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Actualité du 09-07-2008                                      

Actualité

 

Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux 

                                                   Erik Satie

 

Comment oublier Avignon ? Cet article je vous l'ai déjà servi, il y a.... quelques temps. Mais dès que juillet revient, immanquablement, les souvenirs affluent.  Avignon, son tourbillon de festivaliers. Avignon, la douceur de ses soirées. Avignon, soleil. Avignon, plaisir. Alors, tant pis si vous trouvez que ceci est du réchauffé, je ne peux résister au plaisir de vous entraîner, encore une fois dans le grouillement de mes souvenirs. 

 

 

IL Y A LE IN, IL Y A LE OFF, ET IL Y A LA RUE

Le cœur d’Avignon pour un peu plus de trois semaines bat au rythme d’un Festival qui a largement dépassé les frontières de l’hexagone, et draine au fil des années un public cosmopolite et polyglotte. 

 Il n’est plus besoin de présenter un Festival qui, depuis 1947, sous l’impulsion de Jean Vilar, a acquis une dimension internationale. Si à l’origine les sept représentations programmées ont rassemblé 4.818 spectateurs, aujourd’hui ce sont près de 150.000 spectateurs décomptés dans tous les lieux imaginables, petites salles improvisées, cour d’honneur, jardins, cloîtres, bistrots, théâtre de poche, plateau spacieux, espace limité, chapiteaux,  tout est propice à s’installer pour ce temps dédié au spectacle vivant. S’y ajoutent plusieurs milliers de badauds qui se pressent, se bousculent, flânent, s’activent. Places et rues, ruelles et cours, accueillent  elles aussi, la fête, la couleur, la musique, et le promeneur, passant bon public, se laisse emporter dans un tourbillon de festivités.

 Si pour cette saison 2004, le In propose une quarantaine de spectacles  auxquels s’ajoutent lectures, rencontres, réunions, expositions, concerts qui se déclinent en français, en allemand, en espagnol, en flamand, en italien, en persan, véritable tour de Babel avec comme dénominateur commun l’univers artistique au langage universel ; symbole d’ouverture tout aussi prestigieux, le Off  fait la part belle à cinq cent trente neuf compagnies et six cent soixante-sept divertissements, dont une soixantaine venant des quatre coins du monde : de l’Algérie au Japon, en passant par la Belgique et la Russie. Mais populaire avant tout, la rue s’offre en spectacle.

 Le monde entier est un théâtre

On pourrait paraphraser Shakespeare, et constater seulement qu’Avignon en juillet est un immense praticable, posé sous la lumière de projecteurs gigantesques, sur lequel tour à tour viennent se produire les artistes de toute la planète. Dès le matin, la parade s’ébranle, et tel un serpentin coloré et bruyant, elle prend possession de l’espace. Les terrasses de café s’emplissent, les murets, les escaliers, sont pris d’assaut. Chacun se dispose au mieux pour bénéficier d’une animation gratuite. Animation publicitaire, sorte de jingle géant, où des milliers de prospectus sont distribués dans la gaîté et toujours avec le sourire des tracteurs.

 Chacun essaie d’accrocher l’auditoire, de l’entraîner, de le séduire. Et il se laisse séduire, l’auditoire, il se laisse entraîner tout au long de la journée, jusqu’au bout de la nuit. Il accompagne, il escorte, il applaudit, il chante, il s’esclaffe, il répond, il s’enthousiasme. Ici, c’est un jongleur qui le prend à partie et le fait virevolter à son coup de sifflet ; là deux acrobates ou deux fildeféristes s’envolent au dessus de la foule ; là encore, on joue la comédie forçant le trait, couvrant le bruit du mistral qui s’engouffre sur la place. Et, se succèdent, infatigables, imperturbables, des musiques indiennes, irlandaises, surréalistes, gouailleuses, jazzy, des chants et des clameurs pour le plaisir des grands et des petits.

  

 

Pour faire un bon festivalier

Il faut avoir bon pied, bon œil, un certain sens de l’orientation et une organisation à toute épreuve. Car pour s’y retrouver, dans ce dédale de rues, charmantes au demeurant, dans cette succession de places ombragées ou ensoleillées, pour rejoindre tous ces théâtres éphémères dissimulés au quatre coins de la ville, à l’abri des remparts ou hors les murs, pour faire son choix dans cette étalage d’affiches qui battent dans le vent, accrochées au moindre poteau, à la plus petite enseigne, aux balcons, aux murs, aux grilles, il lui faut tout de même de la discipline et de la patience. 

Le festivalier aura donc à cœur de privilégier la bonne chaussure à la jolie chaussure, le vêtement léger à la tenue seyante. Il ne manquera pas également d’avoir à portée de la main, lunettes, crème solaire, eau, chapeau, les programmes généraux, les revues de presse, les numéros de téléphone utiles, de grands sacs dans lesquels entasser les tracts par centaines et la carte « Public-adhérent » qu’il n’aura pas oublié d’acheter au bureau d’accueil, dès le premier jour. Carte qui lui donne droit à une réduction de 30 % sur les spectacles.  Fort de tout cela, il n’aura plus qu’à se laisser entraîner vers cette animation exceptionnelle.

     

 

 

 

 

 

 

Actualité du 14-05-2008                                      

Actualité

J'avais décidé de vous parler de jardins en cette saison où le soleil, enfin, montre le bout de ses rayons... Je voulais vous emmener dans l'un de ces charmants carrés fleuris qui se cachent dans mon département. J'en ai tout plein en réserve, avec les photos adequat. Oui, mais voilà il m'est arrivé une bien curieuse histoire. Oh ! rien d'extraordinaire, ma vie provinciale et laborieuse n'a rien d'extraordinaire. Alors un fait curieux dans ma vie, nait de peu de chose en vérité. Je vous raconte ?

Les travers du docteur Porc

J'ai eu un long week-end, non pas de fiançailles mais de travail. Un énorme texte à mettre en forme, avec recherches multiples ; un article à écrire sur un sujet que je ne maîtrise pas du tout ; ce site à remettre en état ; de l'administratif ennuyeux à finaliser ; ma terrasse-balcon-jardin à rendre acceptable ; à permuter les vêtements hiver/été (occupation absolument obligatoire pour une Cochonne/Miranda élégante ;-))) et - ô bonheur - des courses, des préparatifs, des décorations pour un dimanche en famille....

Le dimanche en famille s'est magnifiquement déroulé et lundi de Pentecôte est arrivé. J'avais encore pas mal de tâches programmées (vous pensez que devant l'ampleur de mon emploi du temps, je n'avais pas tout terminé) J'ai bossé toute la matinée sur les dossiers les plus ardus et vers midi et demi, comme récompense, je me suis installée, mi ombre, mi-soleil, dans ma chaise longue, avec une tasse de thé et un livre acquis le samedi précédent. Je l'avais acheté, juste parce que le titre était alléchant, drôle et cochonnement interpellant.

Quel plaisir, quelle découverte. Thanh-Van Tran-Nhut, jeune auteure vietnamienne, nous plonge avec talent dans une enquête menée de main de maître par le Docteur Porc, emminent médecin, nommé responsable du tribunal durant l'absence du mandarin Tân.  Nous sommes immergés dans le Vietnam du XVIIème siècle, avec ses croyances, ses coutumes, ses personnages haut en couleur. Les faits historiques n'y sont peut être pas tout à fait exacts, mais que de truculence, que de parfums, que de paysages. Je n'ai lâché ce petit moment de pure jouissance qu'à dix huit heures, à l'issue d'une histoire bien ficelée. Je vous la recommande.

Bien sûr j'avais laissé en plan pas mal de pensum. Que j'ai dû terminer en catastrophe plus tard.

 

Par contre je ne vous recommande pas un autre ouvrage que je n'ai pas réussi à terminer, tant son contenu est affligeant. Il s'agit de "L'effroyable imposture" de Thierry Meyssan paru aux éditions Carnot. Ne l'achetez sous aucun prétexte... De toute façon, vous ne le trouverez pas en librairie, il est épuisé. Je l'ai acquis d'occasion, sur chapitre.com car un ami me l'avait recommandé. Va falloir qu'on en cause tous les deux !

Et puis encore, pour rire un peu

     Asulis, société suisse spécialisée dans le commerce électronique, propose d'offrir un abonnement de papier toilette, avec livraison à domicile pour la personne de votre choix. " Un cadeau plein d'humour pour un anniversaire, un mariage, une pendaison de crémaillère. Le bon moyen pour rappeler qu'avec une pointe d'humour, les années qui passent sont plus agréables" Le nombre de rouleaux par mois er par personne est de six. Le site est assez ludique, animé par une mascotte SuperPQ, super héros "toujours présent en cas de besoin" - www.w-c.ch  
Et encore : la publicité Naf Naf, à découvrir dans les magazines et sur leur site. Un joli petit cochon, s'y ébat. extrait du "Le grand livre du petit coin de Sabine Bourgey et Sophie Horay (édition Horay)

 

 

Actualité du 07-04-2008                                      

Actualité

Ce mois écoulé, j’ai réalisé des trucs extraordinaires ! Des actions qui m’ont épatée.

Comme vous le savez, je ne suis pas adepte du petit écran – alors que j’adore le grand. Il est donc rare que je m’accroche à celui-ci. Et bien, figurez-vous qu’il m’est arrivé une chose bizarre : j’ai passé seize heures d’affilées devant ma télé ! ça vous épate aussi, n’est-ce pas ? Je vous raconte.

   

Non seulement je n’aime pas le petit écran, mais en plus je ne suis pas portée sur les séries, feuilletons et autres fariboles qui empêchent la vie sociale de se dérouler normalement. Rien qu’à l’idée de devoir écourter une soirée entre amis, un bon repas, une joute oratoire, pour ne pas rater le « prochain épisode », je me sens des démangeaisons aux neurones. Seulement voilà, j’ai l’impression parfois d’être une attardée mentale quand la conversation roule sur les héros de ces séries cultes. Je ne peux tout de même pas avouer que je n’ai pas regardé un seul feuilleton depuis les « Rois Maudits » - non, non, pas ceux de Josée Dayan aux décors synthétiques, mais ceux de Claude Barma sortis en….. je préfère oublier la date. Aussi, afin de ne pas mourir idiote et de pouvoir entrer dans les conversations crétines, ai-je acquis durant les dernières fêtes, le coffret de la saison deux de « Desperate Housewives ». Mon petit fils m’a dit « si tu ne regardes pas la saison un, tu vas rien comprendre » J’ai donc acheté la saison un et…

Un dimanche solitaire, alors qu’au dehors la pluie s’acharnait sur mes carreaux, que le ciel était particulièrement insolent, j’ai mis le premier CD dans mon lecteur. Seize heures après, la nuit était tombée, il pleuvait toujours et j’étais complètement ankylosée par l'immobilité d'une journée d'écran. Cependant, j'ai passé un agréable moment. Humour, histoires invraisemblables, amours, amitiés, jalousie, suspens, personnages attachants, le tout assez bien ficelé, bien mis en images, que demander de plus ?  Evidemment, ce n'est pas Shakespeare....

 

Evidemment, depuis, j’ai aussi visionné la saison deux. Mais en petits morceaux, épisode après épisode. Plus rationnellement. J'ai pris le temps. Et vous savez quoi ? J’attends impatiemment la sortie de la saison trois.

   Et puis encore, un autre truc extraordinaire : je n’aime pas les mathématiques. Je suis hermétique à la géométrie. Des boutons me poussent sur le visage lorsqu’on essaie de me parler physique, chimie, géologie et tutti quanti. Je ne comprends pas grand-chose ni à l’océanographie, ni au magnétisme terrestre. Alors je me demande pourquoi j’ai acheté un ouvrage au titre évocateur « Les arpenteurs du monde » dont la quatrième de couverture suggérait bien le contenu ? A moins que ce livre ne se soit trouvé par hasard dans ma bibliothèque. Le plus extraordinaire, c’est qu’un soir – ni solitaire, ni pluvieux, ni particulièrement déprimé – j’ai plongé à l’intérieur. Et figurez-vous que le contenu m'a accrochée, retenue, subjuguée. Histoires incroyables. Celle racontée par Daniel Kehlmann, jeune auteur allemand, qui retrace les aventures rocambolesques d’Alexander von Humboldt (1769-1859) célèbre naturaliste et explorateur prussien, créateur de l’écologie, précurseur de l’océanographie et de la climatologie. Ainsi que celles non moins farfelues, même si le personnage est plus indépendant, de Carl Friedrich Gauss (1777-1855), enfant surdoué surnommé le Prince des Mathématiciens, découvreur de la méthode des moindres carrés, auteur d’un traité d’arithmétique, et qui termina sa vie à Göttingem, comme professeur d’astronomie, après avoir étudié le magnétisme terrestre et être un as en la matière. Ils ont arpenté la planète. Dans tous les sens. Ils l'ont mesurée, répertoriée, et nous ont transmis leurs observations. D'abord histoires en parallèle ; puis histoire de leur rencontre tardive, mise en confrontation de leurs différences, de leurs accointances, cet ouvrage n’est pas un livre scientifique, non, pas du tout. Palpitant, plein de verve et de philosophie, magnifiquement écrit, il m’a tenu en haleine durant ses 299 pages. Je vous le recommande.  Et comme en plus, il est sorti chez Actes Sud, c’est un véritable plaisir que de le feuilleter.        
      

 

 

Actualité du 15-03-2008                                      

Actualités

Ça fait bien longtemps que je ne vous ai entretenu sur mes plaisirs solitaires de découvertes littéraires ou expositionnelles…. Pourtant, pourtant, pourtant, j’ai lu durant ces derniers mois. J’ai lu et j’ai arpenté les boulevards, les jardins, les expo. J’ai photographié à tout va (j’ai même cassé l’objectif de mon appareil photo !) J’ai enregistré aussi bien que possible. J’ai répertorié au mieux. Je vous livre quelques aperçus de mes délirances, mes coups de coeur :

D’abord quelques ouvrages, sérieux, moins sérieux, pas sérieux du tout

Trois bouquins qui offrent un vrai régal pour les yeux. Deux promenades en jardins, dans des endroits merveilleux, féériques, étranges, lumineux, symboliques ; sur les textes ciselés d'un sécateur poétique par des jardiniiers du verbe ; et une balade absolument délicieuse commise par Pierre Rival. Séquences nostalgies, photos, recettes, tout est bon dans "Au pied de cochon"

                                      

Deux autres livres, très différents. L’un m’a emmenée dans  un monde à part – vers l’au-delà en quelque sorte – intéressant, fascinant. Un ouvrage que je relirai sûrement, tant est dense le sujet ; et l’autre au bord de cet océan si cher à mon cœur. Les baïnes de l’Aquitaine, voyez-vous, ont bercé mon enfance et parfois, il m’arrive, après tant d’années, d’y retourner la nuit m’y baigner en rêve. L’histoire que raconte Eric Holder n’est pas vraiment captivante, gentillette dirons-nous, mais j’ai senti l’air salé sur mes lèvres, assise dans ce train qui m’emmenait vers Paris pour un week-end de promenades familiales. Une gourmandise d'autrefois avant un dimanche d'aujourd'hui. 

Et puis, bien sûr, ces « Pépites de café » dont je vous ai entretenues dans mon édito et dont je ne peux m’empêcher de vous en livrer, encore, une ou deux, juste pour le plaisir 

Il n’y a pas de dictateur végétarien !

On peut toujours rêver d’un monde meilleur, ça ne coûte rien, ni en hommes, ni en matériel

 

Actualité du 15-02-2008                                      

Actualité

La visite de la fanfare
Film d'Eran Kolirin - avec Ronit Elkabetz, Sasson Gabai...

Si ce film passe dans une salle près de chez vous, n'hésitez pas, courez le voir. Tout en finesse, en subtilité et en humour, il nous conte les mésaventures d'une fanfare Egyptienne égarée dans un petit village Israélien, paumé entre nulle part et n'importe où. Histoire d'amour en pointillés, histoire humaine en filigrane, le décor est somptueux, aérien, suant d'ennui et d'attente. Mais que d'humanisme, que de bonheur au cours de cette rencontre improbable, comme si soudain une musique pudique et silencieuse donnait sa pleine mesure tonitruante. A voir, à voir, à voir...  ne serait-ce que pour la magnifique Ronit Elkabetz, restauratrice au grand coeur qui rêve la vie et donne son amour sans compter.

Et puis encore, visite d'un musée très particulier

Le fer dans tous ses états

Comme un grand navire de métal et de verre ancré au pied du parc de Montaigu le Musée de l’histoire du Fer, ouvert depuis 1966 à Jarville-la-Malgrange (54), offre aux visiteurs de faire connaissance avec le fer à travers les siècles et les continents, en passant par la Lorraine, où les gisements furent classés parmi les plus vastes du monde et exploités jusqu’en 1997. 

Mises en valeur chronologique à l’aide de maquettes, d’objets originaux, d’une documentation iconographique, les techniques de production de fer, de fonte, d’acier s’exposent et montrent l’évolution des moyens, depuis le minerai de fer extrait en 1500 avant Jésus-Christ jusqu’à la révolution industrielle et l’avènement de l’acier. Tout y est montré, démontré, dénombré sur quatre niveaux qui, du sous-sol où l’on retrouve la métallurgie primitive, mènent d’étage en étage par un escalier résonnant à chaque pas,  vers  l’apogée de l’acier dans ce XXè siècle ouvert sur les nouvelles technologies. 

De l’infiniment petit à l’extraordinairement grand

Sont rassemblés là, de l’infiniment petit à l’extraordinairement grand, des outils que ce soit ceux du forgeron de l’Antiquité ou ceux de Gustave Eiffel ; des armes, canon de 75 ou obus ; huilés, polis et en parfait état  des moteurs avec pistons, cardans, des engrenages, des poulies ; des roues impressionnantes prêtes à reprendre du service ; des ancres de marines ; des palans ; des treuils ; des vélocipèdes ; une voiture automobile Renault 1910 rutilante et même « la Boyotte », superbe petite locomotive à voie étroite, modèle 1880, qui était employée à l’intérieur de l’usine de Neuves-Maisons. 

                      

Puis un étage plus haut l’acier dans l’architecture à compter de l’exposition universelle de Londres en 1851. Et pour faire bonne mesure on y rencontre des peintres, dont François Bonhommé dit le Forgeron (1809-1881) qui consacra son art à l’industrie. On y retrouve les pieds de bancs de jardins, décor végétal sortant des fonderies Durenne du Val d’Osne. On y découvre des ingénieurs méconnus, des grands noms de l’industrie et même la ferronnerie de Jean Lamour et les grilles de la Place Stanislas. 

A l’extérieur du musée, sous les auvents une exposition de matériels et de machines témoignent de la sidérurgie du XIXè siècle, martinets, pont-roulant, cubilot, côtoient un tronçon d’escalier d’origine de la Tour Eiffel, construite avec des éléments fabriqués aux usines de Pompey.

Un mécène averti

Edouard Salin (1889-1970), ingénieur métallurgiste, né en Meuse appartient à ces familles de fondeurs qui ont fait la gloire des fonderies d’art du XIXè siècle. Archéologue réputé, membre de l’académie des inscriptions et des Belles Lettres, ses travaux et ses observations ont été déterminant dans la création du centre de recherches de l’histoire de la sidérurgie, édifié grâce à sa générosité sur le domaine de Montaigu, à deux pas du château habité par la famille Salin. Le château contenant des collections de mobiliers et les pièces archéologiques léguées par Edouard Salin, le parc qui l’entoure sur plusieurs hectares et qui vaut à lui seul le déplacement, le centre de recherches, ainsi que le musée appartiennent aujourd’hui à la communauté urbaine du Grand Nancy qui en assure la restauration,  l’entretien. L’ensemble s’inscrit dans les itinéraires du Patrimoine.

Le Musée de l’histoire du fer fait partie du centre de culture scientifique technique et industrielle du fer et de la métallurgie (CCSTIEM) qui comprend également le laboratoire d’archéologie des métaux – restauration des métaux archéologiques et recherches sur la métallurgie ancienne – et un centre de documentation accessible à tous, sur rendez-vous. Le Musée est ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 14 h à 17 h (18 h en été). Samedi, dimanche, jours fériés de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Tél. 03.83.15.27.70.

                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actualité du 15-01-2008                                      

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Je vous propose, aujourd'hui, un petit tour dans mon département. Un petit tour qui va nous emmener à la lisière des Vosges. Ligne bleue à l'horizon. Suivez moi, je vous sers de guide...

Eblouissant panorama
       
photo d'Yves Blanqui

A bâbord, à tribord de ce vaisseau citadelle dressé sur un escarpement rocheux, comme un océan qui offre le moutonnement de ces rouleaux successifs, le paysage haut marnais déploie  sa perspective de champs, de forêts, de coteaux. Au loin, colline après vallon, vagues vertes, vagues blondes, c’est toute la vallée de la Meuse, le Bassigny, le plateau de Langres, la ligne bleue des Vosges, et même par temps clair le massif du Mont-Blanc que le promeneur découvre à perte de vue.

Plus près, à portée du regard, d’anciens vergers courent au pied des murailles et leurs têtes chenues sont autant de taches colorées disséminées dans la végétation ambiante ; tandis que la pointe du clocher de l’église Saint-Thibault, figure de proue du navire, paraît percer le ciel de sa flèche rapportée. Un jardin mystérieux, à peine caché par une lourde grille, laisse entrevoir sa prairie touffue, d’antiques escaliers menant à un théâtre de verdure imaginaire, l’exubérance insolite d’un noyer qui met en joie la rigueur de cette construction du XIè siècle, remaniée Renaissance, qui servit de remparts frontaliers durant plusieurs centaines d’années.                                              

Se permettre cette escale en panorama est à la fois grandiose, impressionnant, émouvant. Le vent du large y est enivrant.

Mont Oriol (1887) - extrait
     

Quand ils parvinrent au sommet, la jeune femme poussa un cri d’étonnement devant l’immense horizon déployé soudain sous ses yeux. En face d’elle s’étendait une plaine infinie qui donnait aussitôt à l’âme la sensation d’un océan. Elle s’en allait, voilée par une vapeur légère, une vapeur bleue et douce, cette plaine, jusqu’à des monts très lointains, à peine aperçus, à cinquante ou soixante kilomètres, peut-être. Et sous la brume transparente, si fine, qui flottait sur cette vaste étendue de pays, on distinguait des villes, des villages, des bois, les grands carrés jaunes des moissons mûres, les grands carrés verts des herbages, des usines aux longues cheminées rouges et des clochers noirs et pointus bâtis avec les laves des anciens volcans. Guy de Maupassant

Probablement construit au Xè siècle en tant que château-fort frontalier, il devint au XIIIè un symbole d’indépendance face au comte de Champagne et à l’évêque de Langres. Perchée sur le point culminant d’un escarpement rocheux situé sur la rive gauche de la Meuse, la forteresse connut divers remaniements au fil des siècles, mais ne perdit rien de la somptuosité de son décor naturel. 

L’arasement de la plus longue courtine a permis d’aménager une terrasse qui s’épanouie sur la vallée et un panorama exceptionnel. Depuis quelques années les actuels propriétaires autorisent les visiteurs, les touristes à profiter ce cette vue imprenable, en laissant la grille de leur domaine ouverte. Chacun y trouve son eldorado visuel.

  
Clefmont - Haute-Marne

 

 

 

Actualité du 15-12-2007                                      

Actualités

Visitons l'Ermitage
     Je vous invite à ouvrir une fenêtre. A vous introduire dans mon album de souvenirs. A découvrir l'un des plus beaux musées du monde : l'Ermitage. Juste quelques images volées au temps, volées à l'histoire. Juste le parfum d'un passé pas si lointain. Juste une atmosphère particulière. Atmosphère ? J'ai écrit atmosphère... Il neigeait ce jour là sur Saint-Pétersbourg, ville magique, ville tremblante, rugissante, ville aux mille visages, ville rutilante. Au dehors, paysages féériques, au dedans, chaleur et trésors étalés. Magnifique.  

                      
Et pendant ce temps là, la Néva majestueuse, grandiose, charrie l'hiver naissant, tranquille.
                         

Un peu de littérature

Deux ouvrages à vous recommander, deux ouvrages lus avec bonheur, même si, à priori, ils sont très dissemblables. Mais j'ai des goûts livresques variés et même parfois bizarres (tiens, j'ai dit bizarre !) comme cette affection pour tout ce qui touche aux cochons ! Aujourd'hui, il ne s'agit pas de porc, mais de

L'élégance du hérisson : de Muriel Barbery, paru chez Gallimard. J'ai souvent réticence à acheter LE livre dont on parle (sûrement mon côté rebelle ;-)) C'est pourquoi, j'ai tant tardé avant d'acquérir celui-ci. Mais comme l'auteure est amie avec un de mes amis, auteur lui-même, et qu'il m'en parlait à chaque fois que nous nous rencontrions, j'ai succombé et... je n'ai pas regretté. Un peu de mal à y entrer - trop philosophique pour mes petits neurones - mais une fois dedans, quel régal. Ecriture à deux voix, à deux générations, à deux sensibilités. L'exercice est magistralement effectué.

Histoire de Lisey : de Stephen King paru chez Albin Michel. Je ne rate pas une des sorties de King (comme aussi Valdès ou Vargas : à chacun ses petites turpitudes qui peuvent paraître paradoxales avec ce que j'ai écrit plus haut). Chaque fois, je dévore l'énorme pavé en un week-end. Bien sûr, je n'ai pas failli à mes habitudes en ingurgitant les 566 pages de cet ouvrage. Prétexte fantastique autour de l'histoire de Babylove, épouse d'un écrivain célèbre décédé depuis peu, pour décortiquer les sources de la création. J'ai eu l'impression d'avoir, en plus d'une trame toujours pleine de suspens, une sorte d'autobiographie du talentueux écrivain du Maine. Que de progrès dans l'écriture depuis Carrie !

Un site à visiter

Grâce à l'un d'entre vous - et par l'intermédiaire de nos échanges - j'ai exploré un bien joli site que je vous recommande : www.thiphaine-l.com

Joyeux Noël
                                             

                                        

 

à l'année prochaine

 

Actualité du 20-11-2007                                      

Actualité

Plein de choses dans cette actualité. Plein de choses que je vous livre en vrac....
d'abord un p'tit coup de pouce je t'aime un peu, beaucoup
     

Quand les pétales de la mémoire s’envolent, quand le temps s’effeuille doucement, ne reste alors pour l’individu que des flash-backs dispersés. Avec le single « J’y étais pas », sorti en septembre 2007, Cédric Barré, Thierry Cadet et le collectif Les Marguerites initient un vrai mouvement de solidarité, au profit de l’Association France Alzheimer.

C’est parce qu’il venait de perdre sa grand-mère que Cédric Barré, jeune auteur compositeur interprète, Bragard d’adoption, a, pour exorciser le chagrin, écrit cette chanson et mis son titre à son dernier CD, « La Ronde », édité en 2006. C’est parce que le sujet le concernait de près – sa grand-mère venait de mourir, déboussolée, dépendante – que Thierry Cadet, auteur et interprète Parisien, à l’écoute de cette mélodie, a pris contact avec le premier. Ils s’étaient croisés à l’Olympia, lors du concours de la Rose d’Or. Ils cherchaient tous deux un moyen de mener une action concrète de sensibilisation auprès du public afin de faire sauter les tabous qui entourent cette maladie et rendre à l’humain sa dignité. Cette grande aventure en hommage à leur aïeule respective, Marguerite premier prénom de l’une, second prénom de l’autre, les a conduits à se dépasser. Car il a fallu convaincre, trouver des supports financiers, des relais, démontrer qu’en dépit du peu de moyen on peut offrir de la qualité. 

   
à retrouver sur www.lesmarguerites.net

Prenant chacun contact avec des artistes indépendants, des baladins de leurs amis, des gens de coeur, ils réunissent vingt-trois interprètes venant des quatre coins de France afin d’enregistrer, ensemble et bénévolement, un CD et de filmer dans la foulée un clip vidéo.  Le collectif « Les Marguerites » germe ainsi d’une volonté commune. L’Association France Alzheimer devient marraine du projet, son logo figure sur les documents, un site Internet – www.virginmega.fr – permet de télécharger  cette superbe chanson, pleine d’émotion. Les bénéfices seront reversés dans leur totalité à l’association. 

Comme les pétales de la fleur symbolique, les souvenirs des patients atteints de cette maladie  se dispersent. L’écriture du film reprend cette symbolique. En mars 2007, un petit appartement parisien a accueilli les participants pour les prises de vue du clip sous la direction de Fabien Remblier. Clip qui, en noir et blanc, offre des images tout en sobriété rendant le texte encore plus attachant. Mise en abîme d’un endroit qui, comme la mémoire, s’emboîte, se perd, défile, revient, s’éteint. Oublier l’avant. Fêtes familiales, photocopies à l’infinie, portraits qui se superposent,  moments de bonheur d’où l’autre se sent exclu ; « J’y étais pas, non, j’y étais pas. Ou alors je m’en souviens pas ». On ne sort pas intact à l’écoute de ce message d’amour transmis avec beaucoup de générosité. 

Les vœux

En cette année de campagne nationale contre ce fléau qui touche en France plus d’un million de personnes, Les Marguerites espèrent apporter leur contribution à une grande cause. Relayés par les stations de radio, quelques chaînes de télévision, par la presse écrite régionale, ne ménageant ni leur peine, ni leur temps, Cédric et Thierry, aimeraient enregistrer un album, mettre sur pied une série de concerts, même si, actuellement chacun des intervenants reprend le titre dans ses propres tournées. Le plus difficile étant de réunir les vingt-trois chanteurs pour une scène commune. Mais gageons que cette grande aventure ne va pas s’achever là et qu’ils sauront trouver les mots qu’il faut pour émouvoir le public et les décideurs.

Ensuite... une actualité qui nous vient de Suisse

 

Le magazine Terre & Nature - le magazine romand de la vie au vert - a sorti le 8 novembre dernier, un numéro spécial complètement consacré aux cochons. On y trouve, en autres dans la quarantaine de pages du mag, un conte inédit de Gilbert Salem "Gwok, le caïon noir" ; des cochons d'ici et d'ailleurs ; de nombreuses illustrations ; à manger et à se régaler avec des charcutailles et des porcheries appétissantes ; du s... port  et même une rubrique porcino-florale ; un article intéressant sur l'affection porcine de Jean-Claude Dreyfus..... etc.... etc.... et, votre servante en invitée de la semaine.

Grâce à ce magazine, j'ai appris que le 11 novembre, la plupart des cantons romans célébraient la Saint-Martin et faisaient ripaille en l'honneur du roi de la fête, sa majesté le cochon ! Sans doute pouvons-nous rapprocher ces fêtes Suisses de cette coutume Française qui, jusqu'au XIIè siècle, était une espèce de Carnaval avant le carême se prolongeant jusqu'äu 24 décembre. Ne prétendait-on pas à cette époque que  "à la Saint Martin, tue ton cochon fin, et invite ton voisin"  Donc fête d'ici, fête de là-bas, le porcinet est un vecteur de fêtes.

   
A retrouver sur www.terrenature.ch

Cochons par ci ; cochons par là ; cochons d'ici ; cochons d'ailleurs

  
  

et puis, il y a eu en cette période si riche d'activités diverses :

- l'expo cochonne de Vitry-le-François dans la  Marne ;
- la grande fête des cochons à Viéville dans la Haute-Marne ;
- la foire au cochon et le caïon d'Annecy en Haute-Savoie ;
- la dégustation d'un morceau fondant de porc à Saint-Pétersbourg.
 

  

et puis encore, et puis encore.....

Ça se passe au temps mythique, joyeux et paillard, où animal, végétal, et humain se côtoyaient sans anicroche – enfin presque. Comme dans la mythologie, la vraie, celle qui nous a été transmise à travers divers écrits, on retrouve dans ce film un invraisemblable monde, dans lequel un homme-cochon, honni et maltraité par ses contemporains, devient un Dieu par la reconnaissance de ces derniers. Concupiscence, ambition, soumission,  servilité, tous nos vices sont mis en exergue dans ce film de Jean-Jacques Annaud. C’est à la fois une fable drôle, une satire sur le pouvoir et ses dérives, la religion et ses outrances, le sexe et ses turpitudes. C’est original, plein de verve, l’image est – comme toujours avec JJA – magnifique et les acteurs sont absolument parfaits. Ils donnent tous l’impression de s’amuser en nous divertissant. José Garcia en cochon concupiscent grouinant et baisant , Vincent Cassel en Dieu Pan incandescent sautant sur tout ce qui bouge avec un sourire carnassier, et les autres  - Claude Brasseur, Bernard Haller, Rufus, Jean-Luc Bideau….- l’âme noire et l’œil avide. Un bon moment pour ceux qui savent prendre plaisir à l’anti-conformisme. 

Sa Majesté Minor
                                                                          


 

 

 

 

Actualité du 16-10-2007                                      

Actualité

Encore un tour dans ma jolie région d'eau, de forêt, de bocage... Les grues cendrées prennent le large, s'en vont vers le soleil, passent dans le ciel de Champagne. L'occasion pour moi de vous inviter à découvrir un endroit magique. Suivez-moi dans le bocage où le lac du Der étale ses paysages merveilleux.

Tout, tout, tout....
                        

Que vous soyez à voiles, que vous soyez à vapeur ; que vous soyez à pied ou à cheval, à bicyclette, en rollers, en pédalo ; que vous soyez randonneur, que vous soyez lézard de plage, que vous soyez disciple de Saint-Pierre, ou que vous vous laissiez emmener par un petit train aux oiseaux ; que vous soyez sportif ou contemplatif,  observateur à longue vue ou passant qui passe mains dans les poches ; que vous aimiez l’animation ou la tranquillité, le soleil ou l’ombre, cette promenade est pour vous. Avec ses soixante dix-sept kilomètres de berges, ses sentiers et ses pistes, ses forêts charmeuses, auxquels s’ajoutent les quatre milles huit cents hectares du plus grand plan d’eau artificiel d’Europe, on peut considérer que tout est mis en œuvre pour que vous y trouviez votre bonheur.

Aux limites de plusieurs départements, poumon de la Champagne Ardenne, l’endroit attire de plus en plus de vacanciers qui, en toutes saisons, y dénichent de nombreuses attractions. L’été, bien sûr, les plaisirs de l’eau sont omniprésents. A l’automne éclatant les balades prennent des allures de découvertes forestières. L’hiver installé prolonge ses attraits migrateurs jusqu’en mars, avec les images sublimes de l’incroyable chorégraphie des oiseaux qui s’entrecroisent au-dessus d’un paysage interstellaire. Ils descendent du nord par colonies entières et vont vers le soleil, pour s’en remonter dès les prémices de beaux jours, et le fond du lac, mis à nu chaque hiver, présente en cette saison là des ornements aux couleurs indéfinissables, dorés, gazelle, nacrés, grège, rubigineux, gorge-de-pigeon, blondoyant. Véritable arc-en-ciel magique qui, aux premiers frimas, offre sa palette chatoyante. Quant au printemps, il donne à ce miroir aquatique des allures océanes, qui grondent et claquent, moutonnent et s’étalent, se colorent d’émeraude sous le ciel de turquoise, ou d’or dans le soleil couchant.

La mouette rieuse
 

Quand les mouettes rieuses arrivent chez nous à la fin de l’été, les jeunes de l’année sont marqués de brun, l’extrémité de leur queue est barrée de noir, et les adultes ont perdu leur capuchon marron. Mais en toute saison et à tout âge, vous les distinguerez de loin de toute leur parenté, mouettes et goélands, à ce long triangle blanc en avant de l’aile. Car ne vous y trompez pas : quand vous irez au bord de la mer, c’est d’autres espèces que vous pourrez observer : la mouette rieuse niche en colonies dans les marais (surtout dans le nord de l’Europe) mais non pas sur les falaises bretonnes.

Oiseaux de Haute-Marne aux éditions Dominique Gueniot

Eclaron, Braucourt, Sainte-Livière, trois points stratégiques situés en Haute-Marne qui permettent, à la fois de crapahuter dans une forêt profonde, d’y ramasser champignons, fleurs de saison, merises et  noisettes quand celles-ci s’offrent aux promeneurs, comme de faire connaissance avec les plaisirs de la glisse. Ou encore simplement de s’installer pour la baignade, la bronzette, le farniente d’été ou de se mettre en poste quand la saison de la pêche est ouverte. Ou même d’admirer benoîtement le soleil couchant . Tout un programme que ces trois villages, unis dans l’administratif  puisqu’ils ne font qu’un, ne manquent pas de mettre en valeur depuis de nombreuses années.

A la découverte des villes et villages de Haute-Marne
  

En 1974, l’eau submerge des terres et des forêts situées sur les communes d’Eclaron et de Braucourt alors que les deux tiers du lac se trouvent dans la Marne voisine. Le plus grand réservoir d’Europe (350 millions de mètres cubes à son point le plus haut) qui a fait disparaître trois petits villages marnais (Nuisement-aux-Bois, Chantecoq, Champaubert-aux-Bois) et la plus grande partie des terres de Giffaumont, vient d’être terminé après des travaux qui ont duré dix ans. Ses digues, qui dépassent  parfois une hauteur de 20 mètres, sont faites d’argile prise sur place et compactée.

 

   
Martine Guyot-Jean Berton - éditions Dominique Gueniot
                                 
 

 

 

 

 

                                                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actualité du 19-09-2007                                      

Actualité

Mon actualité est fort riche, jardin, littérature, expositions.... je ne sais pas par quel bout commencer...

Littérature CV Roman
      

Avec ce troisième volet d’une trilogie débutée avec « Central » en 2000, Thierry Beinstingel renoue avec la littérature d’entreprise qu’il affectionne tant et dont il s’est fait le porte-parole talentueux. Regard acerbe et tendre, décortiquant la réalité en la saupoudrant de fiction, utilisant différents moyens narratifs, tour à tour Je ou un Autre - l’auteur, conseiller de carrières depuis 2003 dans un service de ressources humaines - met en scène l’existence d’une foule de personnages qui, à travers leur propre CV, sont les véritables conteurs de ces destins croisés. Par approches scénographiques brutes, par envolées poétiques, par touches discrètes comme il en a le secret, imposant ce rythme lent qu’il a, au fil des ouvrages, développé, Thierry Beinstingel fait pénétrer le lecteur dans ces vies laborieuses, parfois brisées, casées, souvent plus riches d’enseignement qu’il n’y paraît. Absurdité d’une société décomposée, recomposée, à la fois déshumanisée et pourtant bienheureuse. 

Mais comment construit-on les 350 pages d’un roman en partant de la brièveté de la page 21X29.7 d’un C.V. ordinaire ? Comme le concède l’auteur : « en écrivant 20 versions différentes au cours de deux années d’écriture. Architecturé autour des quatre rubriques d’un CV (expérience professionnelle, formation, loisirs, situation) qui se succèdent 13 fois, c’est un large roman baroque qui se veut une vision optimiste du monde du travail et, par extension de notre vie actuelle, quotidienne »  Quelques clins d’œil à la Haute-Marne, quelques jeux de mots émanant de ces deux lettres : CV (comme carton vide ou comme courrier en vain), invitent le lecteur, curieux-voyeur, à Continuer, Voguer… (rentrée littéraire Fayard – 350 pages, 20 €)

  
Article paru dans la Croix de la Haute-Marne du 7 septembre 07

En descendant dans mes jardins...
                                              
Parc Gilles de Trèves - Ville-sur-Sault (Meuse)

Le parc merveilleux de cette « demeure des champs » est situé juste à la frontière virtuelle entre la Meuse et la Haute-Marne. Deux départements voisins qui possèdent comme élément commun la Saulx. Elle court ici et s’en vient là. Elle est le lien, le prétexte au plaisir de découvrir un endroit fabuleux à cheval entre la Champagne et la Lorraine.

Utilisant les méandres de la rivière, Gilles de Trèves, humaniste de la Renaissance, lorsqu’il  organisa ce jardin, sut conserver l’aspect primitif de la nature tout en domestiquant celle-ci. Muré jusqu’alors dans un médiéval clos, le parc s’ouvre désormais au regard dans un flamboiement de couleurs et de parfums. Ce sera, dès cette époque, une fête permanente des sens, une réflexion métaphysique de la vision du monde, l’introduction d’essences nouvelles, la mise en espace harmonieuse d’un cadre prestigieux où le temps semble suspendu.

Au fil des siècles, les différents propriétaires auront à cœur de perpétuer la tradition, d’apporter à l’ensemble,  prudemment, des plantes originales pour laisser ouvertes la porte de la connaissance. Cet endroit merveilleux est à humer au printemps quand les seringats enivrent ; à respirer l’été quand les pivoines étalent leurs couleurs mirifiques ; à  soupirer l’automne quand éclatent les feux, les ocres et les roux.

               

La pivoine, ou Paeonia a reçu son nom de Peon, médecin des dieux grecs. Il aurait guéri la maladie d’Hadès, dieu des Enfers, avec des infusions de graines de pivoines.

La pivoine est l’une des fleurs préférées des Chinois et des Japonais qui excellent dans sa culture.

                                

C’est vers 1550 que Gilles de Trèves, un des personnages ecclésiastiques le plus important de la région et, depuis 1537, doyen de la collégiale Saint-Max de Bar-le-Duc, entreprend la construction de sa « demeure des champs » qu’il conçoit, comme le veut la mode de l’époque, à l’extérieur de la ville afin d’y trouver un peu de respiration. Il a pour imagier Ligier-Richier. 

Bâtie en pierre blonde de la Vallée de la Saulx, cette gentilhommière répond aux critères architecturaux idéaux du moment : le quadrilatère. Dans le soleil levant, ou dans celui couchant, la lumière opalise les façades dont les fenêtres à meneaux et échauguettes se fondent dans une symétrie harmonieusement composée. Le parc est à la mesure de ce joyau, largement ouvert sur l’immensité du ciel. 

A la mort de Gilles de Trèves, survenue en février 1582, Marie, sœur de ce dernier, hérite de la propriété qui restera dans la même famille jusqu’en 1893, époque à laquelle la famille Claudel en fait l’acquisition. Paul Claudel y fera de fréquents séjours et, c’est à l’ombre du Tulipier de Virginie, qu’il écrira « Le partage de midi ». Depuis 1970 la famille Misler a acquis le domaine. 

Dès l’origine l’art des jardins accompagne l’architecture et, actuellement, c’est plus de six cents espèces ligneuses qui composent le parc ; une collection de seringas unique en France, labellisée « Collection nationale » ; une collection de pivoines regroupant plus de cent variétés anciennes. En cet automne naissant, ne manquez pas d'y faire un tour si vous passez par là. Vous serez ébloui.

 

Actualité du 12-07-2007                                      

Actualité

Je vous ai déjà fait découvrir de petits morceaux de ma région disséminés à travers quelques uns de mes articles. Aujourd'hui je vous invite à descendre dans mes jardins. C'est de saison n'est ce pas. Alors, suivez-moi....

Un chateau dans un jardin ?
                                                 
Un jardin dans le chateau ?

 Gage d’amour et de fidélité

   

La légende raconte que Claude de Lorraine, duc de Guise, aurait fait construire le château d’Enbas, entre 1542 et 1546, afin de l’offrir en gage d’amour et de fidélité à son épouse Antoinette de Bourbon. Posée en un paradis verdoyant, cette maison des champs se voulait maison d’apparat, de fêtes, de plaisirs, demeure de représentation en ce siècle de Renaissance où il est de bon ton de montrer sa richesse à travers ses propriétés et leurs jardins.

   On n’impose plus sa puissance par les armes comme au Moyen-Âge, mais par l’esprit et la culture universelle.  L’honnête homme se veut naturaliste, ouvert sur le monde, brillant littérateur, philosophe et fin observateur. Il introduit dans ses parcs les essences rares rapportées du Nouveau Monde, et réalise une œuvre d’art au détour de ses bosquets.                                                

Les vertes rives, chevelues et humides, de ce fleuve étaient ornées de narcisses fleuris, du bulbe comestible ou cepaea marine, plantes aquatiques. On y trouvait aussi la jacinthe, le muguet, le glaïeul sur pied, tant celui des champs que celui d’Illyrie. Là foisonnaient le populage, la prêle ou queue de lion et le liondent, une quantité infinie de violettes de Tusculum, de violettes de mer, de violettes calathianes, de violettes d’automne, la tanaisie ou plante à odeur de punaise ou trachy, ainsi que d’autres  très nobles plantes qui croissent sur le bord des rivières. Là se trouvaient en grand nombre des oiseaux vivant sur les rives. C’était l’alcyon au plumage bleu, accompagné d’autres oiselets des plus rares, qui hantent le bord des fleuves ; c’étaient des cygnes chantant comme ils le font, à leur dernière heure, sur les flots du Méandre. 

Le long des rives susdites, d’un côté comme de l’autre, étaient rangés symétriquement des orangers, des citronniers, des cédratiers qui, du tronc au sommet, mesuraient trois pas.

Francesco Colonna - Le songe de Poliphile

       

Œuvres contemporaines mêlées aux sculptures végétales, puzzles colorés défiant le temps qui passe, dédales odorants, entrelacs chatoyants, écho musical rebondissant des salles du château jusqu’au berceau auquel la treille de la vigne s’accroche. Verger à l’honneur, arbres fruitiers étalés, ramassés, rassemblés, alignés, en espaliers, en fuseaux, en pots, éclatant au printemps, s’épanouissant l’été, donnant ses trésors d’automne, et s’endormant noueux à la saison des frimas. Jardin romantique aux arbres pleurant d’amour, sous la ramure desquels dans la brume glacée d’un après-midi de novembre, la promenade s’émerveille.  

  

C’estoit un jardin le plus beau et le plus accompli qu’on pouvoit souhaiter,soit pour le complainct d’arbres fruitiers, à pépin ou à noyau, comme de pommes, poires, guignes, cerises,griottes, oranges, figues, grenades, pesches, avant-pesches, presses, persiques, parvis, perdigoines, raisins muscats, prunes de Damas noires, blanches, rouges : bref de tous les meilleurs fruits et plus exquis qu’on sçauroit  recouvrer  en notre France, aux saisons ordonnées par la providence de ce grand Dieu, soit pour la beauté du parterre arrousé de trois fontainettes d’eau vive qui sourd des flancs de ce rocher, et qui fait un canal de largeur d’une toise et demie, passant au travers de ce jardin, enrichi de compartiments, entrelacs, bordures chiffres, armoiries, allées, clostures, cabinets, labyrinthes, berceaux, arcades, et de tous autres enrichissements que l’œil pouvoit souhaiter.

Remi Belleau - La Bergerie (édition de 1572)

Ecrit par l’illustre poète de la Pléiade qui, au service des Guise, passa trois ans à Joinville. Sa description des jardins a servi de guide lors de la restauration de ceux-ci en 1993. 

      
  

S’il n’a pas été possible de reconstituer les jardins à l’identique, faute d’une documentation suffisante, le projet s’est cependant inspiré des dessins de Boyceau de la Barauderie, du recueil de gravures d’Androuet du Cerceau et des écrits d’Olivier de Serre, ainsi bien sûr que de la description de Rémi Belleau.

Dans le jardin des plaisirs ce sont, enserrant le château dans des entrelacs de buis et de santoline, des parterres à compartiments qui tracent un puzzle coloré renouvelé au fil des  saisons, 

                                                     

    un labyrinthe, dédale de buis, un carré médicinal et ses plantes aromatiques, un carré bouquetier aux fleurs anciennes, un verger qui abrite soixante-dix variétés d’arbres fruitiers, un cabinet de verdure à l’enchevêtrement odorant de roses et de chèvrefeuille, un berceau tout de vigne encadré, un parc romantique composé de sentiers ondulants, de massifs en îlots et d’essences rares, de fontes d’art disséminées au détour des bosquets, ainsi qu’une sculpture contemporaine offerte par l’artiste japonais Toshiaki Tsukui qui épouse parfaitement la nature ambiante.
Château du Grand –Jardin

 52300 Joinville

 

 

 

 


 

 

Actualité du 12-06-2007                                      

Actualités

Et au milieu coule le canal
   Département béni des dieux, la Haute-Marne est un pays d’eau, pas moins de 500 rivières et ruisseaux, l’Aube, la Marne, la Meuse, la Seine, y prennent leur source. Il manquait cependant un lien, une voie navigable, entre le nord et le sud. C’est pourquoi, dès 1720, l’idée d’un canal reliant la Marne à la Saône germe dans l’esprit des manufacturiers de l’époque.             

Impératif économique indispensable à l’industrie du fer et aux transports inhérents à son modernisme, ce projet met plus d’un siècle à aboutir puisque la première étude, soutenue par les maîtres de forge, est soumise à l’approbation des décideurs en 1781. Elle donne lieu à querelles politiques ; elle  est alors blackboulée sans autre forme de procès. Ce qui permet à Emile Jolibois d’écrire au milieu du XIXè siècle, dans son dictionnaire de la Haute-Marne ancienne et moderne « il n’y a dans la Haute-Marne ni canal, ni cours d’eau navigable…. Il serait du plus grand intérêt pour nos usines que la Marne fut mise par des canaux en communication avec les bassins du nord » D’autres projets voient le jour au fil des décennies avant qu’enfin la plus grande voie navigable de France, offrant de rapprocher Dunkerque et Marseille, soit mise en chantier. La signature du décret impérial du 17 juillet 1861 ordonnant son exécution est l’occasion pour les Bragards de faire la fête.                                                    

   
Entre Champagne et Bourgogne

Les travaux se font par étapes. D’abord un tronçon de 70 kilomètres entre la Marne, au sud de Vitry-le-François et Donjeux qui est inauguré en 1870. Il dessert les fonderies des vallées, pour lesquelles est construit également un canal entre Saint-Dizier et Wassy. Ce dernier, long de 22 kilomètres, connaît alors un trafic important de chalands et péniches de fort tonnage jusqu’à la disparition progressive des hauts-fourneaux. Puis le second tronçon – le plus coûteux puisque de nombreux ouvrages sont nécessaires à sa bonne fin, notamment le bief de partage de Balesmes long de 10 kilomètres, dont presque 5 kilomètres de tunnel -  démarre ses travaux en 1880. Quinze années de dur labeur confié à des centaines d’ouvriers, terrassiers, artificiers, carriers, forgerons, maçons pour qu’enfin un bateau à vapeur puisse rallier Heuilly-Cotton, au sud de Langres où s’arrête provisoirement l’entreprise. En 1895, plus de 5 000 bateaux empruntent cette voie. 

Il faut cependant attendre 1907 pour que soit inauguré le canal dans toute sa longueur. Il traverse ainsi la Haute-Marne du nord au sud. Avec ses 225 kilomètres, ses 114 écluses, il relie la Marne depuis Vitry-le-François à la Saône à Pontailler-sur-Saône. Il est le témoin d’une activité considérable, avec ses ports d’embarquement où se pressent moult péniches, charroies et hommes de peine ; ses lavoirs disséminés le long ; ses chemins de halage où les chevaux assurent la traction de celles-ci, relayés plus tard par des tracteurs, avant que d’être équipées encore plus tard par des moteurs diesel intérieur. Avec également ses écluses à sas – invention de Léonard de Vinci – qui sont encore aujourd’hui un spectacle pour le flâneur même si la manœuvre des vannes et des portes n’est plus activée par les bras de l’éclusier. 

Car si le trafic commercial a beaucoup évolué, avec seulement 500 péniches par an transportant essentiellement du sable et des céréales, le canal est devenu un atout touristique non négligeable. Il n’est pas rare, dès les beaux jours venus, de voir à quai, pour une nuit ou pour quelques jours, des bateaux battant pavillon de pays européens – voire même des Etats-Unis. Quant aux chemins de halage, aménagés désormais pour le plaisir, ils se sont mutés en chemins de traverse destinés    aux promeneurs et pêcheurs bucoliques.

                             
article signé GML, paru dans le magazine du Conseil Général printemps 2007
 

 

 

Actualité du 13-05-2007                                      

Actualités

Thierry Beinstingel, écrivain catalogué

   

Thierry Beinstingel serait-il en passe de devenir le spécialiste des catalogues et albums ? Si un catalogue récupéré dans une usine fut le ferment de son ouvrage « Composants », paru en 2002 aux éditions Fayard ; avec « 1937 Paris-Guernica » sorti aujourd’hui chez Maren Sell Editions, c’est l’exploration du catalogue officiel de « Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la vie moderne » qui sert de prétexte au roman. Mais tout comme dans ces précédentes œuvres, le fourmillement du monde ouvrier, l’absurdité d’une société en perpétuelle transmutation, la décomposition d’une époque, sont magistralement mis en exergue. Le rythme rapide de l’écriture imposé par cette folie – bâtir très rapidement une ville entière – emporte le lecteur dans un véritable tourbillon. Cependant le goût du détail, si cher à l’auteur, se retrouve page après page 

Les personnages, anonymes ou connus, imaginaires ou réels, se croisent, vont et viennent, s’ignorent, s’interrogent, l’espace d’une saison. Les chantiers de l’exposition de 1937 ont pris beaucoup de retard, en partie à cause des grèves de 1936, mais également à cause des inondations qui ont submergé la capitale au printemps. La construction de ces bâtiments éphémères se fait en hâte. Béton, verre, acier jettent aux cieux leur immensité provocante. Les travaux continuent d’aller bon train, bien après l’inauguration du premier pavillon. Le photographe qui « réalise pour la première fois, un reportage de photographies « instantanées », en couleurs naturelles et reproduites en quadrichromie » doit instrumenter au milieu de la foule des ouvriers, puis des promeneurs. Pas de temps de pause. Il pose son grand trépied et hop ! saisit le moment. L’imprimeur imprime dans la fièvre les milliers d’exemplaires qui seront vendus aux curieux.

Guernica, noir et blanc
Et puis il y a, en contrepoint – comme écrit l’auteur – le regard photographique, en noir et blanc, de Dora Maar qui fixe sur la pellicule, au jour le jour, image après image, le travail du Maître. Muse, égérie, maîtresse de ce dernier, elle assiste au travail de celui-ci. Dans l’appartement du quai des Grands-Augustins, Picasso édifie, dans la fièvre également, en quelques semaines, une de ses œuvres magistrales, commandée par les républicains pour s’accrocher aux cimaises du pavillon espagnol. Pavillon qui, curieusement, ne figure pas dans le catalogue officiel. Oubli volontaire ? Involontaire ? Manque de temps ? Veut-on ignorer l’horreur ? « Guernica », l’immense tableau aux tonalités angoissées, dérange, scande la barbarie en marche. 

 

Mais, comme l’a souligné Thierry Beinstingel, alors que le public le rejoignait à la Librairie Larcelet pour une soirée d’échanges «  70 ans après, que reste-t-il de ce catalogue ? Quelle leçon a-t-on tirée de cette époque ? » Et chacun de feuilleter le fameux catalogue, images populistes aux couleurs surréalistes. Et chacun d’écouter les anecdotes de cet auteur qui avoue voyager dès qu’il ouvre un album ou un catalogue.

Article signé G.M.-L., paru dans l'hebdomadaire La Croix de la Haute-Marne le 20 avril 2007

 

Actualité du 12-04-2007                                      

Actualités

Quand la Cochonne voit la vie en Roses

Un article signé Dany Robert

Celle qui se nomme elle-même la Cochonne, GML, Vient de sortir un nouveau livre plein d'amour, de poésie et d'érotisme, intitulé "Ma vie en roses". C'est une sorte de carnet de voyages, de vagabondages intérieurs, de promenades en fantasmes, de ballades d'amour et d'humour. Avec des images dépaysantes et des textes fantaisistes.

Dans la même veine que le site Internet de l'auteure (www.cochonnet.org), ce recueil de poésie enchantera et fera passer un moment agréable, drôle et divertissant au lecteur ; ce qui est visiblement le but recherché. L'auteure passe ainsi de la nostalgie - avec le poème "L'Eternité" - à l'émotion - comme avec "Ma vie en roses" - à l'humour - avec "L'imper" - tout en collant à l'actualité : GML écrit sur les rencontres virtuelles faites sur la toile par exemple et frôle toujours du doigt, ou plutôt du groin, l'érotisme latent et charmant qu'elle aime faire ressortir. Elle parle aussi des fleurs, pousse des coups de gueule, aborde la question de l'environnement et parle, évidemment des cochons. "Les puristes, bien sûr, vont trouver que c'est un drôle de mélange. Mais la vie n'est-elle pas un mélange perpétuel ? Et puis j'aime bien surprendre" confie-t-elle

 
   

J'adore jouer avec les mots
GML a toujours écrit, c'est comme elle dit "ma respiration, mon évasion, mes voyages interplanétaires. Sans écriture, je meurs" Mais c'est seulement en 1992, date de son premier livre écrit en collaboration avec son fils Olivier, qu'elle édite un recueil de nouvelles fantastiques. Sa bibliographie s'enrichit très vite, entre les ouvrages historiques, les recueils de poésie, les pièces de théâtre, les nouvelles, sans oublier bien sûr les articles de presse, puisqu'elle a écrit pendant de nombreuses années dans ces colonnes, ainsi que dans d'autres journaux locaux.

Certains lui demandent d'où lui vient son amour des cochons : "là encore, c'est une sorte de défi. En 2003-2004, j'avais envie de construire un site Internet. Et dans le même temps le mot cochon m'amusait. C'est un mot très ambivalent. J'adore jouer avec les mots. Je suis vraiment une exploreuse de mots, comme je suis une voleuse d'images. J'ai donc travaillé le sujet, approfondi et j'ai mis en ligne mon site rigolo. C'est un moyen comme un autre de partager des émotions, de m'adonner à mon vice préféré : la littérature"

La Cochonne a bien sûr des projets sur le feu, comme "Les Globos sont fatigués", pour le moment une loufoquerie inclassable qu'elle a distillée sur son site à raison d'un épisode par mois. Il y a aussi un roman sur la vieillesse, la fuite de la mémoire et la mort. En attendant ses prochains ouvrages, "Ma vie en roses" est disponible chez tous les libraires ou à commander sur le site de l'auteure.

Paru dans le supplément Magazine du JHM du 11 mars 2007

 

 

Actualité du 07-02-2007                                      

Actualités

L'année du Cochon
                                                                                                

cochons joyeux

 

Le zodiaque chinois compte douze signes, représentés chacun  par un animal. Comment ces douze charmantes bestioles ont-elles traversé le temps pour parvenir jusqu’à nous ? Nous l’ignorons. Seule une légende perpétue cette tradition. Elle n’a valeur que de légende, bien sûr. Je vous la livre telle qu’on la trouve dans la plupart des ouvrages d’astrologie chinoise.

Plus de cinq siècles avant Jésus-Christ, Bouddha avait invité tous les animaux de son royaume à se présenter devant lui afin de les informer de son accession à l’Eveil et leur attribuer une récompense. Pour des raisons mystérieuses, seuls douze d’entre eux répondirent à cette invitation. Le Rat arriva le premier, avec à sa suite le Bœuf, le Tigre, le Lièvre, le Dragon, le Serpent, le Cheval, la Chèvre, le Singe, le Chien et enfin le Cochon. Pour les remercier, Bouddah associa le nom de chacun d’eux à une année et fit en sorte que les humains héritent de certaines caractéristiques de la personnalité de l’animal correspondant à leur année de naissance. A ces douze signes zodiacaux, se greffent les cinq éléments majeurs de la cosmogonie qui renforcent ou tempèrent leurs caractéristiques. Il s’agit du Bois, du Feu, de la Terre, du Métal, de l’Eau.

 Cependant, pour être un peu plus pragmatique, il faut souligner que les premiers vestiges concrets de la pratique astrologique chinoise remontent au second millénaire avant notre ère. Donc, bien avant l’avènement du bouddhisme. Il s’agit de signes gravés sur des omoplates de mouton, de bœuf, de porc, et exprimant des prédictions fondées sur les cycles de la nature. On trouve également mention de l’astrologie chinoise dans un certain nombre de textes qui sont considérés comme classiques, tel par exemple le Yi Jin, ou livre des Oracles datant de 1100 avant Jésus-Christ.

                               
cochons affectueux

 Nous entrons dans l’année du Cochon
Du 18 février 2007 au 6 février 2008, nous serons dans l’année du Cochon. Année de prospérité, d’autant plus importante qu’il paraît que nous serons dans l’année du « Cochon doré » qui ne se présente que tous les 600 ans, si l’on en croit les diseurs de bonne aventure. Nous aurons donc – toujours d’après les mêmes – une année emplie d’exploits de toute sorte ; une année de changements notables ; une année d’humanisme. Elle nous offrira – paraît-il – de pouvoir enfin travailler ensemble pour la Paix mondiale. Acceptons-en l’augure sans sourciller.

 Le Cochon (ou Porc, ou Sanglier) est né sous le signe de l’honnêteté. On le reconnaît à sa gentillesse, à sa compassion, mais également à ses prodigieux talents de conciliateur. Car, comme rien ne lui déplait davantage que la discorde et les frictions, il s’emploie sans relâche à dissiper les malentendus et à trouver les terrains d’entente qui peuvent rétablir l’harmonie. Son sens de l’humour est notoire et c’est un bon vivant.

Le Cochon de Métal (né en 1911 et en 1971) se démarque par ses ambitions et la résolution dont il sait faire preuve. Solidement constitué, plein d’énergie, il se consacre à une foule d’activités. Chaleureux et sociable, il est entouré de nombreux amis. Le Cochon d’Eau (1923 et 1983) possède un grand cœur. Il est généreux, loyal et veille à rester en bons termes avec tous. Il apprécie particulièrement les activités de plein air, les soirées entre amis et les événements mondains. C’est également un habile communicateur. Le Cochon de Bois (1935 et 1995) est amical et persuasif. Il aime s’impliquer dans une foule de choses qui passent à sa portée et accepte parfois un trop grand nombre de responsabilités. D’une loyauté exemplaire envers sa famille et ses amis, il éprouve également satisfaction à aider moins fortuné que lui. Le Cochon de Feu (1947) a un goût marqué pour l’aventure et dispose d’inépuisables réserves d’énergie. Cependant, sa fougue l’emporte quelquefois alors qu’un peu de prudence serait salutaire. Il jouit souvent d’une bonne étoile et sa générosité est légendaire. Le Cochon de Terre (1959) est doué d’une nature bienveillante. Plein de bon sens et de réalisme, il ne ménage pas ses efforts pour donner corps à ses ambitions. C’est un organisateur né et un habile homme d’affaires. Son sens de l’humour et sa bonne humeur lui attirent de nombreux amis.

 
        
cochons épistolaires

A noter que la prochaine année du Cochon viendra vers nous du 05 février 2019 au 24 janvier 2020. Pour retrouver l’année du Cochon et des prévisions plus étendues, je vous invite à lire « Horoscope chinois 2007 » de Neil Sommerville aux Editions de l’Homme, d’où j’ai tiré ces quelques extraits.

                                                      
cochons tchin... tchin....
 Et mille et un mercis, pour leurs envois, leurs pensées, leurs cadeaux, leurs signes à Alexandra, Catherine, Claude,  Françoise, Hélène, Martine B., Martine J., Pascale, Christian, Jacques C., Jean, Jérôme, Salvatore, Sébastien, Thierry, Yves.... et les autres, évidemment.

 

Actualité du 07-01-2007                                      

Actualités

Ah ! que Marianne était jolie.....
      

Etait-elle brune ? Etait-elle blonde ? Grande ou petite ? Nul ne saurait dire, car la femme, choisie comme allégorie de la Liberté et de la République et dont le buste, tant de fois célébré par des artistes de tout temps, est passé à la postérité, demeure une inconnue.

Marie et Anne étaient des prénoms très répandus parmi les femmes du peuple au XVIIIème siècle, et lorsque éclate la révolution française, cette Marianne symbolise aux yeux des révolutionnaires la Mère Patrie, donc le peuple ; alors que pour les contre-révolutionnaires qui jugent ce prénom péjoratif, elle devient motif de raillerie. La trace de la première femme à bonnet phrygien apparaît en 1792, dans une chanson en occitan composée par Guillaume Lavabre, poète du Languedoc, intitulée la garisou de Marianno (la guérison de Marianne) et le décret que prend la Convention le 23 septembre 1792  officialise « la Liberté, jeune femme à robe courte, debout, tenant de la main droite une pique surmontée du bonnet phrygien, ou bonnet de la liberté, avec à ses pieds un gouvernail » qui devient ainsi le sceau de l’Etat. Le bonnet phrygien était à l’origine porté par les esclaves affranchis de la Grèce et de la Rome ancienne. Les marins et les galériens de la Méditerranée, révolutionnaires montant à Paris, étaient également coiffés d’un bonnet à l’identique qui deviendra la coiffe notoire des sans-culottes. 

 

   

Et si toutes les mairies de France en possèdent une, variant d’une commune à l’autre, parfois chapeautée d’une couronne, une étoile, des épis de blé remplaçant le fameux bonnet, quelquefois guerrière, d’autres fois plus maternelle avec la poitrine opulente, parfois pudique le sein couvert, d’autres fois luxurieuse, ce n’est pourtant qu’après 1877 que le buste de Marianne, évinçant celui de Napoléon III, y fait une entrée remarquée. Aujourd’hui ayant survécu à cinq Républiques et à bien des aventures, elle a investi, non seulement les mairies, mais aussi les écoles ; cinq cents places publiques en sont ornées ; des sculptures, des  tableaux, des caricatures, des médailles, des pièces de monnaie, des figurines, mais également des timbres reprennent ce visage éternellement jeune et calme. La « doyenne » dressée en plein air se trouve à Marseillan dans l’Hérault et peut-être la plus célèbre, la Marianne sur les barricades fut peinte par Eugène Delacroix. Brigitte Bardot, la première vedette people à prêter en 1969 son image à cette représentation, sera suivie par Mireille Mathieu, Catherine Deneuve et Laetitia Casta. La Marianne institutionnelle est devenue parabole médiatique.

Ne voyez dans cet article aucune connotation politique. Même si nous sommes dans une année d'élections, mais plutôt un hommage rendu aux femmes.

 

Actualité du 13-12-2006                                      

Le coin des orateurs ouvert à tous

     

Au cœur même de la fureur urbaine, les parcs londoniens offrent leurs 300 hectares de verdure, de promenades, de loisirs et parfois de « loufoqueries ». Situé dans le coin nord-est de Hyde parc, à deux pas de Marble Arch, le célèbre Speaker’s Corner permet à tous et à chacun d’haranguer la foule.

Immunité garantie pour les orateurs, à condition bien sûr que leurs paroles ne soient « ni obscènes, ni diffamatoires », et surtout, surtout, qu’elles ne soient pas insulte à la famille royale. On peut donc, chaque dimanche et seulement le dimanche, y traiter de n’importe quel sujet, exposer ses idées, lancer au quatre vents des diatribes,  interpeller le passant qui passe, entamer le dialogue. Politique surtout, religion, protection de l’environnement ou devoir de mémoire se croisent, s’entremêlent dans une cacophonie parfois grotesque, souvent exaltante, quelquefois amusante, suivis par un auditoire de curieux surpris, de touristes appareil photo en action, de promeneurs, et encadrés, au loin, par des bobbies attentifs à la sécurité.

Et si l’endroit n’est pas, à priori, le centre de la vie culturelle londonienne, il n’en reste pas  moins que la liberté d’expression s’y développe avec intensité, une certaine créativité et une belle dose d’humour tout britannique ; car bien sûr il est indispensable de maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare pour captiver l’auditoire. On prétend même que c’est ici que Lénine a fait ses classes de rhétorique anglophobe et certains leaders politiques des anciennes colonies anglaises ne cachent pas que le lieu est une sorte de grand chaudron dans lequel se brassent les idées.

  

 Tradition oblige

Si, à l’origine, Hyde parc servit de terrain de chasse au roi Henri VIII qui l’avait confisqué à la communauté religieuse catholique, puis de jardin public aménagé à compter de 1635, c’est en 1855 que se réunirent pour la première fois dans cette partie du plus populaire et du plus fréquenté des parcs, cent cinquante mille personnes bien décidées à protester contre le « Sunday trading bill » de Lord Robert Grosvenor, un décret qui autorisait le commerce le dimanche. Ce regroupement étant illégal, la police intervint en tentant d’appréhender l’un des principaux orateurs. Ce dernier leur échappa.

 Puis en 1872, à la suite d’autres manifestations du même ordre, dans lesquelles les orateurs prenaient la parole, grimpés sur des caisses, des tabourets, des marchepieds, puisqu’on leur interdisait le sol anglais, un droit de parole fut autorisé pour tous. Depuis la fréquentation du Speaker’s Corner ne se dément pas et toute personne désireuse de faire connaître son opinion peut y invectiver la foule, sans que le pouvoir royal songe un seul instant à museler les opportuns. Nous sommes, comme le soulignait Alain Peyrefitte dans son ouvrage « Le mal français », dans une société de confiance.

Quoique, aujourd'hui, après les attentats qu'ont subis les britaniques, le Speaker's Corner est un petit peu moins libre.

     

 

Actualité du 07-11-2006                                      

J'aimerais vous faire partager mes passions

LES MYSTIFICATIONS DE SEBASTIEN CHAMPION

L’exposition qui se tient actuellement à l’Espace Saint-Louis de Bar-le-Duc (55) nous invite à entrer dans le monde du supposé. Monde labyrinthique qui nous entraîne dans une société imaginaire ritualisée, composée de pavés mosaïques, de murailles, de miroirs, de perspectives à l’infinie.
       

 

A travers le journal et le carnet de voyage  d’Ester Moïdé, archéologue allemand du début du XXème siècle, nous découvrons « Le Mystéïon, parcours initiatique de l’Antiquité à demain ». S’appuyant sur un papyrus prétendument retrouvé dans une villa d’Herculanum et attribué à Cyril d’Alexandrie, les 80 fragments de l’œuvre présentée sont un véritable jeu de piste, humoristique, symbolique, mais ô combien interrogatif. Interrogation personnelle sur le monde tel qu’aujourd’hui. Réalité, extrapolation ? Chacun y trouve son Amérique, sa part de rêve, sa fabuleuse identité. Mais le propre d’une œuvre n’est-elle pas, justement, de faire pénétrer le spectateur dansl’illusoire ?   

                                                                  

   

Mobilier singulier, morceaux d’étoffe, objets rituels, hymnes à Amon, documents « d’époque », mosaïque, étoles liturgiques, parchemins parcheminés, maquette, plus vraie que nature, de l’enceinte d’Amon montrée lors d’une exposition qui s’est tenue en 1913, il y a même une carte du Trésor, comme dans tout jeu mystificateur. Mystification « inventée de toute pièce par un faussaire dont l’identité même est impossible à cerner » - nous dit l’auteur – « Le cycle du Mystéïon recoupe un ensemble d’œuvres réalisées entre 2002 et 2005 autour d’un concept évolutif : constituer une collection d’objets et de peintures permettant au visiteur de mieux appréhender la réalité d’un site archéologique exploré au XIX ème siècle et disparu depuis. »

        

 Passionné d’architecture, investigateur de l’âme humaine, artiste aux multiples talents, Sébastien Champion est né à Reims en 1972, professeur d’arts plastiques à Bar-le-Duc, il aime à épater, à provoquer, à interroger. Et le public se prend au jeu, dans la plus parfaite jubilation. Avec délectation, il s’introduit dans ce monde fascinant, si méticuleusement reproduit. Le livre d’or ouvert à l’entrée de l’exposition est le reflet de cet engouement « j’ai apprécié la diversité des supports, l’imagination débordante qui s’appuie sur des faits historiques. Tu nous fais entrer dans un univers mystérieux. C’est délicieux. » écrit notamment une admiratrice. Cette surprenante exposition s'est tenue à l’Espace Saint-Louis, rue François de Guise à Bar-le-Duc. De nombreux visiteurs ont eu la chance de s'y arrêter un instant.

 

 

Actualité du 12-10-2006                                      

encore un anniversaire

 

Il venait d’une autre planète
               

Avec ses 80 millions d’exemplaires vendus de par le monde et ses 150 traductions, le Petit Prince fête cette année ses 60 ans de carrière. Conte pour enfants, parabole pour adultes ?  Ou tout simplement poésie d’un écrivain qui poursuit une enfance merveilleuse.

Il est vrai que jusqu’à la parution de cet ouvrage l’œuvre d’Antoine de Saint Exupéry, aviateur, reporter, homme de lettres, était plutôt ancrée dans le roman documentaire d’actions et d’héroïsme. Le symbolisme un peu naïf de l’ouvrage agace un certain nombre de critiques littéraires. Alors que pour d’autres, au contraire, c’est une leçon d’humanité à travers la fugue de cet enfant blond, solitaire, tombé d’une étoile, que Saint Ex a porté longtemps en lui. Il est le fruit d’une longue gestation, sans doute alimentée par la propre enfance rêveuse de l’auteur qui, même s’il fût orphelin de père très jeune – il a quatre ans lorsque son père décède - n’en a pas moins été entouré, choyé, bercé par une éducation assez libre, artistique et bucolique que Marie de Fonscolombe, épouse du vicomte Jean de Saint Exupéry, a donnée à ses cinq enfants. A l’époque, Antoine rêvait déjà de s’élever dans le ciel. Il deviendra pilote, n’aura pour seul enfant que le héros de cette histoire fabuleuse et sa disparition, en juillet 1944, restera très longtemps un mystère. L’histoire de l’homme est presque aussi légendaire que celle du petit bonhomme de l’astéroïde B 612.

 

                                                                                   
   

Double naissance

En vérité la naissance de ce « Petit Prince » se situe plutôt dans le courant de l’année 1942, alors que le pilote de l’aéropostale est en exil à New-York. Fidèle à sa manie de griffonner sur n’importe quoi, Saint Ex dessine sur la nappe du restaurant où il déjeune avec son éditeur américain. Ce dernier intéressé par le personnage blondinet, affublé d’une longue écharpe flottant au vent, demande à l’écrivain un livre pour enfant à sortir pour les fêtes du Noël suivant. La commande est passée et le conte pour enfant, écrit et illustré par l’auteur, paraît en avril 1943. L’éditeur imprime une version anglaise et une version française. Il faudra plusieurs années à l’histoire pour franchir l’Atlantique et la parution en France, se fera chez Gallimard à titre posthume, en avril 1946, puisque le pilote de guerre a disparu au cours d’une mission de reconnaissance en Méditerranée.

 

Cependant, il est probable que l’enfant au cœur tendre qu’une rose capricieuse fait saigner, que le héros de ce livre, renferme une grande part des souvenirs d’enfance ou de voyages de Saint Exupéry, une part non négligeable d’instants d’intense solitude, comme lors de cet  accident qui le retient en 1927 une nuit entière en plein désert entre Dakar et Casablanca ; et probablement une foule de personnages rencontrés au long de sa vie aventureuse. Personnages qu’il caricature, les entoure de mystère et de symboles : l’allumeur de réverbères, le géographe qui n’est pas explorateur, le vaniteux ou le buveur lugubre. N’a-t-il pas, un jour, adopté lui-même un fennec ? N’est-il pas resté cet enfant questionneur, lui qui écrivait « Je ne suis pas bien sûr d’avoir vécu depuis l’enfance » ? Souvenirs, souvenirs…..

 

GML (Article paru dans le JHM  du dimanche 16 avril 2006

 

 

 

Actualité du 10-09-2006                                      

et si, pour cette rentrée littéraire on parlait des frères Goncourt ?

Les Goncourt en Haute-Marne

 Désir de passer à la postérité ? Entêtement de deux écrivains soucieux de laisser une trace ? Le prix Goncourt, tant chéri, tant honni,  immortalise cette obsession.

  
    Dès 1863 Jules et Edmond Huot de Goncourt songent à l’image qu’ils transmettront aux générations futures. En cette fin de siècle, l’immortalité semble d’ailleurs obnubiler la plupart des artistes d’une société en décomposition. On retrouve ce même souci de ci de là dans le journal tenu d’abord de concert par les deux frères, puis par Edmond seul, après le décès de Jules. Il note à la date du 7 juillet 1883 « C’est chez moi, une occupation perpétuelle à me continuer après ma mort, à me survivre, à laisser des images de ma personne, de ma maison ». D’où ce projet d’une société littéraire qu’Edmond peaufinera au fil des testaments remaniés à diverses époques. Le premier est rédigé en 1874 et le dernier en 1892. C’est celui-ci que, quarante-huit heures après le décès d’Edmond survenu le 17 juillet 1896, Maître Duplan, notaire, lira à Alphonse Daudet et Léon Hennebique, légataires universels et exécuteurs testamentaires.    
                                                                                                                          
                                                                                                                                                                                                    

 Du salon à l’Académie

C’est grâce à la vente d’un bien familial, la ferme des Basses-Gouttes située sur le territoire de Breuvannes-en-Bassigny, que les « Bichons » - surnom des frères Goncourt – achèteront la fameuse maison d’Auteuil qui deviendra une véritable maison musée, dans laquelle s’exposeront les diverses collections d’objets d’art chinés par Edmond, nostalgique du XVIIIè siècle et grand amateur d’antiquités.  Et c’est dans cette maison qu’ils ouvriront à leurs amis, le non moins fameux « Grenier » où se tiendront les parlottes littéraires, à l’identique des soirées de Médan d’Emile Zola.

Après moult péripéties, notamment une procédure diligentée par la famille Huot de Goncourt afin de faire déclarer caduc le testament qui les lèse, les dernières volontés d’Edmond de Goncourt seront entérinées. La collection Goncourt sera dispersée aux enchères à l’Hôtel Drouot du 15 au 19 juin 1897 et rapportera la somme considérable de 1.350.000 francs. Ce pactole, dévolu à la future Académie dans laquelle siège dix membres, permet alors d’offrir un prix de 5.000 francs au lauréat et de verser une rente viagère de 6.000 francs à chacun des académiciens. 

                        

 Collaboration bénévole en faveur de la littérature

Reconnue d’utilité publique par décret signé d’Emile Combes, président du Conseil, le 10 janvier 1903, l’Académie tient son premier dîner mensuel le 26 février 1903, dans un des salons pour noces du Grand Hôtel. Le premier couvert est remis à Léon Daudet. Quant à la première réunion de travail, elle se déroule le lundi 21 décembre 1903, au restaurant Champaux, place de la Bourse. Les commandements émis dans le testament d’Edmond sont respectés « Ce prix sera donné au meilleur roman, au meilleur recueil de nouvelles, au meilleur volume d’impressions, au meilleur volume d’imagination en prose, et exclusivement en prose, publié dans l’année »

 C’est John-Antoine Nau, alias Eugène Torquet, qui obtient, au second tour et par six voix pour et trois voix contre, le premier prix Goncourt pour son ouvrage « Force ennemie », un récit maritime paru aux éditions de la Plume. De nos jours la rente viagère a disparu et l’on demande aux Académiciens une collaboration bénévole en faveur de la littérature. Quand au montant perçu par le lauréat du Prix Goncourt, il s’élève à 10 euros. Ce sont évidemment les droits d'auteur sur les ventes, générés par l'attribution de ce prix, qui "enrichissent" l'écrivain goncourisé...  

Les frères Goncourt et la Haute-Marne

Jean-Antoine Huot, grand-père paternel d’Edmond et Jules, né en 1753, était bailli du canton de Clefmont, avocat au Parlement, député de la Constituante, magistrat à Bourbonne, puis à Neufchâteau. En 1786, il acquiert une terre située sur le territoire de Goncourt. C’est cette propriété qui lui permet d’obtenir le titre de seigneur de Goncourt, titre que les deux frères défendront avec vigueur quand ils l’estimeront menacé. Edmond, né à Nancy le 22 mai 1822, mort à Champrosey le 17 juillet 1896 ; Jules, né à Paris le 17 décembre 1830, mort à Auteuil le 20 juin 1870, eurent cette particularité d’écrire à quatre mains. Le Journal, commencé le 2 décembre 1851, publié dans son intégralité en 1956 seulement, reste une description inestimable de la société de l’époque. 

 Or si les fréquents séjours qu’ils font enfants à Breuvannes chez leurs grands-parents maternels leur inspirent plus tard quelques lignes nostalgiques,  si le produit de la vente de la ferme des Basses-Gouttes leur donne la possibilité d’acheter la maison d’Auteuil, si leurs brefs passages haut-marnais sont rapportés dans le journal (Sommermont, Chaumont, Bourmont….) parfois de manière assez caustique, si la Haute-Marne apparaît en filigrane dans certains ouvrages (notamment l’Abbaye de Morimont, dans le roman « Renée Mauperrin ») il est à noter que les deux écrivains – plus urbains que ruraux - ne mettront jamais les pieds à Goncourt.

 Un petit ouvrage a été édité à l’initiative de l’association "Histoire, Goncourt et patrimoine". Paru en 1997 aux éditions Albin-Michel et préfacé par François Nourissier, avec des textes de Michel Caffier, des photographies  de Serge Gouvenel, « Bonnes plumes au pays de Goncourt » part sur les traces des littérateurs du Bassigny. 

 G.M.-L.    

 

 

Actualité du 25-07-2006                               &nb