecturaux idéaux du moment : le quadrilatère. Dans le soleil levant, ou dans celui couchant, la lumière opalise les façades dont les fenêtres à meneaux et échauguettes se fondent dans une symétrie harmonieusement composée. Le parc est à la mesure de ce joyau, largement ouvert sur l’immensité du ciel. 

A la mort de Gilles de Trèves, survenue en février 1582, Marie, sœur de ce dernier, hérite de la propriété qui restera dans la même famille jusqu’en 1893, époque à laquelle la famille Claudel en fait l’acquisition. Paul Claudel y fera de fréquents séjours et, c’est à l’ombre du Tulipier de Virginie, qu’il écrira « Le partage de midi ». Depuis 1970 la famille Misler a acquis le domaine. 

Dès l’origine l’art des jardins accompagne l’architecture et, actuellement, c’est plus de six cents espèces ligneuses qui composent le parc ; une collection de seringas unique en France, labellisée « Collection nationale » ; une collection de pivoines regroupant plus de cent variétés anciennes. En cet automne naissant, ne manquez pas d'y faire un tour si vous passez par là. Vous serez ébloui.

 

Actualité du 12-07-2007                                      

Actualité

Je vous ai déjà fait découvrir de petits morceaux de ma région disséminés à travers quelques uns de mes articles. Aujourd'hui je vous invite à descendre dans mes jardins. C'est de saison n'est ce pas. Alors, suivez-moi....

Un chateau dans un jardin ?
                                                 
Un jardin dans le chateau ?

 Gage d’amour et de fidélité

   

La légende raconte que Claude de Lorraine, duc de Guise, aurait fait construire le château d’Enbas, entre 1542 et 1546, afin de l’offrir en gage d’amour et de fidélité à son épouse Antoinette de Bourbon. Posée en un paradis verdoyant, cette maison des champs se voulait maison d’apparat, de fêtes, de plaisirs, demeure de représentation en ce siècle de Renaissance où il est de bon ton de montrer sa richesse à travers ses propriétés et leurs jardins.

   On n’impose plus sa puissance par les armes comme au Moyen-Âge, mais par l’esprit et la culture universelle.  L’honnête homme se veut naturaliste, ouvert sur le monde, brillant littérateur, philosophe et fin observateur. Il introduit dans ses parcs les essences rares rapportées du Nouveau Monde, et réalise une œuvre d’art au détour de ses bosquets.                                                

Les vertes rives, chevelues et humides, de ce fleuve étaient ornées de narcisses fleuris, du bulbe comestible ou cepaea marine, plantes aquatiques. On y trouvait aussi la jacinthe, le muguet, le glaïeul sur pied, tant celui des champs que celui d’Illyrie. Là foisonnaient le populage, la prêle ou queue de lion et le liondent, une quantité infinie de violettes de Tusculum, de violettes de mer, de violettes calathianes, de violettes d’automne, la tanaisie ou plante à odeur de punaise ou trachy, ainsi que d’autres  très nobles plantes qui croissent sur le bord des rivières. Là se trouvaient en grand nombre des oiseaux vivant sur les rives. C’était l’alcyon au plumage bleu, accompagné d’autres oiselets des plus rares, qui hantent le bord des fleuves ; c’étaient des cygnes chantant comme ils le font, à leur dernière heure, sur les flots du Méandre. 

Le long des rives susdites, d’un côté comme de l’autre, étaient rangés symétriquement des orangers, des citronniers, des cédratiers qui, du tronc au sommet, mesuraient trois pas.

Francesco Colonna - Le songe de Poliphile

       

Œuvres contemporaines mêlées aux sculptures végétales, puzzles colorés défiant le temps qui passe, dédales odorants, entrelacs chatoyants, écho musical rebondissant des salles du château jusqu’au berceau auquel la treille de la vigne s’accroche. Verger à l’honneur, arbres fruitiers étalés, ramassés, rassemblés, alignés, en espaliers, en fuseaux, en pots, éclatant au printemps, s’épanouissant l’été, donnant ses trésors d’automne, et s’endormant noueux à la saison des frimas. Jardin romantique aux arbres pleurant d’amour, sous la ramure desquels dans la brume glacée d’un après-midi de novembre, la promenade s’émerveille.  

  

C’estoit un jardin le plus beau et le plus accompli qu’on pouvoit souhaiter,soit pour le complainct d’arbres fruitiers, à pépin ou à noyau, comme de pommes, poires, guignes, cerises,griottes, oranges, figues, grenades, pesches, avant-pesches, presses, persiques, parvis, perdigoines, raisins muscats, prunes de Damas noires, blanches, rouges : bref de tous les meilleurs fruits et plus exquis qu’on sçauroit  recouvrer  en notre France, aux saisons ordonnées par la providence de ce grand Dieu, soit pour la beauté du parterre arrousé de trois fontainettes d’eau vive qui sourd des flancs de ce rocher, et qui fait un canal de largeur d’une toise et demie, passant au travers de ce jardin, enrichi de compartiments, entrelacs, bordures chiffres, armoiries, allées, clostures, cabinets, labyrinthes, berceaux, arcades, et de tous autres enrichissements que l’œil pouvoit souhaiter.

Remi Belleau - La Bergerie (édition de 1572)

Ecrit par l’illustre poète de la Pléiade qui, au service des Guise, passa trois ans à Joinville. Sa description des jardins a servi de guide lors de la restauration de ceux-ci en 1993. 

      
  

S’il n’a pas été possible de reconstituer les jardins à l’identique, faute d’une documentation suffisante, le projet s’est cependant inspiré des dessins de Boyceau de la Barauderie, du recueil de gravures d’Androuet du Cerceau et des écrits d’Olivier de Serre, ainsi bien sûr que de la description de Rémi Belleau.

Dans le jardin des plaisirs ce sont, enserrant le château dans des entrelacs de buis et de santoline, des parterres à compartiments qui tracent un puzzle coloré renouvelé au fil des  saisons, 

                                                     

    un labyrinthe, dédale de buis, un carré médicinal et ses plantes aromatiques, un carré bouquetier aux fleurs anciennes, un verger qui abrite soixante-dix variétés d’arbres fruitiers, un cabinet de verdure à l’enchevêtrement odorant de roses et de chèvrefeuille, un berceau tout de vigne encadré, un parc romantique composé de sentiers ondulants, de massifs en îlots et d’essences rares, de fontes d’art disséminées au détour des bosquets, ainsi qu’une sculpture contemporaine offerte par l’artiste japonais Toshiaki Tsukui qui épouse parfaitement la nature ambiante.
Château du Grand –Jardin

 52300 Joinville

 

 

 

 


 

 

Actualité du 12-06-2007                                      

Actualités

Et au milieu coule le canal
   Département béni des dieux, la Haute-Marne est un pays d’eau, pas moins de 500 rivières et ruisseaux, l’Aube, la Marne, la Meuse, la Seine, y prennent leur source. Il manquait cependant un lien, une voie navigable, entre le nord et le sud. C’est pourquoi, dès 1720, l’idée d’un canal reliant la Marne à la Saône germe dans l’esprit des manufacturiers de l’époque.             

Impératif économique indispensable à l’industrie du fer et aux transports inhérents à son modernisme, ce projet met plus d’un siècle à aboutir puisque la première étude, soutenue par les maîtres de forge, est soumise à l’approbation des décideurs en 1781. Elle donne lieu à querelles politiques ; elle  est alors blackboulée sans autre forme de procès. Ce qui permet à Emile Jolibois d’écrire au milieu du XIXè siècle, dans son dictionnaire de la Haute-Marne ancienne et moderne « il n’y a dans la Haute-Marne ni canal, ni cours d’eau navigable…. Il serait du plus grand intérêt pour nos usines que la Marne fut mise par des canaux en communication avec les bassins du nord » D’autres projets voient le jour au fil des décennies avant qu’enfin la plus grande voie navigable de France, offrant de rapprocher Dunkerque et Marseille, soit mise en chantier. La signature du décret impérial du 17 juillet 1861 ordonnant son exécution est l’occasion pour les Bragards de faire la fête.                                                    

   
Entre Champagne et Bourgogne

Les travaux se font par étapes. D’abord un tronçon de 70 kilomètres entre la Marne, au sud de Vitry-le-François et Donjeux qui est inauguré en 1870. Il dessert les fonderies des vallées, pour lesquelles est construit également un canal entre Saint-Dizier et Wassy. Ce dernier, long de 22 kilomètres, connaît alors un trafic important de chalands et péniches de fort tonnage jusqu’à la disparition progressive des hauts-fourneaux. Puis le second tronçon – le plus coûteux puisque de nombreux ouvrages sont nécessaires à sa bonne fin, notamment le bief de partage de Balesmes long de 10 kilomètres, dont presque 5 kilomètres de tunnel -  démarre ses travaux en 1880. Quinze années de dur labeur confié à des centaines d’ouvriers, terrassiers, artificiers, carriers, forgerons, maçons pour qu’enfin un bateau à vapeur puisse rallier Heuilly-Cotton, au sud de Langres où s’arrête provisoirement l’entreprise. En 1895, plus de 5 000 bateaux empruntent cette voie. 

Il faut cependant attendre 1907 pour que soit inauguré le canal dans toute sa longueur. Il traverse ainsi la Haute-Marne du nord au sud. Avec ses 225 kilomètres, ses 114 écluses, il relie la Marne depuis Vitry-le-François à la Saône à Pontailler-sur-Saône. Il est le témoin d’une activité considérable, avec ses ports d’embarquement où se pressent moult péniches, charroies et hommes de peine ; ses lavoirs disséminés le long ; ses chemins de halage où les chevaux assurent la traction de celles-ci, relayés plus tard par des tracteurs, avant que d’être équipées encore plus tard par des moteurs diesel intérieur. Avec également ses écluses à sas – invention de Léonard de Vinci – qui sont encore aujourd’hui un spectacle pour le flâneur même si la manœuvre des vannes et des portes n’est plus activée par les bras de l’éclusier. 

Car si le trafic commercial a beaucoup évolué, avec seulement 500 péniches par an transportant essentiellement du sable et des céréales, le canal est devenu un atout touristique non négligeable. Il n’est pas rare, dès les beaux jours venus, de voir à quai, pour une nuit ou pour quelques jours, des bateaux battant pavillon de pays européens – voire même des Etats-Unis. Quant aux chemins de halage, aménagés désormais pour le plaisir, ils se sont mutés en chemins de traverse destinés    aux promeneurs et pêcheurs bucoliques.

                             
article signé GML, paru dans le magazine du Conseil Général printemps 2007
 

 

 

Actualité du 13-05-2007                                      

Actualités

Thierry Beinstingel, écrivain catalogué

   

Thierry Beinstingel serait-il en passe de devenir le spécialiste des catalogues et albums ? Si un catalogue récupéré dans une usine fut le ferment de son ouvrage « Composants », paru en 2002 aux éditions Fayard ; avec « 1937 Paris-Guernica » sorti aujourd’hui chez Maren Sell Editions, c’est l’exploration du catalogue officiel de « Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la vie moderne » qui sert de prétexte au roman. Mais tout comme dans ces précédentes œuvres, le fourmillement du monde ouvrier, l’absurdité d’une société en perpétuelle transmutation, la décomposition d’une époque, sont magistralement mis en exergue. Le rythme rapide de l’écriture imposé par cette folie – bâtir très rapidement une ville entière – emporte le lecteur dans un véritable tourbillon. Cependant le goût du détail, si cher à l’auteur, se retrouve page après page 

Les personnages, anonymes ou connus, imaginaires ou réels, se croisent, vont et viennent, s’ignorent, s’interrogent, l’espace d’une saison. Les chantiers de l’exposition de 1937 ont pris beaucoup de retard, en partie à cause des grèves de 1936, mais également à cause des inondations qui ont submergé la capitale au printemps. La construction de ces bâtiments éphémères se fait en hâte. Béton, verre, acier jettent aux cieux leur immensité provocante. Les travaux continuent d’aller bon train, bien après l’inauguration du premier pavillon. Le photographe qui « réalise pour la première fois, un reportage de photographies « instantanées », en couleurs naturelles et reproduites en quadrichromie » doit instrumenter au milieu de la foule des ouvriers, puis des promeneurs. Pas de temps de pause. Il pose son grand trépied et hop ! saisit le moment. L’imprimeur imprime dans la fièvre les milliers d’exemplaires qui seront vendus aux curieux.

Guernica, noir et blanc
Et puis il y a, en contrepoint – comme écrit l’auteur – le regard photographique, en noir et blanc, de Dora Maar qui fixe sur la pellicule, au jour le jour, image après image, le travail du Maître. Muse, égérie, maîtresse de ce dernier, elle assiste au travail de celui-ci. Dans l’appartement du quai des Grands-Augustins, Picasso édifie, dans la fièvre également, en quelques semaines, une de ses œuvres magistrales, commandée par les républicains pour s’accrocher aux cimaises du pavillon espagnol. Pavillon qui, curieusement, ne figure pas dans le catalogue officiel. Oubli volontaire ? Involontaire ? Manque de temps ? Veut-on ignorer l’horreur ? « Guernica », l’immense tableau aux tonalités angoissées, dérange, scande la barbarie en marche. 

 

Mais, comme l’a souligné Thierry Beinstingel, alors que le public le rejoignait à la Librairie Larcelet pour une soirée d’échanges «  70 ans après, que reste-t-il de ce catalogue ? Quelle leçon a-t-on tirée de cette époque ? » Et chacun de feuilleter le fameux catalogue, images populistes aux couleurs surréalistes. Et chacun d’écouter les anecdotes de cet auteur qui avoue voyager dès qu’il ouvre un album ou un catalogue.

Article signé G.M.-L., paru dans l'hebdomadaire La Croix de la Haute-Marne le 20 avril 2007

 

Actualité du 12-04-2007                                      

Actualités

Quand la Cochonne voit la vie en Roses

Un article signé Dany Robert

Celle qui se nomme elle-même la Cochonne, GML, Vient de sortir un nouveau livre plein d'amour, de poésie et d'érotisme, intitulé "Ma vie en roses". C'est une sorte de carnet de voyages, de vagabondages intérieurs, de promenades en fantasmes, de ballades d'amour et d'humour. Avec des images dépaysantes et des textes fantaisistes.

Dans la même veine que le site Internet de l'auteure (www.cochonnet.org), ce recueil de poésie enchantera et fera passer un moment agréable, drôle et divertissant au lecteur ; ce qui est visiblement le but recherché. L'auteure passe ainsi de la nostalgie - avec le poème "L'Eternité" - à l'émotion - comme avec "Ma vie en roses" - à l'humour - avec "L'imper" - tout en collant à l'actualité : GML écrit sur les rencontres virtuelles faites sur la toile par exemple et frôle toujours du doigt, ou plutôt du groin, l'érotisme latent et charmant qu'elle aime faire ressortir. Elle parle aussi des fleurs, pousse des coups de gueule, aborde la question de l'environnement et parle, évidemment des cochons. "Les puristes, bien sûr, vont trouver que c'est un drôle de mélange. Mais la vie n'est-elle pas un mélange perpétuel ? Et puis j'aime bien surprendre" confie-t-elle

 
   

J'adore jouer avec les mots
GML a toujours écrit, c'est comme elle dit "ma respiration, mon évasion, mes voyages interplanétaires. Sans écriture, je meurs" Mais c'est seulement en 1992, date de son premier livre écrit en collaboration avec son fils Olivier, qu'elle édite un recueil de nouvelles fantastiques. Sa bibliographie s'enrichit très vite, entre les ouvrages historiques, les recueils de poésie, les pièces de théâtre, les nouvelles, sans oublier bien sûr les articles de presse, puisqu'elle a écrit pendant de nombreuses années dans ces colonnes, ainsi que dans d'autres journaux locaux.

Certains lui demandent d'où lui vient son amour des cochons : "là encore, c'est une sorte de défi. En 2003-2004, j'avais envie de construire un site Internet. Et dans le même temps le mot cochon m'amusait. C'est un mot très ambivalent. J'adore jouer avec les mots. Je suis vraiment une exploreuse de mots, comme je suis une voleuse d'images. J'ai donc travaillé le sujet, approfondi et j'ai mis en ligne mon site rigolo. C'est un moyen comme un autre de partager des émotions, de m'adonner à mon vice préféré : la littérature"

La Cochonne a bien sûr des projets sur le feu, comme "Les Globos sont fatigués", pour le moment une loufoquerie inclassable qu'elle a distillée sur son site à raison d'un épisode par mois. Il y a aussi un roman sur la vieillesse, la fuite de la mémoire et la mort. En attendant ses prochains ouvrages, "Ma vie en roses" est disponible chez tous les libraires ou à commander sur le site de l'auteure.

Paru dans le supplément Magazine du JHM du 11 mars 2007

 

 

Actualité du 07-02-2007                                      

Actualités

L'année du Cochon
                                                                                                

cochons joyeux

 

Le zodiaque chinois compte douze signes, représentés chacun  par un animal. Comment ces douze charmantes bestioles ont-elles traversé le temps pour parvenir jusqu’à nous ? Nous l’ignorons. Seule une légende perpétue cette tradition. Elle n’a valeur que de légende, bien sûr. Je vous la livre telle qu’on la trouve dans la plupart des ouvrages d’astrologie chinoise.

Plus de cinq siècles avant Jésus-Christ, Bouddha avait invité tous les animaux de son royaume à se présenter devant lui afin de les informer de son accession à l’Eveil et leur attribuer une récompense. Pour des raisons mystérieuses, seuls douze d’entre eux répondirent à cette invitation. Le Rat arriva le premier, avec à sa suite le Bœuf, le Tigre, le Lièvre, le Dragon, le Serpent, le Cheval, la Chèvre, le Singe, le Chien et enfin le Cochon. Pour les remercier, Bouddah associa le nom de chacun d’eux à une année et fit en sorte que les humains héritent de certaines caractéristiques de la personnalité de l’animal correspondant à leur année de naissance. A ces douze signes zodiacaux, se greffent les cinq éléments majeurs de la cosmogonie qui renforcent ou tempèrent leurs caractéristiques. Il s’agit du Bois, du Feu, de la Terre, du Métal, de l’Eau.

 Cependant, pour être un peu plus pragmatique, il faut souligner que les premiers vestiges concrets de la pratique astrologique chinoise remontent au second millénaire avant notre ère. Donc, bien avant l’avènement du bouddhisme. Il s’agit de signes gravés sur des omoplates de mouton, de bœuf, de porc, et exprimant des prédictions fondées sur les cycles de la nature. On trouve également mention de l’astrologie chinoise dans un certain nombre de textes qui sont considérés comme classiques, tel par exemple le Yi Jin, ou livre des Oracles datant de 1100 avant Jésus-Christ.

                               
cochons affectueux

 Nous entrons dans l’année du Cochon
Du 18 février 2007 au 6 février 2008, nous serons dans l’année du Cochon. Année de prospérité, d’autant plus importante qu’il paraît que nous serons dans l’année du « Cochon doré » qui ne se présente que tous les 600 ans, si l’on en croit les diseurs de bonne aventure. Nous aurons donc – toujours d’après les mêmes – une année emplie d’exploits de toute sorte ; une année de changements notables ; une année d’humanisme. Elle nous offrira – paraît-il – de pouvoir enfin travailler ensemble pour la Paix mondiale. Acceptons-en l’augure sans sourciller.

 Le Cochon (ou Porc, ou Sanglier) est né sous le signe de l’honnêteté. On le reconnaît à sa gentillesse, à sa compassion, mais également à ses prodigieux talents de conciliateur. Car, comme rien ne lui déplait davantage que la discorde et les frictions, il s’emploie sans relâche à dissiper les malentendus et à trouver les terrains d’entente qui peuvent rétablir l’harmonie. Son sens de l’humour est notoire et c’est un bon vivant.

Le Cochon de Métal (né en 1911 et en 1971) se démarque par ses ambitions et la résolution dont il sait faire preuve. Solidement constitué, plein d’énergie, il se consacre à une foule d’activités. Chaleureux et sociable, il est entouré de nombreux amis. Le Cochon d’Eau (1923 et 1983) possède un grand cœur. Il est généreux, loyal et veille à rester en bons termes avec tous. Il apprécie particulièrement les activités de plein air, les soirées entre amis et les événements mondains. C’est également un habile communicateur. Le Cochon de Bois (1935 et 1995) est amical et persuasif. Il aime s’impliquer dans une foule de choses qui passent à sa portée et accepte parfois un trop grand nombre de responsabilités. D’une loyauté exemplaire envers sa famille et ses amis, il éprouve également satisfaction à aider moins fortuné que lui. Le Cochon de Feu (1947) a un goût marqué pour l’aventure et dispose d’inépuisables réserves d’énergie. Cependant, sa fougue l’emporte quelquefois alors qu’un peu de prudence serait salutaire. Il jouit souvent d’une bonne étoile et sa générosité est légendaire. Le Cochon de Terre (1959) est doué d’une nature bienveillante. Plein de bon sens et de réalisme, il ne ménage pas ses efforts pour donner corps à ses ambitions. C’est un organisateur né et un habile homme d’affaires. Son sens de l’humour et sa bonne humeur lui attirent de nombreux amis.

 
        
cochons épistolaires

A noter que la prochaine année du Cochon viendra vers nous du 05 février 2019 au 24 janvier 2020. Pour retrouver l’année du Cochon et des prévisions plus étendues, je vous invite à lire « Horoscope chinois 2007 » de Neil Sommerville aux Editions de l’Homme, d’où j’ai tiré ces quelques extraits.

                                                      
cochons tchin... tchin....
 Et mille et un mercis, pour leurs envois, leurs pensées, leurs cadeaux, leurs signes à Alexandra, Catherine, Claude,  Françoise, Hélène, Martine B., Martine J., Pascale, Christian, Jacques C., Jean, Jérôme, Salvatore, Sébastien, Thierry, Yves.... et les autres, évidemment.

 

Actualité du 07-01-2007                                      

Actualités

Ah ! que Marianne était jolie.....
      

Etait-elle brune ? Etait-elle blonde ? Grande ou petite ? Nul ne saurait dire, car la femme, choisie comme allégorie de la Liberté et de la République et dont le buste, tant de fois célébré par des artistes de tout temps, est passé à la postérité, demeure une inconnue.

Marie et Anne étaient des prénoms très répandus parmi les femmes du peuple au XVIIIème siècle, et lorsque éclate la révolution française, cette Marianne symbolise aux yeux des révolutionnaires la Mère Patrie, donc le peuple ; alors que pour les contre-révolutionnaires qui jugent ce prénom péjoratif, elle devient motif de raillerie. La trace de la première femme à bonnet phrygien apparaît en 1792, dans une chanson en occitan composée par Guillaume Lavabre, poète du Languedoc, intitulée la garisou de Marianno (la guérison de Marianne) et le décret que prend la Convention le 23 septembre 1792  officialise « la Liberté, jeune femme à robe courte, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien, ou bonnet de la liberté, avec à ses pieds un gouvernail » qui devient ainsi le sceau de l’Etat. Le bonnet phrygien était à l’origine porté par les esclaves affranchis de la Grèce et de la Rome ancienne. Les marins et les galériens de la Méditerranée, révolutionnaires montant à Paris, étaient également coiffés d’un bonnet à l’identique qui deviendra la coiffe notoire des sans-culottes. 

 

   

Et si toutes les mairies de France en possèdent une, variant d’une commune à l’autre, parfois chapeautée d’une couronne, une étoile, des épis de blé remplaçant le fameux bonnet, quelquefois guerrière, d’autres fois plus maternelle avec la poitrine opulente, parfois pudique le sein couvert, d’autres fois luxurieuse, ce n’est pourtant qu’après 1877 que le buste de Marianne, évinçant celui de Napoléon III, y fait une entrée remarquée. Aujourd’hui ayant survécu à cinq Républiques et à bien des aventures, elle a investi, non seulement les mairies, mais aussi les écoles ; cinq cents places publiques en sont ornées ; des sculptures, des  tableaux, des caricatures, des médailles, des pièces de monnaie, des figurines, mais également des timbres reprennent ce visage éternellement jeune et calme. La « doyenne » dressée en plein air se trouve à Marseillan dans l’Hérault et peut-être la plus célèbre, la Marianne sur les barricades fut peinte par Eugène Delacroix. Brigitte Bardot, la première vedette people à prêter en 1969 son image à cette représentation, sera suivie par Mireille Mathieu, Catherine Deneuve et Laetitia Casta. La Marianne institutionnelle est devenue parabole médiatique.

Ne voyez dans cet article aucune connotation politique. Même si nous sommes dans une année d'élections, mais plutôt un hommage rendu aux femmes.

 

Actualité du 13-12-2006                                      

Le coin des orateurs ouvert à tous

     

Au cœur même de la fureur urbaine, les parcs londoniens offrent leurs 300 hectares de verdure, de promenades, de loisirs et parfois de « loufoqueries ». Situé dans le coin nord-est de Hyde parc, à deux pas de Marble Arch, le célèbre Speaker’s Corner permet à tous et à chacun d’haranguer la foule.

Immunité garantie pour les orateurs, à condition bien sûr que leurs paroles ne soient « ni obscènes, ni diffamatoires », et surtout, surtout, qu’elles ne soient pas insulte à la famille royale. On peut donc, chaque dimanche et seulement le dimanche, y traiter de n’importe quel sujet, exposer ses idées, lancer au quatre vents des diatribes,  interpeller le passant qui passe, entamer le dialogue. Politique surtout, religion, protection de l’environnement ou devoir de mémoire se croisent, s’entremêlent dans une cacophonie parfois grotesque, souvent exaltante, quelquefois amusante, suivis par un auditoire de curieux surpris, de touristes appareil photo en action, de promeneurs, et encadrés, au loin, par des bobbies attentifs à la sécurité.

Et si l’endroit n’est pas, à priori, le centre de la vie culturelle londonienne, il n’en reste pas  moins que la liberté d’expression s’y développe avec intensité, une certaine créativité et une belle dose d’humour tout britannique ; car bien sûr il est indispensable de maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare pour captiver l’auditoire. On prétend même que c’est ici que Lénine a fait ses classes de rhétorique anglophobe et certains leaders politiques des anciennes colonies anglaises ne cachent pas que le lieu est une sorte de grand chaudron dans lequel se brassent les idées.

  

 Tradition oblige

Si, à l’origine, Hyde parc servit de terrain de chasse au roi Henri VIII qui l’avait confisqué à la communauté religieuse catholique, puis de jardin public aménagé à compter de 1635, c’est en 1855 que se réunirent pour la première fois dans cette partie du plus populaire et du plus fréquenté des parcs, cent cinquante mille personnes bien décidées à protester contre le « Sunday trading bill » de Lord Robert Grosvenor, un décret qui autorisait le commerce le dimanche. Ce regroupement étant illégal, la police intervint en tentant d’appréhender l’un des principaux orateurs. Ce dernier leur échappa.

 Puis en 1872, à la suite d’autres manifestations du même ordre, dans lesquelles les orateurs prenaient la parole, grimpés sur des caisses, des tabourets, des marchepieds, puisqu’on leur interdisait le sol anglais, un droit de parole fut autorisé pour tous. Depuis la fréquentation du Speaker’s Corner ne se dément pas et toute personne désireuse de faire connaître son opinion peut y invectiver la foule, sans que le pouvoir royal songe un seul instant à museler les opportuns. Nous sommes, comme le soulignait Alain Peyrefitte dans son ouvrage « Le mal français », dans une société de confiance.

Quoique, aujourd'hui, après les attentats qu'ont subis les britaniques, le Speaker's Corner est un petit peu moins libre.

     

 

Actualité du 07-11-2006                                      

J'aimerais vous faire partager mes passions

LES MYSTIFICATIONS DE SEBASTIEN CHAMPION

L’exposition qui se tient actuellement à l’Espace Saint-Louis de Bar-le-Duc (55) nous invite à entrer dans le monde du supposé. Monde labyrinthique qui nous entraîne dans une société imaginaire ritualisée, composée de pavés mosaïques, de murailles, de miroirs, de perspectives à l’infinie.
       

 

A travers le journal et le carnet de voyage  d’Ester Moïdé, archéologue allemand du début du XXème siècle, nous découvrons « Le Mystéïon, parcours initiatique de l’Antiquité à demain ». S’appuyant sur un papyrus prétendument retrouvé dans une villa d’Herculanum et attribué à Cyril d’Alexandrie, les 80 fragments de l’œuvre présentée sont un véritable jeu de piste, humoristique, symbolique, mais ô combien interrogatif. Interrogation personnelle sur le monde tel qu’aujourd’hui. Réalité, extrapolation ? Chacun y trouve son Amérique, sa part de rêve, sa fabuleuse identité. Mais le propre d’une œuvre n’est-elle pas, justement, de faire pénétrer le spectateur dansl’illusoire ?   

                                                                  

   

Mobilier singulier, morceaux d’étoffe, objets rituels, hymnes à Amon, documents « d’époque », mosaïque, étoles liturgiques, parchemins parcheminés, maquette, plus vraie que nature, de l’enceinte d’Amon montrée lors d’une exposition qui s’est tenue en 1913, il y a même une carte du Trésor, comme dans tout jeu mystificateur. Mystification « inventée de toute pièce par un faussaire dont l’identité même est impossible à cerner » - nous dit l’auteur – « Le cycle du Mystéïon recoupe un ensemble d’œuvres réalisées entre 2002 et 2005 autour d’un concept évolutif : constituer une collection d’objets et de peintures permettant au visiteur de mieux appréhender la réalité d’un site archéologique exploré au XIX ème siècle et disparu depuis. »

        

 Passionné d’architecture, investigateur de l’âme humaine, artiste aux multiples talents, Sébastien Champion est né à Reims en 1972, professeur d’arts plastiques à Bar-le-Duc, il aime à épater, à provoquer, à interroger. Et le public se prend au jeu, dans la plus parfaite jubilation. Avec délectation, il s’introduit dans ce monde fascinant, si méticuleusement reproduit. Le livre d’or ouvert à l’entrée de l’exposition est le reflet de cet engouement « j’ai apprécié la diversité des supports, l’imagination débordante qui s’appuie sur des faits historiques. Tu nous fais entrer dans un univers mystérieux. C’est délicieux. » écrit notamment une admiratrice. Cette surprenante exposition s'est tenue à l’Espace Saint-Louis, rue François de Guise à Bar-le-Duc. De nombreux visiteurs ont eu la chance de s'y arrêter un instant.

 

 

Actualité du 12-10-2006                                      

encore un anniversaire

 

Il venait d’une autre planète
               

Avec ses 80 millions d’exemplaires vendus de par le monde et ses 150 traductions, le Petit Prince fête cette année ses 60 ans de carrière. Conte pour enfants, parabole pour adultes ?  Ou tout simplement poésie d’un écrivain qui poursuit une enfance merveilleuse.

Il est vrai que jusqu’à la parution de cet ouvrage l’œuvre d’Antoine de Saint Exupéry, aviateur, reporter, homme de lettres, était plutôt ancrée dans le roman documentaire d’actions et d’héroïsme. Le symbolisme un peu naïf de l’ouvrage agace un certain nombre de critiques littéraires. Alors que pour d’autres, au contraire, c’est une leçon d’humanité à travers la fugue de cet enfant blond, solitaire, tombé d’une étoile, que Saint Ex a porté longtemps en lui. Il est le fruit d’une longue gestation, sans doute alimentée par la propre enfance rêveuse de l’auteur qui, même s’il fût orphelin de père très jeune – il a quatre ans lorsque son père décède - n’en a pas moins été entouré, choyé, bercé par une éducation assez libre, artistique et bucolique que Marie de Fonscolombe, épouse du vicomte Jean de Saint Exupéry, a donnée à ses cinq enfants. A l’époque, Antoine rêvait déjà de s’élever dans le ciel. Il deviendra pilote, n’aura pour seul enfant que le héros de cette histoire fabuleuse et sa disparition, en juillet 1944, restera très longtemps un mystère. L’histoire de l’homme est presque aussi légendaire que celle du petit bonhomme de l’astéroïde B 612.

 

                                                                                   
   

Double naissance

En vérité la naissance de ce « Petit Prince » se situe plutôt dans le courant de l’année 1942, alors que le pilote de l’aéropostale est en exil à New-York. Fidèle à sa manie de griffonner sur n’importe quoi, Saint Ex dessine sur la nappe du restaurant où il déjeune avec son éditeur américain. Ce dernier intéressé par le personnage blondinet, affublé d’une longue écharpe flottant au vent, demande à l’écrivain un livre pour enfant à sortir pour les fêtes du Noël suivant. La commande est passée et le conte pour enfant, écrit et illustré par l’auteur, paraît en avril 1943. L’éditeur imprime une version anglaise et une version française. Il faudra plusieurs années à l’histoire pour franchir l’Atlantique et la parution en France, se fera chez Gallimard à titre posthume, en avril 1946, puisque le pilote de guerre a disparu au cours d’une mission de reconnaissance en Méditerranée.

 

Cependant, il est probable que l’enfant au cœur tendre qu’une rose capricieuse fait saigner, que le héros de ce livre, renferme une grande part des souvenirs d’enfance ou de voyages de Saint Exupéry, une part non négligeable d’instants d’intense solitude, comme lors de cet  accident qui le retient en 1927 une nuit entière en plein désert entre Dakar et Casablanca ; et probablement une foule de personnages rencontrés au long de sa vie aventureuse. Personnages qu’il caricature, les entoure de mystère et de symboles : l’allumeur de réverbères, le géographe qui n’est pas explorateur, le vaniteux ou le buveur lugubre. N’a-t-il pas, un jour, adopté lui-même un fennec ? N’est-il pas resté cet enfant questionneur, lui qui écrivait « Je ne suis pas bien sûr d’avoir vécu depuis l’enfance » ? Souvenirs, souvenirs…..

 

GML (Article paru dans le JHM  du dimanche 16 avril 2006

 

 

 

Actualité du 10-09-2006                                      

et si, pour cette rentrée littéraire on parlait des frères Goncourt ?

Les Goncourt en Haute-Marne

 Désir de passer à la postérité ? Entêtement de deux écrivains soucieux de laisser une trace ? Le prix Goncourt, tant chéri, tant honni,  immortalise cette obsession.

  
    Dès 1863 Jules et Edmond Huot de Goncourt songent à l’image qu’ils transmettront aux générations futures. En cette fin de siècle, l’immortalité semble d’ailleurs obnubiler la plupart des artistes d’une société en décomposition. On retrouve ce même souci de ci de là dans le journal tenu d’abord de concert par les deux frères, puis par Edmond seul, après le décès de Jules. Il note à la date du 7 juillet 1883 « C’est chez moi, une occupation perpétuelle à me continuer après ma mort, à me survivre, à laisser des images de ma personne, de ma maison ». D’où ce projet d’une société littéraire qu’Edmond peaufinera au fil des testaments remaniés à diverses époques. Le premier est rédigé en 1874 et le dernier en 1892. C’est celui-ci que, quarante-huit heures après le décès d’Edmond survenu le 17 juillet 1896, Maître Duplan, notaire, lira à Alphonse Daudet et Léon Hennebique, légataires universels et exécuteurs testamentaires.    
                                                                                                                          
                                                                                                                                                                                                    

 Du salon à l’Académie

C’est grâce à la vente d’un bien familial, la ferme des Basses-Gouttes située sur le territoire de Breuvannes-en-Bassigny, que les « Bichons » - surnom des frères Goncourt – achèteront la fameuse maison d’Auteuil qui deviendra une véritable maison musée, dans laquelle s’exposeront les diverses collections d’objets d’art chinés par Edmond, nostalgique du XVIIIè siècle et grand amateur d’antiquités.  Et c’est dans cette maison qu’ils ouvriront à leurs amis, le non moins fameux « Grenier » où se tiendront les parlottes littéraires, à l’identique des soirées de Médan d’Emile Zola.

Après moult péripéties, notamment une procédure diligentée par la famille Huot de Goncourt afin de faire déclarer caduc le testament qui les lèse, les dernières volontés d’Edmond de Goncourt seront entérinées. La collection Goncourt sera dispersée aux enchères à l’Hôtel Drouot du 15 au 19 juin 1897 et rapportera la somme considérable de 1.350.000 francs. Ce pactole, dévolu à la future Académie dans laquelle siège dix membres, permet alors d’offrir un prix de 5.000 francs au lauréat et de verser une rente viagère de 6.000 francs à chacun des académiciens. 

                        

 Collaboration bénévole en faveur de la littérature

Reconnue d’utilité publique par décret signé d’Emile Combes, président du Conseil, le 10 janvier 1903, l’Académie tient son premier dîner mensuel le 26 février 1903, dans un des salons pour noces du Grand Hôtel. Le premier couvert est remis à Léon Daudet. Quant à la première réunion de travail, elle se déroule le lundi 21 décembre 1903, au restaurant Champaux, place de la Bourse. Les commandements émis dans le testament d’Edmond sont respectés « Ce prix sera donné au meilleur roman, au meilleur recueil de nouvelles, au meilleur volume d’impressions, au meilleur volume d’imagination en prose, et exclusivement en prose, publié dans l’année »

 C’est John-Antoine Nau, alias Eugène Torquet, qui obtient, au second tour et par six voix pour et trois voix contre, le premier prix Goncourt pour son ouvrage « Force ennemie », un récit maritime paru aux éditions de la Plume. De nos jours la rente viagère a disparu et l’on demande aux Académiciens une collaboration bénévole en faveur de la littérature. Quand au montant perçu par le lauréat du Prix Goncourt, il s’élève à 10 euros. Ce sont évidemment les droits d'auteur sur les ventes, générés par l'attribution de ce prix, qui "enrichissent" l'écrivain goncourisé...  

Les frères Goncourt et la Haute-Marne

Jean-Antoine Huot, grand-père paternel d’Edmond et Jules, né en 1753, était bailli du canton de Clefmont, avocat au Parlement, député de la Constituante, magistrat à Bourbonne, puis à Neufchâteau. En 1786, il acquiert une terre située sur le territoire de Goncourt. C’est cette propriété qui lui permet d’obtenir le titre de seigneur de Goncourt, titre que les deux frères défendront avec vigueur quand ils l’estimeront menacé. Edmond, né à Nancy le 22 mai 1822, mort à Champrosey le 17 juillet 1896 ; Jules, né à Paris le 17 décembre 1830, mort à Auteuil le 20 juin 1870, eurent cette particularité d’écrire à quatre mains. Le Journal, commencé le 2 décembre 1851, publié dans son intégralité en 1956 seulement, reste une description inestimable de la société de l’époque. 

 Or si les fréquents séjours qu’ils font enfants à Breuvannes chez leurs grands-parents maternels leur inspirent plus tard quelques lignes nostalgiques,  si le produit de la vente de la ferme des Basses-Gouttes leur donne la possibilité d’acheter la maison d’Auteuil, si leurs brefs passages haut-marnais sont rapportés dans le journal (Sommermont, Chaumont, Bourmont….) parfois de manière assez caustique, si la Haute-Marne apparaît en filigrane dans certains ouvrages (notamment l’Abbaye de Morimont, dans le roman « Renée Mauperrin ») il est à noter que les deux écrivains – plus urbains que ruraux - ne mettront jamais les pieds à Goncourt.

 Un petit ouvrage a été édité à l’initiative de l’association "Histoire, Goncourt et patrimoine". Paru en 1997 aux éditions Albin-Michel et préfacé par François Nourissier, avec des textes de Michel Caffier, des photographies  de Serge Gouvenel, « Bonnes plumes au pays de Goncourt » part sur les traces des littérateurs du Bassigny. 

 G.M.-L.    

 

 

Actualité du 25-07-2006                                      

Léopold Sédar Senghor, la Négritude au quotidien

Le 9 octobre 2006, le vieux Lion aurait eu 100 ans. Partout dans le monde, la Francophonie célèbre son père fondateur. Des centaines de manifestations sont organisées à travers l’espace francophone. Mais que reste-t-il aujourd’hui, des idées d’humanisme développées par l’un des chantres de la Négritude ?

                                   

 Homme paradoxal, à la fois profondément attaché à la France et défenseur sans réserve de l’identité culturelle africaine, Léopold Sédar Senghor est né le 15 août 1906 à Joal, un village situé en plein territoire Sérères à une centaine de kilomètres de Dakar. Son acte de naissance « officiel », établi en 1908, porte cependant la date du 9 octobre 1906. Le paradoxe commence, puisque l’enfant reçoit lors de son baptême un prénom catholique, Léopold (qui éthymologiquement signifie lion téméraire) et un prénom sérère, Sédar (qui signifie impudent). Et quoique le catholicisme soit de mise dans la famille Senghor, la polygamie n’en est pas exclue et le petit Léopold aura deux douzaines de frères et sœurs reconnues. Entourée de beaucoup d’amour, son enfance est bercée par les chants, les contes, les légendes fantastiques, les veillées, « Royaume d’enfance » si cher au cœur du grand africain, premiers pas poétiques de celui qui rêvait de passer à la postérité, plus comme un homme de lettres que comme un chef d’état.

 L’école des blancs

Petit paysan sauvage qui voulait être berger, enfant taciturne et curieux qui parlait aux morts, il est arraché très tôt à ce paradis et, dès l’âge de sept ans, confié à l’éducation des Pères blancs de la Mission française. Ce sera un élève studieux, appliqué, qui apprend le wolof – la langue la plus répandue au Sénégal – et le français. Il se familiarise également avec le catéchisme et les chants religieux, mais aussi avec l’image obsolète d’un monde lisse et tranquille qui, déjà, se fendille. Puis ce sera le petit séminaire, la lecture de la Bible, l’apprentissage du latin ; le grand séminaire où l’on voulait faire de lui « un Français à peau noire », racisme latent et déception quand on lui refuse de préparer la prêtrise. Dakar enfin, seul élève noir de la classe de première où il travaille avec l’acharnement du guerrier pour être le meilleur – damner le pion aux petits blancs. Et enfin, à l’automne 1928, l’embarquement pour la France où, doté d’une demi-bourse d’étude misérable, il découvre le mythe d’un pays soit disant sans préjugés, terre d’asile, mère de la philosophie des Lumières, où pourtant l’esclavage n’a été aboli qu’en 1848.

Mais il découvre également la poésie, la politique et la Négritude. C’est à Louis-le-Grand qu’il se lie d’amitié avec Aimé Césaire, Louis Achille, Auguste Boucolon, avec lesquels il partage les mêmes livres, les mêmes pensées, les mêmes révoltes. La Négritude, ensemble de valeurs culturelles et spirituelles, non seulement littéraires et artistiques, mais aussi politiques et revendicatrices, naîtra de ces échanges, de leur désespoir, de cette envie irrésistible d’exister, de n’être pas seulement le « bon nègre » asservi. Léopold est le premier Africain à obtenir l’agrégation de grammaire en 1935. Il est nommé professeur au lycée Descartes de Tour. C’est en 1936 qu’il publie ses premiers poèmes et adhère au parti socialiste. La machine est en marche, la littérature et l’engagement politique se mêlent.

De l’Assemblée Nationale à l’Académie Française

      

    Toute la vie, tous les engagements de Léopold Sédar Senghor sont résumés dans cette ambivalence : la littérature et la politique. Très tôt, il milite pour une Afrique fédérale qui ne verra jamais le jour, très tôt, il proclame « … notre volonté d’indépendance, au besoin par la force, mais en même temps, notre volonté d’entrer dans une communauté de langue française… » et quand, en 1945, paraît « Chants d’ombre » le recueil qui l’installe définitivement dans son  statut de poète, il est élu député socialiste du Sénégal. Il participe à la rédaction de la nouvelle Constitution de la République et fonde, en 1948, son propre parti politique alors que « Hosties noires », l’un de ses chef-d’œuvres, est publié un peu en avant « l’Orphée noir » de Jean-Paul Sartre.  Il sera tout à tour secrétaire d’Etat en 1955 ; membre de la commission d’élaboration de la Constitution de la Vème République ; président de l’Assemblée fédérale du Mali – Soudan et Sénégal – en 1959 ; et enfin en 1960 le premier président de la toute nouvelle République du Sénégal. Il quittera sa fonction en décembre 1980, pour une « retraite poétique et grammaticale » qu’il passe en Normandie. Si son désir d’enseigner au Collège de France ne s’est jamais réalisé, il sera cependant le premier Africain à être reçu parmi les Immortels de l’Académie Française en 1983

Que reste-t-il désormais des rêves du vieux lion ? La Négritude n’est plus une théorie émancipatrice sur laquelle les Nègres bâtissent leur destin ; le Sénégal est le pays qui a enregistré en 2004 le taux de croissance le plus important parmi les huit pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA) ; les investisseurs s’y bousculent ; son économie repose sur l’agriculture, la pêche et le tourisme ; la Francophonie, portée haut et fort par le président Abdou Diouf,  reste l’une des valeurs sûres pour « … l’espoir d’une fraternité dans le respect mutuel et le dialogue des cultures… » comme le soulignait Léopold Sédar Senghor en novembre 1997.

                                                                                                                                          

     

article paru dans le JHM du 2 juillet 2006 illustré par les magnifiques photos de mon ami Christian

 

Actualité du 29-05-2006                                      

je tiens à vous présenter une amie, une artiste de par chez moi, quelqu'un avec qui je me sens en phase. Ses oeuvres me parlent, me font rêver....

 

Détourner la matière

Telle pourrait être la devise de Marie-Hélène Burgeat, tant elle donne d’âme aux divers matériaux qu’elle met en mouvement à travers ses œuvres. Acrylique, écorce, daim, liège, rouille, bitume, limaille, scories de fonderies, tout prend corps et se transforme pour le plaisir des yeux.

     

         Les copeaux se marient aux rouages qui, eux-mêmes, s’acoquinent aux clous et au goudron. Le rugueux devient doux au regard, et le moelleux prend des allures d’indestructible. L’artiste possède cette faconde créatrice qui, depuis toujours, lui permet de puiser dans le passé pour faire jaillir un monde nouveau. Comme elle l’avoue « elle aime destructurer les matériaux industriels, récupérer des objets qui à priori n’ont strictement rien d’artistique, perdre la notion d’espace et d’échelle pour offrir aux choses une autre dimension, une autre vie. » Et puis, dans cette vallée de fonderies, n’est-il pas naturel pour une enfant du pays de vouloir défendre, conserver, mettre en valeur le patrimoine métallurgique ?     

Après l’école des Beaux-Arts de Troyes et un diplôme d’art et technique, option volume, Marie-Hélène a choisi d’aller vivre à Paris. Mais le calme de la Haute-Marne, plus propice à la création, l’a ramenée dans la vallée de la Blaise où elle s’est établie en récupérant les locaux commerciaux de son père, qui autrefois était négociant en vin à Doulevant-le-Château. Dans les anciens chaix, desquels cependant elle a conservé l’atmosphère, elle a aménagé une superbe galerie aussi chaleureuse que sa propriétaire. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, les couleurs se côtoient délicieusement, le mat et le brillant se jouent l’un de l’autre, les tableaux racontent des histoires, entraînent le curieux sur des chemins mélodieux, alternant comme sur une partition, blanches et noires, soupirs et altérations.

                                         

          
d'outre-lune

 

Comme une dentelle éblouissante

Actuellement, la rouille parle à l’artiste. Pourquoi cet engouement pour un procédé si difficile à maîtriser ? Parce que justement, on ne peut pas domestiquer la rouille et la part du hasard est importante. Il faut savoir s’arrêter à temps, laisser  « le temps au temps », ne pas être pressée. Travail de patience, dans lequel il faut sans cesse surveiller l’évolution de la matière, accentuer l’effet au fur et à mesure de la mutation. Jamais d’acide, juste de l’eau en plus ou moins grande quantité.

 

Le métal est chauffé au chalumeau, et l’eau semée, jaillissante, légères gouttelettes, ou plus intenses éclaboussures, quelques heures, quelques jours, un certain temps. L’œil de la génitrice jauge, évalue, conclut. Marie-Hélène apprécie par-dessus tout, la sérénité, la réflexion, le silence « afin d’amalgamer ensemble l’idée et la matière ; afin d’organiser la composition. » même si, parfois, les idées fusent à cent à l’heure. L’attente ne lui est donc pas pénible, bien au contraire. Et sous les doigts du créateur, grâce à ses fantasmes, à sa persévérance et à son génie novateur, l’oxydation devient poudre d’or, nuée d’étoiles, ponctuation des jours, des mois, des années, passé, présent, planète réinventée ; les résidus de fonderies se transforment en dentelles arachnéennes, en vagues mouvantes léchant le firmament. Rêves éblouissants. 

 

Article paru dans Ligne Directe en mai 2006 (et l'on peut retrouver Marie-Hélène sur www.marie-helene-burgeat.com)

 

Actualité du 10-04-2006                                      

Shopping pour tous

                

Situé au nord-est de Londres, à deux pas de Regent’s Park, le quartier de Camden offre tout au long de l’année une promenade bigarrée dans une ambiance psychédélique. Touristes en mal d’exotisme ou jeunesse branchée, y trouvent leur bonheur à travers un dédale de boutiques plus hystériques les unes que les autres.

 Si dans les années cinquante cet ancien quartier industriel situé au bord de l’eau et composé d’entrepôts ou d’écuries qui desservaient le canal et le chemin de fer, s’est vu envahi d’une population à la recherche de loyers bon marché, il est aujourd’hui le nœud central d’un commerce florissant. Des milliers de personnes s’y croisent et s’y baguenaudent, tant sur le marché aux puces de Camden Lock qui se tient près du Regent’s Canal, que de Camden Market, composé de cinq immenses marchés bondés. 

    A l’abri de façades au décor délirant, disséminé sur les pavés, véritable labyrinthe dans lequel s’entassent, harmonieusement ou pêle-mêle, du gothique, du seventies, du rastas, salons de piercing et de tatouage, disquaires, fringues de créateurs, fripes de récupération, chaussures déjantées, bijoux excentriques, livres anciens, affiches de film, artisanat et meubles ethniques, et pour faire bonne mesure une flopée de kiosques aux saveurs alléchantes. On y mange asiatique, mexicain ou british, dans une atmosphère de fête. Il ne faut, en aucun cas, rater le Cyberdog. Immense tunnel où la musique techno pulse à fond et où l’on trouve, guidé par des vendeurs à la dégaine intergalactique, dans une turbulence très « Star Wars », des costumes à faire pâlir de jalousie Luke Skywalker et Dark Vador, eux-mêmes.  
                                                                                     
                                                              

Look coloré, animation de rues, promenade charmeuse
Plusieurs possibilités s’offrent aux promeneurs pour rejoindre ce secteur où même les rues s’animent de musiciens, diseurs, bonimenteurs, passants tatoués, flâneuses bariolées. D’abord, bien sûr, le métro qui sillonne la cité et qui vous dépose au beau milieu de cet endroit, décalé, un peu hallucinogène, ou encore une balade bucolique, qui s’embarque à Warwick Avenue, passe par la Little Venice, bassin romantique encadré de saules pleureurs, et emprunte des canaux étroits, tranquilles, bordés tour à tour de vastes étendues verdoyantes et d’arbres séculaires, de maisons pittoresques, d’immeubles modernes, de villas aristocratiques construites au début du XIXè siècle pour un projet de cité jardin qui n’a pas abouti, d’îlots résidentiels très prisés des artistes et de chemins de hallage que désormais seuls les pêcheurs et les badauds fréquentent. D’écluses en chenal, de goulets en tunnels, on se retrouve gentiment à l’embarcadère de Camden Town et de ses entrepôts et ateliers transformés. Le dépaysement est assuré pour une journée de shopping surréaliste.

                                                                            

 

 

Actualité du 21-01-2006                                      

Harrods, pour le plaisir des sens

Plus musée, symbole ou œuvre d’art que supermarché, le célèbre magasin Harrods est un élément incontournable lorsque l’on visite Londres. Et même si nos moyens financiers ne nous permettent pas de passer à la caisse, s’y balader offre plus d’un plaisir pour les sens.

 

                              

 

D’abord la vue bien sûr, et le toucher évidemment, car déjà à l’extérieur l’endroit est chic, bon genre, un peu suranné, un peu snob, mais ô combien avenant. Que dire, une fois les portes franchies ? Féerique, magique, surtout en période de fêtes de fin d’année, comme si soudain le livre des mille et une nuits s’ouvrait. Et si habituellement flâner aux rayons boucherie ou poissonnerie n’a rien de transcendant, là, on ressent une certaine jouissance à cet environnement, sorte de pays de Cocagne somptueux dans lequel l’alimentaire est élégamment mis en valeur, tels les portraits allégoriques d’Arcimboldo composés de végétaux colorés.

 

Ensuite l’odorat et le goût, puisque cette abondance de produits venant des quatre coins de la planète répand des parfums suaves, piquants, prenants, capiteux, sucrés, poivrés, douçâtres. Que l’on se trouve parmi les fleurs, les cosmétiques, les bonbons, les chocolats, ou, toujours, dans cette extraordinaire caverne d’Ali Baba des food halls, tout fait senteurs, avec en fond une délicieuse musique pour que l’ouie ne soit pas en reste. Et l’on peut même goûter toutes ces merveilles ; faire une pause pour savourer une tasse de thé accompagnée de cookies, quelques sushi, une crème glacée. Des espaces sympathiques sont aménagés et le restaurant du dernier étage vaut le détour.

 

Fournisseur de la famille royale
   Si, à l’origine la petite épicerie ouverte en 1849 par Henry Charles Harrod, importateur de thé, ne payait pas de mine, très vite le super-épicier a su mener sa barque puisque en 1903, il rachète l’ensemble du pâté de maisons afin d’agrandir son négoce. Dès cette époque Harrods devient le plus grand magasin de la cité où l’on « trouve tout », avec plus de 2 000 employés, et un surprenant décor intérieur art nouveau pour les faïences de l’étage des comestibles. Décor unique à Londres. Il s’offre dès lors le luxe d’être « fournisseur attitré de la famille royale » et d’afficher, à son fronton et sur ses voitures de livraison, le blason royal.

 

Racheté en 1985 par Mohamed al-Fayed  - le père de Dodi, le dernier amant de la princesse Diana – il a perdu cet avantage, Buckingham lui ayant retiré son aval. Il n’empêche que ce grand magasin de luxe est renommé dans le monde entier pour les produits haut de gamme qu’il propose. Quant à la période bénie, elle commence maintenant avec les soldes qui, comme le reste, sont grandioses ! Faire les soldes chez Harrods est une véritable folie, les gens s’y bousculent dès le matin, s’y piétinent toute la journée, sauf à attendre la dernière semaine de celles-ci. Les démarques vont parfois jusqu’à - 80 %. C’est peut-être le plus sûr moyen de rentrer en France avec un joli emballage Harrods, car d’ordinaire, vraiment, les prix sont à la mesure du haut de gamme des articles vendus. Mais on y trouve réellement de tout.                                                                                        

          
article paru dans le JHM du 15 janvier 2006 sous la signature de la Cochonne

 

 

 

 

Actualité du 05-12-2005                                      

En passant par la Lorraine...

           

   Je ne me souviens plus si, l'an dernier, je vous ai entretenu d'une visite fabuleuse que j'ai effectuée à l'Abbaye des Prémontrès de Pont-à-Mousson ? Et comme  beaucoup de choses ont disparu du site, que j'ai de nouveau participé à une soirée merveilleuse dédiée à la truffe de Lorraine et bien, je vous livre mes impressions datées de novembre 2004, mais toujours d'actualité.

                                                                     

   

Les truffes au sommet

 

Le 11ème Chapitre de la confrérie de la truffe de Lorraine, s’est tenu samedi 6 novembre dans la cadre prestigieux de l’abbaye des Prémontrès, à Pont-à-Mousson. Décor grandiose pour un fabuleux diamant noir.

 

Répondant à l’invitation de Jacky Haim, président ce cette séduisante confrérie, de nombreux participants n’avaient pas hésité à franchir des kilomètres importants pour être de la fête et c’est dans une haie de personnages en costumes bigarrés que les invités de cette soirée particulière ont franchi le seuil de la chapelle, parée de ses habits de fête, tout en lumière, en cristal, et en harmonie. Les petits plats étaient mis délicatement dans les grands pour un menu organisé autour, bien sûr, de la truffe. Et le maître des cérémonies, en hôte attentif, n’a pas manqué d’expliquer à une galerie sous le charme, au fur et à mesure du déroulement des agapes, la truffe dans tous ses états. Et de l’apéritif au café, tout avait goût, parfum de ce champignon quelque peu original.  

 

Car il ne faut pas s’y tromper la truffe de Lorraine vaut bien la truffe du Périgord ou de tout autre endroit. Et, comme l’indique l’un des sites Internet consacré à cette belle en robe grise « le parfum de la tuber uncinatum chatin – dite aussi, truffe de Bourgogne - est un véritable concentré de sous-bois d’automne… »   Qu’ils viennent de Castel-Sarrazin, de Belgique, ou de Stenay, les dix-huit nouveaux « renifleurs » introduits lors de cette sympathique et conviviale solennité, en ont pris plein les narines, plein les yeux, plein le palais. Ils rejoignent les trois cents membres que regroupe la Confrérie de la truffe de Lorraine, gastronomes avant tout, défenseurs de ce produit du terroir.

 

Après avoir jouer les ambassadeurs et présenter leur confrérie propre, ils ont tous juré « d’être et de demeurer vaillant et habile renifleur » et de s’arrêter chaque année en Lorraine lors du second week-end d’automne, afin de participer à la fête qui réunit les fervents de la truffe.

 

En passant par le pays de la truffe

                    

Au début du XIXè siècle, la Lorraine figurait parmi les plus importants exportateurs de truffes de France. La production s’est tarie à partir des années 1900 et les deux guerres subies dans la région ont asséné le coup de grâce. D’environ mille tonnes de truffes récoltées en 1900, la production officielle est passée à moins de 70 en 1987. Le savoir-faire s’est perdu. La patience des chercheurs s’est émoussée.  La transmission qui s’effectuait de bouche à oreille, confidentiellement, s’est égarée. Il a fallu tout reprendre à zéro.

 

Et si la truffe de Bourgogne n’est pas uniquement un produit lorrain, puisqu’on la trouve partout en Europe et même plus loin - elle prolifère également au Maroc, ou en Turquie - il est à noter que le sol de Meuse, calcaire, argileux, avec des forêts de chênes, de charmes ou de noisetiers, ainsi que des hivers plus doux, offrent un environnement extrêmement propice au développement de plusieurs espèces de truffes. Ce qui fait que de septembre à décembre – la période de récolte est fixée par arrêté préfectoral - de nouveau et depuis quelques années, la truffe de Meuse est traquée, humée, ramassée avec raffinement à l’aide d’un piochon à fer droit, cuisinée avec tout autant de raffinement, mise en valeur, pour le plaisir des gourmets. Mieux même, afin de palier à la déforestation, aux tempêtes de tout ordre, une tufficulture rationnelle se met en place, petit à petit. On peut désormais exploiter des tuffières, se procurer des plans truffiers, en prendre grand soin et être patient. Il faut en effet environ quatorze ans, avant de récolter.

 

Quant à l’ouvrage de Jacky Haim, « La truffe, secrets dévoilés », qui vient de sortir et qu’on peut se procurer chez l’auteur, il retrace, à travers anecdotes, recettes, principes, une trentaine d’années de recherches, de passion, de rencontres qui ont émaillé la vie du restaurateur. Car, depuis 1973, année où ce dernier prend la succession de ses parents à l’Auberge du père Louis d’Houdelaincourt, c’est un véritable marathon d’essais et de trouvailles dans lequel il s’est investi afin de redonner ses lettres de noblesse à un produit qui, dans des temps immémoriaux, était dédié à la déesse Aphrodite.

Article paru dans le JHM du 28 novembre 2004

 

Actualité du 24-10-2005                                      

Les voyages forment la jeunesse

                                                      (même chez les cochons)

 

 

 

   

 

     
c'est beau une ville la nuit à pied, en âne, en parapente.....

Vous remarquerez, en voyant ces images, que rien n'arrête la cochonne globe-trotter. Elle ne va donc pas se laisser intimider par un pirate du Web. Et même s'il y a des trous désormais dans son actualité, avec un peu de bonne volonté et de patience, nous arriverons, vous et moi, à reconstituer le passé.
Mais faut-il vraiment reconstituer le passé ? Est-ce bien nécessaire ? La question mérite réflexion.

En attendant que je m'y penche plus avant, lisez donc cet article paru dans le JHM du 16 octobre, sous la signature de la cochonne, évidemment.

du balcon de la Sicile

Si l’imagerie cinématographique véhicule dans l’inconscient collectif une Sicile maffieuse à travers de nombreuses réalisations, il est peut-être temps d’oublier cette parodie et de montrer la plus grande île de la Méditerranée sous son véritable jour.

 

         
          

 

Région autonome d’Italie depuis 1948, elle occupe au sud-ouest de la botte – dont elle est séparée par le détroit de Messine large de 3 km seulement – une superficie de 25.708 km2, soit un peu moins que la Belgique. Forte de presque cinq millions d’habitants, sa langue officielle est l’italien, mais il n’est pas extraordinaire de constater que chaque province de cette île explosive utilise un vocabulaire différent qui s’est enrichi au fil des langues parlées par les nombreux envahisseurs qu’à connus la Sicile, vandales, ostrogoths, arabes, grecs, espagnols, français, etc… C’est dire à quel point les trésors linguistiques, folkloriques, architecturaux et culturels sont importants. Goethe n’a-t-il pas écrit au cours d’un voyage qu’il effectuait dans ce merveilleux pays « on ne peut se faire une idée de l’Italie sans voir la Sicile. C’est en Sicile que se trouve la clef de tout »

 

Douceur de vivre et paysages paradisiaques

 

Bernard Dimey a chanté Syracuse, les tour-opérateurs vantent Taormina ou Cefalù – le Saint-Trop du coin – et chacun s’attend à croiser le Parrain dans les rues de Palerme.  Les légendes sont tenaces. Mais ne nous y trompons pas, la Sicile ce n’est pas seulement cela. C’est un mélange de traditions et de modernisme, de végétation luxuriante, de paysages brûlants, découpés, déchiquetés et de plages infinies, noires de lave ou blondes satinées, léchées par une mer turquoise. Que l’on aborde la minuscule île de Vulcano, toute imprégnée d’odeurs soufrées, et que l’on goûte aux plaisirs des bains bouillants et des courants glacés ; que l’on grimpe au sommet de l’Etna pour embrasser des yeux cratères, vallées, éboulis aux couleurs de l’enfer ; que l’on sillonne les verts vallons aux plantations d’agrumes et de vignes alignées ; que l’on s’imprègne du passé à travers ces temples et ces théâtres antiques ; ou que l’on reste pantois devant le panorama grandiose qu’offre la ville de Centuripe – que Garibaldi surnommera le balcon de la Sicile - tout est douceur de vivre.

 
                     

Et l’on passe sans état d’âme de la statue d’Archimède – le plus illustre des Syracusains – aux fortifications moyennâgeuses d’Enna ; d’une procession religieuse imbibée de ferveur à une grotte splendide, presque inaccessible, que le flot et les éruptions ont creusée à flanc de montagne  au fil des siècles ; du baroque de Catane et sa célèbre via Etnea digne des Champs-Elysées aux gorges de Larderia à l’effrayante beauté ; du calme des après-midi écrasés de soleil à l’effervescence des soirées qui n’en finissent pas d’arpenter les rues ; d’une fabrique de fromages au matériel sophistiqué au marchand ambulant qui propose mille et une fantaisies dans son petit triporteur ; tout est paradoxe. Fragile de par ses tremblements de terre et forte de par le niveau intellectuel de sa jeunesse, la Sicile à la tête de Gorgone emblématique séduit, attire, retient. 

 

Le Trinacria est le symbole de la Sicile. Il représente l’île aux trois pointes et c’est le nom que les Grecs lui donnèrent, alors qu’elle s’appelait Sicania. Ce nom s’inspire de la triskèle, monnaie de l’époque sur laquelle était représentée une tête de Gorgone – Méduse probablement - entourée de trois jambes repliées au genou.

 

        

 

   

 

 

 

Actualité du 07-11-2004                                      

l'actualité de la Cochonne

tout passe, tout lasse

Ainsi tout change, ainsi tout passe ;
Ainsi nous même nous passons,
Hélas ! sans laisser plus de trace
que cette barque où nous glissons
Sur cette mer où tout s'efface.

Alphonse de Lamartine

C'est en 1992 que la Cochonne a été débauchée - avec son consentement - par Yvon Lallemand afin qu'elle rejoigne l'association des écrivains de Haute-Marne qu'il animait depuis huit ans. En effet, ayant découvert que cette dernière écrivait le soir à la chandelle et que ses écrits finissaient au fond de tiroirs secrets, il l'a invitée à rejoindre les rangs des trublions qu'il présidait avec verve et convivialité. D'abord réticente, non pas à cause des trublions, mais parce qu'elle ne se considérait pas du tout comme un écrivain, elle a cependant accepté. Depuis, elle a fait de sérieux progrès. Oh ! pas vraiment dans le style, ni dans la syntaxe, mais plutôt dans sa manière de lever le coude : elle ne commande plus de Perrier à l'apéritif et avale, sans sourciller, même avec plaisir - sauf quand il est chaud - Martini ou Pastis.

Dès la première réunion, le secrétaire trésorier étant souffrant, on a prié la Cochonne de bien vouloir assurer l'intérim. Et comme la Cochonne est un peu saint-Bernard, elle n'a pas dit non. Il faut croire qu'elle a bien assuré puisque l'intérim a duré huit ans. Beaucoup de plaisir, beaucoup de projets mis en route, menés à bien. Beaucoup de rires et de rencontres. Et un gros point positif : la Cochonne, qui ne croyait pas du tout en son talent littéraire, s'est mise à publier, à accepter le regard des autres sur son "oeuvre".

ou, comment devenir présidente à l'insu de son plein gré

 

       Il faut croire que la Cochonne était destinée à assurer les intérims, puisqu'en 1999, suite à la maladie d'Yvon, et à la demande générale, elle s'est retrouvée présidente de l'équipe de trublions.  Il faut reconnaître que l'argumentation était de poids : une équipe promettant de s'investir et un secrétaire aussi talentueux que rigolo, aussi calme que la Cochonne est cinglée, aussi pondéré et structuré qu'elle est remuante et organisée. Le tandem a bien fontionné et de grandes réalisations ont jailli de leur imaginaire fécond. Il faut dire aussi qu'ils ont été bien aidés par de nombreux partenaires, institutionnels, élus,  amis, associatifs.

C'est ainsi qu'en mai 2000, le Langrenlivres a réuni les écrivains du terroir, ceux d'aujourd'hui, ceux d'hier ; en mai 2001 le Château du Grand-Jardin de Joinville a servi de cadre à un salon tourné vers la littérature médiévale ; en novembre 2002, après une gestation de plusieurs mois et un travail collectif, et pour fêter le 20ème anniversaire de l'AEHM, un prestigieux ouvrage intitulé "52 écrivains de Haute-Marne, de Jehan de Joinville à Jean Robinet" est sorti aux éditions Dominique Guéniot. En 2003 chacun des écrivains a pris à coeur de promouvoir l'ouvrage en question et le 4 juillet 2004, une journée d'animation se tournait vers la littérature de gare en investissant la jolie petite gare de Wassy.

                                  

Et toujours, tout au long de ce temps : un site Internet hyper actif grâce à Thierry ; des samedis aux Silos de Chaumont animés par les uns et les autres sur des sujets divers ; des lectures, des conférences, des échanges dans des endroits saugrenus ; des participations tous azimuts partout où l'AEHM est invitée. Comme également une coopération active aux différents "Lire en fête", ici ou là, comme cette criée aux livres perpétuée sous les marché couvert de Saint-Dizier en octobre 2002.

tout a une fin (même pour les cochonnes)

Le mandat du bureau élu en 2000, arrivant à échéance, c'est une nouvelle équipe qui, depuis le 2 octobre 2004, veille sur l'avenir de l'AEHM. Yvette Marin en a accepté la présidence, Annie Goutelle, Yvon Lallemand, Thierry Beinstingel en sont les vice-présidents, Annie Massy et Anne Duvoy, les secrétaires, Patrick Quercy et Geneviève Noirvache les trésoriers, Guy Chaudet et Rolf Fleury, les membres dits "Poil à gratter" . Des idées circulent, des projets se mettent en route....

 

 

 

Actualité du 05-11-2004                                      

 

l'Actualité de la cochonne

 

 

Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux 

                                                   Erik Satie

Depuis que la cochonne roule dans une charrette rouge, tirée par neuf chevaux, et qui plus est, décapotable, on ne l'arrête plus. Elle est même descendue à Avignon pour le Festival. Toute une vie de cochonne clean, pour du jour au lendemain... s'aller faire nommer pape par des conciles, que dans des cabarets tiennent des imbéciles (Cyrano de Bergerac - Edmond Rostand). Un vrai bonheur et de merveilleux souvenirs à plein tombereau. Comment peut-on devenir violent, dans l'îsle de la Barthelasse qui respire la douceur de vivre ?

Elle vous livre ses impressions et quelques images entassées dans sa boîte à délirance

IL Y A LE IN, IL Y A LE OFF, ET IL Y A LA RUE

Le cœur d’Avignon pour un peu plus de trois semaines bat au rythme d’un Festival qui a largement dépassé les frontières de l’hexagone, et draine au fil des années un public cosmopolite et polyglotte. 

 Il n’est plus besoin de présenter un Festival qui, depuis 1947, sous l’impulsion de Jean Vilar, a acquis une dimension internationale. Si à l’origine les sept représentations programmées ont rassemblé 4.818 spectateurs, aujourd’hui ce sont près de 150.000 spectateurs décomptés dans tous les lieux imaginables, petites salles improvisées, cour d’honneur, jardins, cloîtres, bistrots, théâtre de poche, plateau spacieux, espace limité, chapiteaux,  tout est propice à s’installer pour ce temps dédié au spectacle vivant. S’y ajoutent plusieurs milliers de badauds qui se pressent, se bousculent, flânent, s’activent. Places et rues, ruelles et cours, accueillent  elles aussi, la fête, la couleur, la musique, et le promeneur, passant bon public, se laisse emporter dans un tourbillon de festivités.

 Si pour cette saison 2004, le In propose une quarantaine de spectacles  auxquels s’ajoutent lectures, rencontres, réunions, expositions, concerts qui se déclinent en français, en allemand, en espagnol, en flamand, en italien, en persan, véritable tour de Babel avec comme dénominateur commun l’univers artistique au langage universel ; symbole d’ouverture tout aussi prestigieux, le Off  fait la part belle à cinq cent trente neuf compagnies et six cent soixante-sept divertissements, dont une soixantaine venant des quatre coins du monde : de l’Algérie au Japon, en passant par la Belgique et la Russie. Mais populaire avant tout, la rue s’offre en spectacle.

 Le monde entier est un théâtre

On pourrait paraphraser Shakespeare, et constater seulement qu’Avignon en juillet est un immense praticable, posé sous la lumière de projecteurs gigantesques, sur lequel tour à tour viennent se produire les artistes de toute la planète. Dès le matin, la parade s’ébranle, et tel un serpentin coloré et bruyant, elle prend possession de l’espace. Les terrasses de café s’emplissent, les murets, les escaliers, sont pris d’assaut. Chacun se dispose au mieux pour bénéficier d’une animation gratuite. Animation publicitaire, sorte de jingle géant, où des milliers de prospectus sont distribués dans la gaîté et toujours avec le sourire des tracteurs.

 Chacun essaie d’accrocher l’auditoire, de l’entraîner, de le séduire. Et il se laisse séduire, l’auditoire, il se laisse entraîner tout au long de la journée, jusqu’au bout de la nuit. Il accompagne, il escorte, il applaudit, il chante, il s’esclaffe, il répond, il s’enthousiasme. Ici, c’est un jongleur qui le prend à partie et le fait virevolter à son coup de sifflet ; là deux acrobates ou deux fildeféristes s’envolent au dessus de la foule ; là encore, on joue la comédie forçant le trait, couvrant le bruit du mistral qui s’engouffre sur la place. Et, se succèdent, infatigables, imperturbables, des musiques indiennes, irlandaises, surréalistes, gouailleuses, jazzy, des chants et des clameurs pour le plaisir des grands et des petits.

  

 

Pour faire un bon festivalier

Il faut avoir bon pied, bon œil, un certain sens de l’orientation et une organisation à toute épreuve. Car pour s’y retrouver, dans ce dédale de rues, charmantes au demeurant, dans cette succession de places ombragées ou ensoleillées, pour rejoindre tous ces théâtres éphémères dissimulés au quatre coins de la ville, à l’abri des remparts ou hors les murs, pour faire son choix dans cette étalage d’affiches qui battent dans le vent, accrochées au moindre poteau, à la plus petite enseigne, aux balcons, aux murs, aux grilles, il lui faut tout de même de la discipline et de la patience. 

Le festivalier aura donc à cœur de privilégier la bonne chaussure à la jolie chaussure, le vêtement léger à la tenue seyante. Il ne manquera pas également d’avoir à portée de la main, lunettes, crème solaire, eau, chapeau, les programmes généraux, les revues de presse, les numéros de téléphone utiles, de grands sacs dans lesquels entasser les tracts par centaines et la carte « Public-adhérent » qu’il n’aura pas oublié d’acheter au bureau d’accueil, dès le premier jour. Carte qui lui donne droit à une réduction de 30 % sur les spectacles.  Fort de tout cela, il n’aura plus qu’à se laisser entraîner vers cette animation exceptionnelle.